10 curiosités sur les mygales

Les mygales sont répugnantes aux yeux de certaines personnes, mais c'est parce qu'elles ne les connaissent pas assez. Apprenez-en plus ici sur ces magnifiques arachnides.
10 curiosités sur les mygales

Dernière mise à jour : 14 août, 2021

Les invertébrés à 8 pattes ne suscitent généralement pas l’admiration de la population générale, surtout si l’on tient compte de leurs crocs acérés et de leur capacité à inoculer du venin. Les arachnides suscitent la peur, et certaines personnes en ont même une réelle phobie. Si vous et vos proches les craignez, découvrez ici 10 curiosités sur les mygales qui atténueront votre peur.

Les mygales sont généralement des êtres doux et calmes qui n’attaquent que si elles subissent une agression persistante. Plongez avec nous dans le monde des Theraphosidae et perdez votre peur avec nous : nous vous assurons que ces invertébrés velus vous surprendront agréablement.

1. Il existe de nombreuses espèces de mygales

Le terme « mygale » fait généralement référence à un gros arachnide noir ou brun avec de nombreux poils. Bien que ce soit l’aspect de certaines des espèces les plus communes (Grammostola rosea, Lasiodora parahybana ou Brachypelma vagans), la réalité est qu’il existe de nombreux représentants au sein de ce groupe.

En effet, quand on parle de mygales, on fait référence à la famille des Theraphosidae, un groupe d’arachnides très similaires les uns aux autres, comprenant environ 1010 espèces réparties en plus de 124 genres. Fait intéressant, en Europe, les araignées-loups (Lycosidae) sont appelées « mygales », mais elles ne font pas partie de cette famille.

Il existe certaines espèces connues sous le nom de « fausses mygales », en raison de leur ressemblance avec les vraies.

2. Toutes les mygales ont un plan d’organisation en commun

Comme tous les arthropodes, les mygales ont un exosquelette qui sert d’isolant contre l’environnement extérieur et qui permet l’insertion musculaire. Leur corps est divisé en 2 tagmes bien différenciés : le céphalothorax (prosome) et l’abdomen (opisthosome). Dans le prosome, il y a 6 paires d’appendices : une paire de chélicères (crocs), une paire de pédipalpes et 4 paires de pattes motrices.

La taille et la coloration des mygales du monde varient considérablement d’une espèce à une autre. Par exemple, l’espèce Neoholothele incei ne mesure généralement pas plus de 7 centimètres de diamètre d’une patte à l’autre, tandis que la mygale Goliath (Theraphosa blondi) mesure facilement 30 centimètres d’une patte à une autre.

Les couleurs des mygales sont généralement termes, mais certaines espèces arborent un magnifique blanc, gris, orange et bleu métallique.

Une tarentule géante.
L’une des plus grandes espèces de mygales au monde.

3. Une répartition inégale

Les mygales sont divisées en deux groupes selon leur répartition : le groupe du nouveau monde et le groupe de l’ancien monde. Le premier terme désigne le continent américain, tandis que le deuxième regroupe les espèces endémiques d’Afrique et d’Asie.

En règle générale, les mygales de l’ancien monde sont beaucoup plus rapides et agressives. Et ce, probablement à cause des pressions environnementales auxquelles elles doivent faire face.

Certaines espèces sont réparties dans toute l’Europe, au-delà des zones arides d’Afrique et des forêts humides d’Asie et d’Amérique du Sud. Ischnocolus valentinus est la seule espèce que l’on peut trouver en Espagne et en Italie, par exemple.

4. Toxiques, mais dans quelle mesure ?

Toutes les mygales sont plus ou moins toxiques, car elles ont des chélicères pointues qui se connectent aux glandes productrices de toxines. La plupart des espèces résidant aux États-Unis et en Amérique latine ne produisent pas de poison très puissant, mais les espèces asiatiques et africaines peuvent causer plus d’une frayeur.

Heteroscodra maculata, une espèce originaire d’Afrique de l’Ouest, en est un exemple. Elle a une belle teinte blanche, mais un très mauvais caractère. Des données à ce sujet indiquent que la morsure de cette espèce peut provoquer une vision floue, des palpitations, des douleurs très évidentes et d’autres signes généraux.

Aucune espèce de mygale n’a un venin assez puissant pour tuer un humain. L’intensité de la piqûre de la plupart des espèces du Nouveau Monde est semblable à celle d’une guêpe.

