Pourquoi certains éléphants ont des défenses et d'autres pas ?

Les éléphants sont tués quotidiennement pour leurs défenses en ivoire. Cette exploitation a une histoire héritée de plusieurs siècles qui se poursuit encore aujourd'hui.
Pourquoi certains éléphants ont des défenses et d'autres pas ?

Dernière mise à jour : 28 mai, 2021

Les éléphants sont les plus gros mammifères terrestres de la planète. Ces pachydermes peuvent vivre jusqu’à 70 ans et certaines espèces pèsent 6000 kilos. Cependant, certains éléphants ont des défenses et d’autres pas : ces éléments ont derrière eux une longue histoire de braconnage.

La cupidité humaine et le braconnage sont les raisons données par certains experts pour expliquer pourquoi certains éléphants ont des défenses et d’autres pas – en particulier les femelles. En effet, leurs défenses en ivoire attirent les chasseurs illégaux, ce qui a eu de nombreuses conséquences pour l’espèce.

Pourquoi certains éléphants ont-ils des défenses et d’autres pas ?

Dans le parc national de Gorongosa, au Mozambique, un pays situé en Afrique australe, il y a plusieurs vieux éléphants qui portent les marques de la guerre civile que ce pays a traversée pendant 15 ans, entre 1977 et 1992. C’est pourquoi beaucoup d’entre eux n’ont pas de défenses.

Selon AnimaNaturali, ce conflit a tué environ 90 % des éléphants, abattus pour l’ivoire de leurs défenses et pour leur viande. Cette question a été la principale source de financement du conflit. Après la guerre, moins de 100 éléphants ont été laissés en vie dans la région.

Des organisations comme Elephant Voices ont étudié les quelques survivants de cette guerre, dont la majorité étaient des femelles sans défenses. Grâce à une mutation du gène à l’origine de ces structures en ivoire, ces femelles ont pu survivre, affirment les experts du WWF.

La mutation est héréditaire : les petits naissent prédisposés à ne pas développer de défenses. Ce n’est pas une adaptation qui répond à la menace humaine en soi, mais elle est avantageuse pour les éléphants, car ceux qui n’ont pas de défenses ne sont alors pas des victimes de la chasse illégale.  

Pourquoi certains éléphants ont des défenses et d'autres pas ?

La même histoire, mais ailleurs

Le Mozambique n’est pas le seul endroit où l’absence de défenses est une caractéristique des éléphants. Il y a aussi d’autres pays avec une grande histoire de chasse derrière eux. En Afrique du Sud, par exemple, 98 % des 174 femelles du parc national Addo elephant n’ont pas développé de défenses à partir des années 2000.

Un autre endroit où nous pouvons voir cela est dans le parc national de Ruaha dans le sud de la Tanzanie, une zone pillée par les braconniers dans les années 1970 et 1980. Là, 21 % des femelles de plus de 5 ans n’ont pas de défenses.

Comme à Gorgosa, à Ruaha, les pourcentages sont plus élevés chez les femelles plus âgées. Environ 35 % des femelles de plus de 25 ans n’ont pas de défenses et, parmi les éléphants âgés de 5 à 25 ans, 13 % des femelles n’en ont pas.

L’absence de défenses concerne de manière disproportionnée les femelles ; les mâles sans défense sont extrêmement rares chez les éléphants d’Afrique. L’expert en comportement des éléphants Joyce Poole dit qu’elle n’a vu que 3-4 mâles sans défense dans sa vie entière.

Quoi qu’il en soit, les humains sont en train de laisser leur marque sur les plus grands mammifères terrestres de la planète. Comme si cela ne suffisait pas, les régions d’Asie qui ont connu des chasses à l’ivoire – comme l’Afrique – ont des niveaux très élevés d’éléphants sans défense.

Certains éléphants ont des défenses, mais plus petites

Dans le sud du Kenya et ailleurs, la chasse illégale a réduit la taille des défenses chez les éléphants. Les défenses prélevées entre 2005 et 2013 se sont révélées plus petites que celles des éléphants abattus entre 1966 et 1968. Leur taille a été réduite d’environ un cinquième chez les mâles et de plus d’un tiers chez les femelles.

Et pourquoi les éléphants ont-ils des défenses ?

