La fourmi panda : une guêpe parasite

10 novembre, 2020
La fourmi panda est un adversaire redoutable armé de puissantes mâchoires et d'une magnifique armure. Elle possède également une piqûre redoutable et de bonnes doses d'agilité et d'agressivité.

La fourmi panda (Euspinolia militaris) ou fourmi de velours est un insecte hyménoptère de la famille des Mutillidae. Malgré son apparence de fourmi, c’est en fait une guêpe parasite.

La famille des Mutillidae, qui comprend plus de 4 200 espèces, se caractérise par un dimorphisme sexuel marqué. Dans cette famille, seuls les mâles ont généralement des ailes.

Bien que l’espèce ait été découverte il y a environ 80 ans au Chili, elle a été relativement peu étudiée. On sait qu’elle vit environ deux ans et qu’elle préfère coloniser les zones sèches et sablonneuses. Des spécimens de panda ont été signalés au Chili, en Argentine, dans certaines régions du Mexique et dans le sud-ouest des États-Unis.

Parée pour envahir : des adaptations digne d’une guerrière

La fourmi panda possède diverses adaptations qui lui permettent d’exploiter d’autres insectes agressifs et d’en faire ses hôtes. Tout d’abord, son puissant exosquelette est sa première protection lors de l’invasion du nid par des insectes piqueurs hôtes.

En outre, la nature veille à ce que seuls les plus forts se reproduisent, car lors de l’accouplement en vol, les plus grands mâles sont sélectionnés. L’absence d’ailes chez la femelle, en revanche, lui permet d’explorer par voie terrestre le futur foyer de ses œufs. Cette recherche prolongée expose la femelle, mais elle est préparée.

Pour accomplir sa mission, la fourmi panda utilise son remarquable répertoire défensif qui comprend une puissante piqûre, des grincements d’avertissement, une coloration dissuasive, des traces chimiques et diverses tactiques d’évasion. Voici ce qu’ils ont à dire.

La fourmi panda, un adversaire redoutable.

L’apparence caractéristique de la fourmi panda

La caractéristique la plus frappante de la fourmi panda est sa coloration qui rappelle celle d’un panda. Sa tête est d’un blanc velouté, sauf les yeux, et sur le corps, elle a des taches noires et blanches. Cette coloration frappante est aposématique, servant d’avertissement aux prédateurs de sa piqûre douloureuse et puissante.

Chez les deux sexes, les antennes et les pattes sont recouvertes de courtes épines noires. Cependant, cette espèce a un dimorphisme sexuel évident. Habituellement, elle mesure environ 0,8 centimètre et les mâles sont nettement plus grands que les femelles. En outre, seuls les mâles possèdent des ailes, lesquelles sont étroites et transparentes.

En revanche, les femelles adultes, qui sont terrestres, ressemblent à une fourmi au niveau de son physique et de son comportement. De plus, elles sont équipées d’un dard et de glandes à venin, des éléments qui leur confèrent une puissante piqûre.

La redoutable réputation de la fourmi panda

Chez cette espèce, les femelles non volantes utilisent leur aiguillon qui est muni d’un puissant poison pour se défendre contre leurs ennemis. Leur piqûre est une adaptation qui leur permet d’affronter d’autres espèces agressives lorsqu’elles envahissent leurs nids.

Elles piquent parfois les humains et les grands animaux de pâturage. Elles sont connues sous le nom commun de tueurs de vaches en raison de leur piqûre douloureuse, mais pas mortelle.

La fourmi panda est un parasitoïde

Pour aborder ce point, il est utile de connaître le cycle de vie de la fourmi panda. Pendant le vol, les mâles identifient les femelles et les soulèvent en l’air pour s’accoupler.

Après l’accouplement, la femelle pond ses œufs dans chaque pupe dans le nid d’autres insectes comme les abeilles ou les guêpes. À l’éclosion, les larves se nourrissent de leurs hôtes. Chaque femelle peut pondre jusqu’à 2 000 œufs au cours de son cycle de vie de deux ans.

Ainsi, cette espèce, comme d’autres parasitoïdes, produit une larve qui se nourrit de la larve hôte. Cette dynamique entraîne une lutte continue et compliquée entre les producteurs et les exploitants de ressources, qui dépendent de ces mêmes ressources pour leur survie.

L’alimentation de la fourmi panda

Les fourmis panda adultes sont solitaires, ce qui signifie qu’elles ne forment pas de colonies d’aucune sorte. Les femelles se nourrissent principalement de nectar, mais elles s’attaquent occasionnellement aux fourmis, aux chenilles ou aux nymphes/larves. Les mâles se nourrissent principalement de nectar.

La stridulation : le son de la détresse

Généralement, cette espèce d’insecte est silencieuse. Cependant, elle émet des sons aigus, vibrants et grinçants lorsqu’elle est perturbée, ce qui est connu sous le nom de stridulation. Ce comportement, qui est adopté par divers arthropodes, résulte du frottement de deux parties rigides du corps.

Les deux sexes se livrent à des stridulations. Il convient de noter que le rôle écologique de la stridulation chez ces insectes n’est pas clair. Cependant, il y a une hypothèse selon laquelle ces sons servent d’avertissement défensif et/ou de signaux d’accouplement.

À cet égard, un rapport scientifique publié en 2019 a montré que la stridulation de cette espèce diffère de celle des autres genres de la même famille d’insectes. Les sons de détresse émis comprenaient des composantes spectrales à haute fréquence, dans le domaine des ultrasons. L’utilité de ces signaux n’est pas exactement connue.

Il s'agit d'un cricket domestique.

Une théorie émerge

Selon l’avis des experts, il est possible que ces sons soient des signaux d’alerte pour leurs prédateurs naturels. Les futures études porteront sans aucun doute sur l’effet défensif de la stridulation des fourmis panda contre les reptiles et les rongeurs. Si c’est le cas, cela donnerait un aperçu précieux de leur rôle potentiel dans la communication entre les espèces.

Les fourmis de panda sont fascinantes en raison de leurs couleurs vives, de leur dimorphisme sexuel, de leur longévité et, souvent, d’un niveau d’activité frénétique. Elles sont aussi frustrantes, car l’importance évolutive de ces traits n’est pas facilement démontrable.

  • Torrico-Bazoberry, D., & Muñoz, M. I. (2019). High-frequency components in the distress stridulation of Chilean endemic velvet ants (Hymenoptera: Mutillidae). Revista Chilena de Entomología, 45(1). https://www.biotaxa.org/rce/article/download/45599/39336
  • Deyrup, M. (1988). Review of adaptations of velvet ants (Hymenoptera: Mutillidae). The Great Lakes Entomologist, 21(1), 1.
  • R Luz, D., Waldren, G. C., & Melo, G. A. (2016). Bees as hosts of mutillid wasps in the Neotropical region (Hymenoptera, Apidae, Mutillidae). Revista Brasileira de Entomologia, 60(4), 302-307.
  • Brothers, D.J. (2006) Familia Mutillidae. Introducción a los Hymenoptera de la Región Neotropical. (ed. Fernández, F. and Sharkey, M.J.), pp. 577-594. Sociedad Colombiana de Entomología and Universidad Nacional de Colombia, Colombia.