5. Les mygales ont un taux métabolique faible

Les mygales sont des animaux ectothermes. Elles dépendent donc de l’environnement pour contrôler leur température interne, ce qui limite considérablement leurs mouvements et l’énergie disponible.

Pour cette raison, elles ont un taux métabolique exceptionnellement bas et quittent rarement leurs tanières. Un spécimen adulte peut passer de 6 mois à 2 ans sans manger.

Les mygales ont un taux métabolique plus élevé lorsque la température générale augmente. Elles mangent alors plus régulièrement.

6. Les mygales sont des êtres de tanière

Lié au point précédent, l’une des caractéristiques les plus frappantes des mygales est qu’elles passent la grande majorité de leur temps dans leur antre. Il peut s’agir d’un trou dans le sol chez les espèces fouisseuses ou d’un trou dans un tronc d’arbre chez les espèces arboricoles.

Ces arachnides remplissent leurs cachettes de tissu pour percevoir les vibrations de l’environnement extérieur et agir en conséquence.

Toutes les espèces de tarentules produisent de la soie, qu’elles soient arboricole ou terrestre.

7. Des prédateurs patients et calmes

Comme les autres arachnides, les mygales sont des carnivores stricts. Cela signifie qu’elles se nourrissent exclusivement d’êtres vivants, qu’il s’agisse d’insectes, de vers, d’autres arachnides, de petits vertébrés, d’amphibiens et même d’oiseaux.

Les plus grandes espèces peuvent faire face à des proies plus juteuses. Et ce, plus en raison de la taille de leurs chélicères (jusqu’à 4 centimètres) qu’en raison de leur venin.

Et étant des animaux avec un métabolisme très faible, les mygales ne chassent pas activement leurs proies. Elles les attendent patiemment dans leur antre.

Lorsqu’elles perçoivent les vibrations d’une éventuelle proie, elles se jettent dessus et l’immobilisent avec leurs crocs et leur poison. Les toxines et les jus libérés dissolvent les tissus de la victime : ces arachnides ne peuvent consommer que des aliments liquides.

8. Les mygales sont très vulnérables à une certaine période

Bien qu’elles soient prédatrices et possèdent des crocs enviables, elles traversent une période très délicate connue sous le nom de mue. Pendant cette période, elles doivent se débarrasser complètement de leur exosquelette externe pour continuer à grandir, un processus qui peut prendre des heures et laisser l’animal sans défense.

Avant de muer, les mygales cessent de manger pendant une période de temps variable, voire plus de 2 semaines. Elles empêchent ainsi leur abdomen de devenir si gros au point de rester coincé dans leur ancienne armure. Lorsqu’elles sont prêtes, elles rentrent dans leur abri, le recouvrent de terre et s’allongent pour muer.

Il faut plusieurs heures pour que le « nouvel » exosquelette commence à durcir. Pendant cette période, la tarentule est très vulnérable.

9. Amour et tambourinage

Aussi archaïques qu’elles puissent paraître au niveau de l’évolution, les mygales ont une façon vraiment fascinante de se reproduire. Lorsqu’un mâle adulte rencontre une femelle, il commence à effectuer un mouvement avec les pédipalpes connu sous le nom de tambourinage. Les vibrations avertissent la femelle qu’un prétendant est près de son repaire, alors elle sort pour l’analyser.

Ce processus est très délicat, car le mâle doit frotter ses pédipalpes modifiés (préalablement recouverts de sperme) avec une structure spécialisée de la femelle dans l’abdomen. La position adoptée par le mâle le rend totalement vulnérable, et dans de nombreux cas, il finit par être le casse-croûte de sa prétendante.

Un mâle et une femelle mygale.
Le mâle est situé à gauche de l’image. Il tente d’atteindre l’abdomen de la femelle avec ses pédipalpes.

10. Les mygales peuvent être des animaux de compagnie !

Il est de plus en plus courant de voir des personnes apprécier les mygales comme animaux de compagnie. Certaines espèces sont faciles à entretenir, car elles peuvent être logées dans de petits terrariums (20 x 20 x 20 cm pour un adulte). De plus, leur venin n’est pas extrêmement puissant.

Il est à noter que les femelles peuvent vivre jusqu’à 15 ans. Comme toujours, avant d’adopter un animal de compagnie, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une responsabilité à long terme.

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