Les diarrhées néonatales chez les petits ruminants

Découvrez ici quelles sont les causes à l'origine des diarrhées néonatales chez les agneaux et les chevreaux.
Les diarrhées néonatales chez les petits ruminants

Dernière mise à jour : 29 janvier, 2021

Les diarrhées néonatales constituent l’un des syndromes les plus fréquents au cours des premières semaines de vie des agneaux et des chevreaux. Elles sont à l’origine de graves pertes en raison du taux de mortalité élevé et du retard de croissance qu’elles provoquent.

Parmi les nombreux agents responsables, il convient de mettre l’accent sur le parasite Cryptosporidium parvum. La cryptosporidiose est une maladie cosmopolite qui affecte la plupart des animaux vertébrés et les humains. Plusieurs études montrent même que son importance est croissante et constante.

La cryptosporidiose comme principale cause des diarrhées néonatales chez les petits ruminants

Nous décrirons ci-après les caractéristiques les plus pertinentes de cette pathologie. Découvrez comment elle affecte les moutons et les chèvres.

Des chevreaux dans une grange.

L’épidémiologie de Cryptosporidium parvum 

Nous sommes face à un protozoaire. Il s’agit d’un parasite microscopique qui envahit la muqueuse intestinale provoquant une gastro-entérite aiguë. Les nouveau-nés qui restent avec leur mère – et les autres nouveau-nés présents dans le même enclos jusqu’au moment du sevrage – l’ingèrent involontairement.

Ainsi, si un spécimen est parasité, la transmission aux autres membres de la bergerie est presque assurée. Certains facteurs favorisent l’apparition de l’infection.

  • Le cryptosporidium génère un très grand nombre d’oocystes que les animaux excrètent avec leurs selles.
  • La dose infectante – c’est-à-dire le nombre de parasites qui doivent être ingérés pour souffrir de la maladie – est faible.
  • Les oocystes peuvent rester infectieux pendant plusieurs mois dans le sol des fermes d’élevage.
  • Le nombre élevé d’agneaux / chèvres dans les exploitations de production intensive favorise la transmission.
  • La surpopulation et le manque d’hygiène des animaux sont très nocifs. Lorsque les conditions d’hygiène sanitaires de la ferme sont mauvaises, des épidémies diarrhéiques avec une mortalité élevée apparaissent.
  • La présence d’animaux adultes parasités mais asymptomatiques est un danger. Ces derniers sont des porteurs impossibles à détecter.

Les symptômes des diarrhées néonatales causées par C. parvum

Les agneaux et les chevreaux sont infectés pendant les premiers jours de la vie. Ils sont par ailleurs particulièrement réceptifs entre la première et la troisième semaine après la naissance. Le statut immunitaire semble être un facteur déterminant de la gravité et de la durée de la diarrhée.

Il en est ainsi car le système immunitaire de ces animaux n’est pas encore développé et n’a pas assimilé les défenses fournies par le colostrum maternel. L’éleveur détecte les éléments suivants chez ses animaux infectés :

  • Élimination soudaine de selles pâteuses jaunâtres, accompagnées de douleurs abdominales.
  • Apathie.
  • Déshydratation
  • Anorexie, responsable du retard de croissance et de la perte de poids chez les animaux infectés.

Ces symptômes disparaissent généralement au bout de 3-5 jours. Néanmoins, dans les cas les plus graves, ce tableau clinique peut durer jusqu’à 2 semaines, ce qui réduit considérablement la productivité de l’élevage et le bien-être de l’animal.

Diagnostic et traitement

Une diarrhée chez les veaux nouveau-nés peut résulter de multiples agents infectieux. Par conséquent, il sera nécessaire de réaliser un diagnostic différentiel, par exemple avec Escherichia coli ou Salmonella.

Le diagnostic in vivo s’effectue en détectant les oocystes dans les selles avec analyse coprologique. Les caractéristiques des oocystes nécessitent néanmoins l’utilisation de techniques plus sophistiquées qu’une analyse de routine. Les tests sérologiques s’avèrent quant à eux inutiles pour contrôler la propagation de la maladie.

Concernant le traitement, de nombreux médicaments ont été évalués pour faire face à cette maladie. La plupart d’entre eux ne sont que partiellement efficaces : ils réduisent le nombre de parasites dans les selles ou la durée de la diarrhée. Ils sont complétés par des médicaments qui traitent la déshydratation et la perte de poids.

Contrôle et prévention

En l’absence de médicaments spécifiques contre le cryptosporidium, il est préférable de recourir à des techniques de contrôle et de prévention. La première d’entre elles est la vaccination.

Peu de progrès ont toutefois été réalisés à ce jour chez les petits ruminants. De sorte qu’il convient de recourir à des mesures prophylactiques en lien avec l’hygiène et à la biosécurité :

  • Il convient de séparer les animaux infectés des animaux en bonne santé, en leur fournissant un logement propre et en renouvelant la paille pour éviter l’accumulation de matières fécales.
  • Le surpeuplement doit par ailleurs être évité en réduisant la densité des nouveau-nés dans les zones de mise bas et en séparant les animaux en lots.
  • Il convient également de nettoyer et de désinfecter les enclos de mise bas et les enclos à l’aide de désinfectants. Les femelles qui vont accoucher devraient le faire dans des zones qui n’ont pas été occupées par des nouveau-nés infectés.
  • Le colostrum doit être fourni en quantité et qualité suffisantes aux agneaux / chevreaux pendant les 6 premières heures de vie.
Un chevreau en train de se faire vacciner.

L’importance des diarrhées néonatales chez les petits ruminants

Cryptosporidium parvum est le principal agent causal du syndrome de diarrhée néonatale chez les ovins et les caprins. Malgré sa haute incidence, il n’existe toujours pas de traitement spécifique ni de vaccin efficace.

Pour cette raison, la mise en place de mesures d’hygiène et de biosécurité est nécessaire dans une ferme d’élevage. Enfin, le caractère zoonotique de cette maladie et l’éventuelle transmission à des personnes en contact avec des animaux infectés doivent être pris en compte.

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