Les derniers chiens de Tchernobyl

02 août, 2018
Malgré les erreurs humaines qui ont conduit à la catastrophe de la centrale ukrainienne –qui faisait alors partie de l'URSS– 300 chiens vivent encore dans cette zone, la plupart d'entre eux étant des chiens errants. Ces derniers ne peuvent compter que sur l'aide de guides touristiques de la région

La catastrophe de Tchernobyl reste, des années plus tard, dans l’imaginaire collectif de l’humanité. Cependant, nous ne pouvons pas oublier les quelques survivants les plus inspirants : les chiens de Tchernobyl.

En 1986, s’est produite l’une des plus graves catastrophes environnementales et humaines de l’humanité. Il s’agit de l’accident nucléaire le plus désastreux jamais connu par l’homme. Le 26 avril de cette année-là, la centrale ukrainienne (qui faisait partie de l’URSS) a connu une surchauffe qui a libéré une quantité de radiation 500 fois supérieure à celle de Hiroshima.

Les fuites radioactives de Tchernobyl ont tué 31 personnes sur le coup et ont provoqué l’évacuation soudaine de plus de 100 000 personnes. De plus, le pays a établi un plan de confinement qui a isolé une zone de 30 kilomètres autours de la central nucléaire. Malgré cela, des millions de personnes ont vécu dans des zones plus ou moins contaminées.

Tchernobyl, un refuge pour la faune?

Aujourd’hui, un énorme sarcophage de 30 000 tonnes recouvre les décombres de la centrale. Cependant, il existe encore une zone d’exclusion appelée zone d’aliénation dans laquelle ne vivent que quelques personnes de manière illégale. Toutefois, la biodiversité semble revenir.

Après la catastrophe, les pins situés aux alentours de la central sont devenus rouges dorés après leur mort. On a alors surnommé la zone la forêt rouge. En ce qui concerne la faune, de nombreux animaux sont morts ou ont perdu en grande partie leur capacité de reproduction. Néanmoins, ce bois est devenu, bien des années plus tard, un refuge pour la faune.

Avec la disparition de l’activité humaine, les animaux sauvages sont de retour et on envisage même de qualifier le site de réserve naturelle. Ce qui est sûr c’est que, malgré la catastrophe, la biodiversité est en augmentation sur le long terme dans la région. Même si ce retour parait incroyable, des ours, des lynx, des loups et des rapaces ont repris possession de leur territoire après avoir été chassés par l’homme.

chien sur un sol neigeux à Tchernobyl

La situation semble idyllique. Toutefois, la plupart de ces animaux ont une espérance de vie très basse et ils souffrent de malformations qui rendent la reproduction difficile. Certaines altérations provoquées par les radiations sont surprenantes. Par exemple, les araignées ne tissent plus leur toile de la même manière.

Les conditions de vie difficiles des chiens de Tchernobyl

Cependant, de plus en plus d’animaux vivent dans les vieilles rues dévastées par la catastrophe nucléaire, surtout des chiens. Les descendants des chiens qui n’ont pas été autorisés à quitter la zone contaminée sont parvenus à survivre et à régner sur les cendres.

Ces chiens n’ont pas eu la vie facile : leurs parents ont été séparés de leurs maitres qu’ils ont vu partir pour toujours dans des bus. De plus, ils ont dû vivre au beau milieu d’une faune sauvage sans l’aide des humains. Par exemple, Tarzan est un chiot dont la mère a été dévorée par les loups. Ce sont maintenant les guides de Tchernobyl qui le prennent en charge.

Les conditions de vie sont difficiles à cause des taux de radiation élevés qui réduisent la fertilité et l’espérance de vie de ces animaux. Sans parler de l’absence de refuge pour survivre durant les hivers rigoureux qui sévissent dans cette région de l’est de l’Europe. La plupart des chiens de Tchernobyl meurent avant l’âge de six ans à causes des résidus radioactifs présents dans leur organisme.

De fait, beaucoup d’animaux ont été sacrifiés après la catastrophe. Néanmoins, certains parviennent à survivre. On compte aujourd’hui plus de 300 chiens errants sur une superficie de 2 600 kilomètres carrés. A Tchernobyl, il y a pratiquement plus de chiens que d’habitants. La plupart de ces animaux n’ont donc pas de propriétaire.

Les guides, l’espoir des chiens de Tchernobyl

Heureusement, les chiens peuvent compter sur le soutien des guides et du peu d’infrastructures touristiques de la région. Ils restent donc à proximité des cafés qui profitent de l’attraction touristique pour cet évènement historique d’Europe.

chien couché par terre à Tchernobyl

Les guides touristiques ont aussi mis en place de petits refuges pour animaux. Ceux-ci sont comme des oasis où les chiens reçoivent des restes de nourriture et un toit pour passer les nuits froides d’Ukraine. Malgré ces mesures, beaucoup de gens déplorent le manque de collaboration humanitaire pour aider ces animaux.

Les touristes aiment les chiens même si certains se méfient d’eux à cause des risques de pollution qu’ils peuvent entrainer. Il ne semble pas risqué de vivre avec eux. Cependant, certains guident les fuient pour éviter tout problème. Toutefois, la majorité d’entre eux ne résistent pas au charme de ces animaux qui ne recherchent que la compagnie qu’il ont perdu à cause des erreurs humaines du passé.

Un avenir pour les chiens de Tchernobyl

Certaines ONG, comme Clean Futures Fund, aident ces animaux en installant des cliniques vétérinaires. Les chiens peuvent alors être vaccinés contre certaines maladies comme la rage ou la parvovirose. Une des organisations s’est même installée sur le site de l’ancienne centrale. Elle accueille ainsi les animaux des quelques résidents locaux et fournit des soins aux chiens errants.

Les organisations réalisent aussi des castrations pour contrôler la natalité de ces animaux. Comme les chiens de la zone ne peuvent pas êtres sauvés à cause des risques pour la santé humaine, si d’autres chiens naissent, ils seront condamnés à vivre dans ces conditions. Par conséquent, l’objectif final consiste à ce qu’il n’y ait plus de chiens errants à Tchernobyl.

Ce genre de tragédie semble malheureusement affecter aussi les animaux. Toutefois, certaines personnes veillent à ce que les chiens de Tchernobyl soient nourris et heureux.