Les éléphants ont généralement des défenses parce qu’elles leur permettent de faire la plupart de leurs tâches quotidiennes, telles que creuser pour la recherche d’eau ou de minéraux, écorcer les arbres pour trouver des aliments fibreux, se battre pour les femelles, se défendre, soulever et déplacer des objets et protéger leur trompe…

Les défenses d’éléphants sont des dents qui s’étendent au-delà de leur bouche. Elles sont connectés au crâne et ont des terminaisons nerveuses, tout comme les dents humaines. Si la défense est cassée, prélevée ou endommagée, elle ne repousse pas.

Malgré la perte de leurs défenses, les éléphants concernés ont pu survivre et semblent être en bonne santé. Cependant, on pense que ce handicap peut influencer le comportement des éléphants et de leurs communautés.

De plus, le travail qu’ils font avec leurs défenses est vital pour d’autres espèces. Cette absence a donc également des implications pour l’écosystème qui les entoure.

Les arbres que les éléphants abattent ou les trous qu’ils creusent pour l’eau sont très importants pour les espèces qui dépendent de ces actions. Comme vous pouvez le voir, leurs défenses aident également à créer des habitats. Par exemple, certains lézards préfèrent s’installer dans les arbres abattus par les éléphants.

Le commerce de l’ivoire

Le commerce de l’ivoire est un commerce principalement illégal. Les braconniers prélèvent les défenses en ivoire de certaines espèces comme l’hippopotame commun (Hippopotamus amphibius), le morse (Odobenus rosmarus), le narval (Monodon monoceros), le mammouth éteint ( Mammuthus spp.), l’éléphant d’Afrique (Loxodonta spp.) et l’éléphant d’Asie (Elephas maximus).

L’ivoire est commercialisé depuis de nombreuses années dans des régions telles que le Groenland, l’Alaska et la Sibérie. Ce commerce a conduit à mettre en danger les espèces qui possèdent de l’ivoire, comme le montrent les études de l’ Université autonome de Barcelone.

Dans ce cas, l’ivoire d’éléphant a été exporté d’Afrique et d’Asie pendant des siècles ; il existe des archives du XIV ème siècle avant J.-C.. Lors de la colonisation de l’Afrique, ce matériau était exporté pour fabriquer des touches de piano, des boules de billard, des bijoux et autres objets exotiques, mais d’origine tortueuse et sanglante.

En 1979, il y avait environ 1,3 million d’éléphants en Afrique ; en 1989 il n’y en avait que 600 000. Tout cela était le résultat du commerce international de l’ivoire. Au cours de cette décennie, environ 75 000 éléphants ont été tués par an, pour une valeur d’environ 1 milliard de dollars.

Un problème actuel

Certains éléphants ont des défenses et tous ceux qui en ont, femelles et mâles, sont ciblés pour la chasse illégale. Cela nuit à leurs populations, car les femelles sont pratiquement privées de mâles pour se reproduire : les défenses les plus convoitées sont celles des mâles plus âgés, car elles sont plus lourdes.

De plus, la société des éléphants dépend des femelles et les chasseurs en tuent des troupeaux entiers, laissant ainsi des jeunes orphelins qui finissent par mourir sans se reproduire réellement. Une autre conséquence qui menace l’espèce.

La chasse pour le commerce de l’ivoire reste la plus grande menace pour les éléphants qui ont des défenses. La perte d’habitat est une autre des menaces qui pèsent sur ces animaux.

Selon le WWF, environ 100 éléphants d’Afrique meurent chaque jour pour leurs défenses en ivoire, leur viande et d’autres parties de leur corps. Aujourd’hui, il y a 110 000 éléphants de moins en Afrique qu’au cours de la dernière décennie, alors qu’il y en avait environ 415 000.

Un éléphant mort dans la boue.

Pour cette raison, en Afrique, il existe des zones protégées pour conserver les éléphants. Dans plusieurs endroits – comme le Mozambique – des actions sont menées pour réduire les conflits qui existent entre les humains et ces pachydermes, pour mettre fin au braconnage et aux autres dommages causés à cette espèce.

Cela pourrait vous intéresser ...
Les soins nécessaires pour le bien-être des éléphants
My AnimalsLisez-le dans My Animals
Les soins nécessaires pour le bien-être des éléphants

Un programme d'élevage en captivité de grands mammifères comporte de nombreux éléments, chacun contribuant au bien-être des animaux concernés.