Crapaud calamite : habitat et caractéristiques

Les crapauds calamites sont des experts pour s'adapter à divers habitats. Bien qu'ils préfèrent les climats tempérés, ils peuvent tolérer des températures allant jusqu'à 43 °C. En effet, la plage de températures qu'ils supportent est comprise entre 6 et 43 °C.
Crapaud calamite : habitat et caractéristiques

Dernière mise à jour : 11 septembre, 2021

Le crapaud calamite est une espèce très proche du crapaud commun, mais il s’en distingue par la ligne jaune sur son dos. Cet amphibien se caractérise par sa curieuse façon de se déplacer, car au lieu des sauts typiques des amphibiens, on dirait qu’il court.

Plus précisément, l’espèce qui nous intéresse est Epidalea calamita, un anoure appartenant à la famille des Bufonidae dont la taxonomie n’est pas encore claire. Ce spécimen présente la plupart des caractéristiques typiques des « crapauds », c’est pourquoi il est souvent confondu avec d’autres espèces. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus sur ce curieux amphibien.

Habitat et répartition

Le crapaud calamite est très bien réparti dans toute l’Europe, de la péninsule ibérique à l’ouest de l’Ukraine. On le trouve notamment au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède, en France, en Autriche et en Slovaquie. De plus, il n’est pas seulement limité aux zones situées au niveau de la mer, il est capable de vivre dans les montagnes telles que la Sierra da Estrella (1900 mètres d’altitude) ou la Sierra Nevada (2540 mètres).

Grâce à sa large répartition, cet amphibien peut occuper divers habitats, allant des zones côtières aux grandes montagnes. Mais son environnement « idéal » est constitué de zones sableuses proches du niveau de la mer, du fait qu’il creuse des galeries pour se protéger. Il est aussi possible de le voir près des centres urbains et des routes qui ont un certain type de plan d’eau éphémère.

Un crapaud calamite.

Les caractéristiques physiques du crapaud calamite

Cet amphibien est robuste, a des membres plutôt courts et une tête plus large que longue. Il ne mesure pas plus de 10 centimètres de long, et il est plus fréquent de voir de petits spécimens que des grands spécimens. Ses glandes parotoïdes sont assez marquées, se présentant sous la forme de petites bosses situées juste derrière la tête.

Ses yeux ont des pupilles horizontales avec un iris jaune et de petites touches noires. Sa peau arbore aussi des tons jaunes, bien que le vert prédomine. Il a des taches brun foncé sur le dos et son ventre est de couleur crème. De plus, il a plusieurs verrues et plis le long de sa peau qui lui donnent l’apparence typique des crapauds communs.

Le comportement du crapaud calamite

Ces animaux sont fortement dépendants de l’humidité, c’est pourquoi ils sont plus actifs la nuit et pendant les mois les plus pluvieux de l’année. De plus, certaines populations des zones plus chaudes ou plus froides ont un type de repos « hivernal » au cours duquel elles réduisent leur activité et économisent de l’énergie. Elles peuvent ainsi survivre dans leur environnement même lorsqu’il n’y a pas assez d’eau.

Comme nous l’avons dit plus haut, ces crapauds ne sautent pas mais courent. En effet, en raison de la forme de leur corps et de la longueur de leurs pattes, ils sont incapables de sauter. Toutefois, ils atteignent des vitesses assez élevées pendant la marche.

Leurs pattes postérieures semblent plus adaptées à la marche et moins au saut en hauteur, le moyen de déplacement typique de ce type d’amphibien.

Comportement alimentaire

Les crapauds adultes de cette espèce sont strictement carnivores, ils consomment donc principalement des insectes. Parmi leurs proies les plus courantes, figurent les coléoptères, les fourmis, les chenilles, les mouches, les cochenilles et les petites araignées. D’autre part, les têtards ont un régime alimentaire différent, car ils se nourrissent d’algues et de débris végétaux, et même d’animaux morts.

Comportement reproducteur

Le processus d’accouplement de ces amphibiens commence peu après les premières pluies de l’année. En effet, l’espèce, comme tout autre crapaud, est étroitement associée à l’humidité et ses œufs ont besoin de plans d’eau pour éclore. Cependant, comme ces spécimens ont une large distribution, chaque population a ses propres époques définies.

Le chant du crapaud calamite

Au moment où commencent les pluies, les mâles de l’espèce se rendent dans les flaques pour former des chœurs nocturnes et attirer les femelles. Chaque groupe ou chœur est composé d’un nombre défini de crapauds, qui varie en fonction de la taille du plan d’eau. Cette situation leur permet de ne pas sursaturer la zone et d’avoir de meilleures opportunités de s’accoupler.

Ce comportement ne signifie pas qu’ils sont sociables, mais qu’ils essaient d’éviter les combats inutiles, démontrant en même temps leur supériorité par le chant. Ce chœur a deux objectifs : attirer la femelle et éloigner les petits mâles de la zone, le tout au moyen d’un avertissement mélodieux.

L’amplexus

Les anoures sont un groupe d’amphibiens avec un mode de reproduction particulier, car ils ont une fécondation externe. Pour féconder les œufs, le mâle se tient derrière la femelle et la serre dans ses bras, la femelle pond ensuite les œufs qui seront fécondés dans l’eau (amplexus).

Incubation et éclosion du têtard

La femelle est capable de pondre entre 1 500 et 5 620 œufs qui sont conservés dans une sorte de cordon gélatineux dans la flaque d’eau. Ces œufs mûrissent pendant 5 à 12 jours pour donner naissance à de petits têtards noirs, semblables à de petits “poissons”. Au bout de 24-54 jours, ces derniers subissent une métamorphose pour atteindre leur aspect juvénile.

Le statut de conservation du crapaud calamite

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, ces crapauds font partie des espèces les moins préoccupantes. Cela est dû à leur large distribution et à leur capacité innée à s’adapter à de nouveaux habitats. De plus, les populations actuelles semblent savoir gérer les obstacles de leur environnement, car rien ne les affecte.

En guise de conclusion, il est à noter que les amphibiens sont très sensibles aux changements de leur environnement. La pollution de l’eau, les périodes de sécheresse prolongées, l’utilisation de pesticides et certaines maladies constituent de graves menaces pour ces espèces. Nous ne devons donc pas attendre qu’une population diminue pour commencer à agir.

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