10 curiosités sur les uropyges

Les uropyges sont des arachnides au corps très étrange. Ils ressemblent à des scorpions, mais à un niveau évolutif, car ils ont développé plusieurs différences qui vont beaucoup vous surprendre.
10 curiosités sur les uropyges

Dernière mise à jour : 26 août, 2021

Les curiosités sur les uropyges sont nombreuses, mais peu de gens connaissent leur existence. Ces arachnides sont difficiles à voir et n’ont pas atteint l’Europe. Pour cette raison, leurs connaissances se limitent dans de nombreux cas à des images, à des vidéos et à des copies importées pour la terrariophilie.

Les uropyges font l’objet d’un intérêt scientifique pour leurs stratégies de défense, mais ils sont également devenus plus célèbres ces dernières années pour leur présence dans divers foyers à travers le monde en tant qu’animaux de compagnie exotiques. Poursuivez donc votre lecture pour savoir ce qui les rend spéciaux !

1. Un très petit groupe

À ce jour, environ 120 espèces de uropyges ont été décrites, toutes appartenant à la famille des Thelyphonidae. Ces invertébrés sont des parents directs des araignées et des scorpions, car ils font également partie de la classe des arachnides.

Pour vous donner une idée de la diversité des arachnides, voici quelques données : il existe plus de 45 000 espèces d’araignées, 2 000 espèces de scorpions, 6 500 espèces d’opiliones et 50 000 espèces d’acariens. Par conséquent, les uropyges forment le plus petit groupe de la classe des arachnides.

2. Les uropyges ont un corps étrange

En bons arachnides qu’ils sont, les uropyges partagent des caractéristiques physiques avec les autres représentants de leur groupe. Tout d’abord, il faut noter que leur corps est divisé en 2 sections ou tagmes : le prosome (tête) et l’opisthosome (corps).

Le prosome abrite un bouclier dorsal, 2 yeux simples, 3 ocelles latéraux et de très petites chélicères constituées de 2 articulations. Les pédipalpes acquièrent la fonction de pince, comme c’est le cas chez les scorpions. L’opisthosome est composé de 12 segments et d’une “queue” tubulaire à son extrémité, d’où son surnom en anglais whip scorpion (scorpion fouet).

Les uropyges se distinguent des autres arachnides par leur fine “queue”.

Un uropyge.

3. Des pattes pour la marche et des pattes sensorielles

Comme vous le savez sans doute déjà, tous les arachnides se caractérisent par le fait d’avoir 4 paires de pattes, par opposition aux insectes qui n’en possèdent que 3 paires. L’uropyge présente une particularité, car bien qu’il possède 8 membres, la première paire n’est pas utile pour la marche. Cette première paire de pattes sert d’organe sensoriel.

Avec leur première paire de pattes, les uropyges tâtent le sol comme s’il s’agissait d’antennes.

4. Un environnement circonscrit

Les uropyges sont endémiques des régions tropicales et subtropicales, c’est pourquoi on ne les trouve pas en Europe ni en Australie. Une seule espèce a été détectée dans toute l’Afrique (Etienneus africanus) et on pense qu’il s’agit d’une espèce relique de Godwana, le supercontinent qui définissait autrefois la géographie mondiale pendant le Néoprotérozoïque.

Les quelques espèces d’uropyges qui existent vivent dans leurs propres tanières, qu’elles creusent avec leurs pédipalpes modifiés. Bien que l’on ne sache pas grand-chose sur leurs préférences écosystémiques et sur leur biologie comportementale, elles sont associées à l’obscurité et à une humidité élevée.

5. Il y a des uropyges de toutes tailles !

Malgré le peu d’espèces qui existent, la taille des uropyges est assez variabls. La plupart des représentants de cet ordre mesurent 3 centimètres de long, mais le géant Mastigoproctus giganteus peut mesurer 6 centimètres de long sans compter la queue. En raison de sa taille et de son apparence imposantes, M. giganteus est l’une des espèces les plus étudiées de ce groupe.

6. A quoi sert la queue des uropyges ?

La queue des uropyges est un flagelle qui est relié à une glande pigidiale, glande chargée de synthétiser un mélange d’acide acétique (84 %) et d’acide caprique (5 %) dilué dans l’eau.

Lorsqu’il est menacé, l’uropyge tente de s’enfuir, et si le prédateur touche son corps, il libère le spray acide sur son visage depuis la base du flagelle. L’espèce Mastigoproctus giganteus est capable d’éjecter 19 jets de liquide d’affilée jusqu’à ce que sa glande soit vide.

Si le prédateur est « pulvérisé » sur le visage, il aura de fortes démangeaisons au niveau des yeux et de la bouche et s’enfuira.

7. Des prédateurs nés

Comme tous les arachnides (à l’exception de certains acariens et opiliones), les uropyges sont d’excellents prédateurs. Ils se nourrissent de petits insectes et même de vertébrés (dans le cas des espèces plus grandes) : bien qu’ils n’aient pas de glande à venin, leurs puissants pédipalpes leur permettent de tuer leurs proies rapidement et efficacement.

Curieusement, la base des pédipalpes est essentielle pour leur processus de nutrition, car les trochanters internes abritent comme des “dents de scie” qui les aident à briser la nourriture avant qu’elle n’atteigne les chélicères. En d’autres termes, ils utilisent l’une de leurs paires de membres pour briser leurs proies.

8. Un monde sensoriel basé sur la cécité

Une autre des curiosités sur les uropyges est qu’ils voient très mal. Ils perçoivent la lumière et l’obscurité, mais guère plus. Ils doivent donc utiliser leur première paire de pattes pour tâter le terrain. Ces extrémités sont spécialisées, car elles possèdent à des chimiorécepteurs qui leur permettent de détecter les changements environnementaux avec une grande précision.

Cette première paire de pattes “anténiformes” les aide à détecter les sources d’eau, les partenaires sexuels et les éventuels prédateurs. Il convient de noter que le flagelle susmentionné, les pédipalpes et les 3 autres paires de pattes agissent également comme des récepteurs sensoriels, car ils sont recouverts de poils spécialisés.

9. Une reproduction agressive

Les uropyges sont très peu romantiques et leur stratégie de reproduction le montre. Par exemple, si un mâle réceptif s’approche d’une femelle et qu’elle ne veut pas se reproduire, les deux se battront jusqu’à ce que l’un d’eux tombe ou soit vaincu.

Si une parade nuptiale a lieu, elle ne se déroule pas mieux. Les mâles saisissent les pattes anténiformes de la femelle, les tirent et les relâchent, et les courtisent très violemment. Une fois que la femelle est réceptive, le mâle commence à déposer son spermatophore sur le sol et attrape la femelle pour faire entrer le sperme par son gonopore ventral.

Deux partenaires sexuels peuvent se retrouver accrochés pendant des heures jusqu’à ce que la fécondation soit terminée.

Un uropyge.

10. Les uropyges ne sont pas des animaux dangereux !

En guise de conclusion, il convient de noter que les uropyges ne sont pas du tout dangereux. Malgré l’acide qu’ils sécrètent, il faut s’approcher très près pour que le liquide atteigne nos yeux, il n’y a donc pratiquement aucun rapport d’attaques contre des humains. De plus, le mélange ne provoque pas d’effets graves.

Si vous avez la chance de vivre dans un endroit où se trouvent des uropyges, laissez-les peupler votre terrasse ou votre sous-sol. Ce sont d’excellents antiparasitaires qui éloigneront les insectes de la maison. Ne les tuez pas !

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