La compétitivité entre les espèces non carnivores

La compétitivité entre les espèces est une réalité évidente de la nature. Plus de détails ici !
La compétitivité entre les espèces non carnivores

Dernière mise à jour : 21 juin, 2020

Nous imaginons toujours deux lions qui se battent pour rester dans la meute, ou une hyène et un vautour se battant pour un morceau de viande. Mais qu’en est-il de la compétitivité entre les espèces non carnivores ?

La compétitivité entre les espèces non carnivores

Le terme “compétitivité” est très utilisé par les biologistes pour désigner l’existence d’un esprit de compétition dans la nature. Il existe entre les espèces et entre les individus d’une même espèce.

La compétitivité entre les espèces chez les flamants roses

Un bon indicateur de compétition entre deux espèces est la capacité de l’une à occuper l’espace géographique de l’autre lorsqu’elle est absente. C’est le cas des tamias : Eutamias dorsalis et Eutamias umbrinus. Bien que la première espèce soit considérée comme dominante, la seconde peut lui faire concurrence si les arbres de la région sont suffisamment proches les uns des autres.

Au Kenya, deux lièvres –Lepus capensis et Lepus crawshayi– cohabitent côte à côte près de la Vallée du Grand Rift. Dans cette zone, il y a régulièrement des incendies qui altèrent l’habitat des deux espèces. Cela favorise alors la dominance de l’espèce Lepus capensis qui se déplace mieux dans des espaces défrichés. Mais lorsque les arbres repoussent, l’espèce favorite est le Lepus crawshayi.

Un exemple de compétitivité entre les espèces non carnivores : lapins contre lièvres

Avant l’intervention humaine, le lièvre d’Europe (Lepus europaeus) ne traversait pas les Pyrénées. Et le lapin européen (Oryctolagus cuniculus) vivait dans la péninsule ibérique uniquement avec le lièvre ibérique (Lepus granatensis). Cependant, au fil des ans, le lièvre et le lapin européens se sont superposés et se sont répandus dans presque toute l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Océanie. Et, sur tous les continents, les lièvres occupent beaucoup plus de territoire que les lapins, sauf en Australie.

D’une manière ou d’une autre, il existe une spéciation allopatrique entre ces deux espèces. Chacune préfère un type d’habitat. D’un côté, le lapin préfère les sols sableux et argileux, les forêts de conifères et les prairies. De l’autre, le lièvre est plus à l’aise dans les terres cultivées, les champs de céréales, les dunes et les clairières de forêt.

Parmi les habitants des zones rurales, on a toujours cru que les lièvres et les lapins s’évitaient. Cela peut s’expliquer par le fait que les lapins, lorsqu’ils sont plus nombreux que les lièvres, les poursuivent et les traquent jusqu’à la mort. C’est l’une des raisons pour lesquelles on pense que les lapins sont plus nombreux que les lièvres en Australie. Toutefois, malgré les rumeurs, dans le reste du monde, on peut parfaitement observer les deux espèces paître sur les mêmes terres.

Alors pour quelles raisons plus il y a de lapins, moins il y a de lièvres, et vice-versa ?

La myxomatose

La mort de nombreux lapins à cause de cette maladie en Europe dans les années 50 a agi comme une véritable expérience. A tel point qu’on a pu observer que, lorsque le nombre de lapins diminuait, le nombre de lièvres augmentait dans plusieurs pays. Et cela ne peut avoir lieu que si les deux espèces sont naturellement en compétition.

La myxomatose chez le lapin

Le comportement

L’antagonisme entre les lièvres et les lapins a toujours été discuté, aussi bien en captivité que dans la nature. En effet, de nombreux cas d’attaques de lapins sur des lièvres ont été recensés au cours des siècles. Néanmoins, nous les avons également observé partager et manger sur les mêmes terres sans se déranger.

Par ailleurs, les études démontrent qu’il n’existe normalement aucun comportement agressif entre eux. Les lièvres n’échappent généralement à l’attaque des lapins. Ils n’évitent pas non plus les territoires qu’ils occupent. Autrement dit, rien ne justifie une concurrence directe. Ils ne se nourrissent tout simplement pas sur les mêmes territoires.

Les maladies communes

On a décrit des types de maladie qui, bien que réservées aux lapins, sont mortelles chez les lièvres. Et vice-versa. Par exemple, le parasite Graphidium strigosum rendait à l’origine les lapins malades. Mais on a découvert que lorsqu’un lièvre pénétrait sur un territoire occupé par des lapins infectés, il l’était également.

La compétitivité entre les espèces non carnivores : conclusion

Le lièvre et le lapin européens sont devenus amis il y a peu de temps. Et l’une des explications de leur comportement compétitif initial est qu’ils étaient plongés dans un processus d’adaptation à la cohabitation.

Puisque leurs régimes alimentaires sont similaires, l’expérience nous montre qu’ils peuvent parfaitement vivre ensemble. A condition qu’ils se nourrissent dans des zones différentes. Mais, en l’absence de l’un, l’autre occupera effectivement sa place.

 

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  • Alves P, Ferrand N, Hackländer K. Lagomorph biology. Berlin: Springer; 2008.