L'océan contient 200000 nouveaux types de virus différents, selon la science

Les virus sont le premier maillon de la chaîne alimentaire marine. Tous les organismes en dépendent, du plancton aux grandes baleines.
L'océan contient 200000 nouveaux types de virus différents, selon la science

Dernière mise à jour : 23 avril, 2021

Une expédition scientifique a parcouru le monde en voilier pour prélever des échantillons d’eau en vue d’analyser la biodiversité des microbes existants. Les scientifiques ont ainsi découvert environ 200 000 nouveaux types de virus, ce qui pourrait aider à comprendre les processus qui se déroulent dans ces types d’écosystèmes.

Dans ces eaux, qui couvrent plus de 70 % de la surface de la planète, des processus biogéochimiques fondamentaux se produisent pour la régulation des écosystèmes et pour l’existence de la vie en dehors de la mer. L’expédition tente d’analyser le génome de ces microorganismes, afin de trouver la fonctionnalité de ces êtres et leur rôle dans les écosystèmes aquatiques.

La collecte d’échantillons lors de l’expédition

L’objectif de cette grande expédition était de connaître un peu mieux la biodiversité des virus dans les océans et leur répartition. Dans le passé, l’un des plus gros obstacles à l’heure d’échantillonner ces types d’organismes est qu’il était impossible de les cultiver dans des conditions de laboratoire et ainsi d’extraire leur ADN.

Aujourd’hui, grâce aux progrès de la bioinformatique et au séquençage massif des génomes d’organismes, il est possible de connaître le matériel génétique des êtres sans disposer de l’organisme lui-même. Cela est possible grâce à la métagénomique.

Les chercheurs ont alors prélevé des échantillons d’eau pouvant contenir ou non du matériel génétique provenant d’une multitude d’organismes, de l’ADN ou de l’ARN. Grâce à un processus assez complexe, ce matériel génétique peut être répliqué et comparé aux génomes de référence qui existent aujourd’hui.

Une fois que tout le matériel a été séquencé, les séquences susceptibles d’appartenir à des virus ont été conservées pour l’identification. Les chercheurs ont conclu qu’il y avait au moins 195 728 nouvelles populations virales dans les eaux marines.

Une double hélice d'ADN blanc.

Où trouve-t-on les nouveaux types de virus ?

Malgré leur petite taille ,les virus jouent un rôle fondamental dans les écosystèmes marins et les réseaux trophiques. Auparavant, pour mesurer la biodiversité microbienne, seules 3 zones étaient étudiées : la série chronologique de l’océan hawaïen, la série chronologique des Bermudes et la série chronologique de la baie de San Pedro.

Dans ces points océaniques, des événements naturels très importants se produisent pour la conservation de toutes les espèces. Après le prélèvement des échantillons de toutes les mers et océans, cinq zones où la biodiversité virale est extraordinaire ont été délimitées.

Deux de ces zones se trouvent dans l’Arctique, deux autres dans le sud et la dernière dans l’Antarctique. Plus précisément, 40 % des nouveaux types de virus se trouvent dans l’Arctique.

Cette observation est surprenante, car la répartition de la biodiversité planétaire montre que, plus on est proche de l’Équateur, plus on peut s’attendre à une concentration d’êtres vivants. Avec les virus océaniques, c’est le contraire, car c’est dans les pôles que se trouve la plus grande biodiversité.

Le rôle des virus dans les océans

Comme déjà mentionné, les virus ont une fonction très importante au sein de l’écosystème et, finalement, au sein de la planète. Ces micro-organismes sont à la base de toutes les chaînes alimentaires marines. Cependant, ils n’obtiennent pas l’attention qu’ils méritent.

Ces dernières années, de nombreuses campagnes ont été menées pour la conservation de la biodiversité des océans. L’objectif principal de ces projets est de faire en sorte que la mer reste le biotope le plus productif au monde et dont dépendent tous les organismes vivants de la planète.

Le problème est que, dans tous les cas, ces projets visent à préserver les animaux bien plus hauts dans la chaîne alimentaire. Le principal objectif est généralement de réglementer la pêche, afin que les espèces commerciales ne finissent pas par être inexploitées.

Cependant, les virus sont toujours là. Ces derniers sont sans aucun doute affectées par la pollution et l’augmentation de la température mondiale, et on ignore quels sont les effets que cela peut avoir sur l’ensemble de la chaîne.

Ce constat est d’autant plus alarmant quand on sait que la plus grande biodiversité de virus se trouve dans l’Arctique… À savoir la région de la planète la plus endommagée par le changement climatique.

Un exemple d'un type de récif corallien.

Certaines organisations comme Tara Oceans demandent que les futures décisions concernant la gestion des océans soient prises en tenant compte des virus. Cette gestion est cruciale pour que les humains et le système terrestre tel que nous le connaissons continuent d’exister.

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