Le tamarin-lion doré : entre menaces et bienfaiteurs

Le tamarin-lion doré a souffert d'une accumulation de facteurs qui l'ont presque conduit au bord de l'extinction. Cependant, l'action conjointe de sociétés conservationnistes lui offre un espoir de survie.
Le tamarin-lion doré : entre menaces et bienfaiteurs

Dernière mise à jour : 15 mai, 2021

Le tamarin-lion doré (Leontopithecus rosalia) est une espèce de primate de la famille des Callitrichidae originaire du Brésil. Le nom « lion » vient de sa crinière abondante et soyeuse, tandis que son visage est glabre.

Le tamarin-lion doré se distingue des autres singes du Nouveau Monde par sa petite taille. Ce petit primate pèse un demi-kilogramme et mesure 40 centimètres à l’âge adulte.

L’habitat du tamarin-lion doré

Il habite la forêt tropicale saisonnière de la plaine sur la côte brésilienne. Le climat y est extrêmement humide, la pluviométrie moyenne étant d’environ 1 500 millimètres par an. Le tamarin-lion doré occupe une strate de forêt entre 10 et 30 mètres au-dessus du sol.

Il a besoin et recherche par ailleurs des zones forestières denses (canopée fermée), avec une abondance de plantes grimpantes et une forte densité de fruits. Ces primates dorment dans des trous d’arbres pour se protéger des prédateurs.

Le tamarin-lion doré a perdu entre 95 et 98 % de son habitat d’origine. Son aire de répartition se limite aujourd’hui à trois petites zones de la forêt tropicale du sud-est du Brésil :

  • La réserve biologique de Poço das Antas.
  • La réserve biologique Fazenda União.
  • Des terres privées grâce au programme de réintroduction.

L’espèce de tamarin-lion doré s’est adaptée, dans une certaine mesure, à vivre dans des forêts dégradées et secondaires. Son acclimatation dépend néanmoins de l’obtention de sources de nourriture suffisantes tout au long de l’année.

Un tamarin-lion doré.

Les caractéristiques physiques distinctives du tamarin-lion doré

Outre sa soyeuse crinière dorée et sa petite taille, le tamarin-lion doré se distingue par son visage glabre, plat et ses narines largement écartées. Concernant la taille, cette espèce ne présente pas de dimorphisme sexuel marqué. Son corps est recouvert de poils longs dont la coloration va de l’or pâle à un riche or rougeâtre.

Une caractéristique importante : le tamarin-lion doré dispose de griffes et non d’ongles plats. Les griffes lui permettent de s’accrocher aux troncs d’arbres.

Elles lui permettent également de se déplacer plus facilement à quatre pattes le long des petites branches, que ce soit en marchant, en courant ou en sautant. Elles lui offrent une mobilité davantage similaire aux écureuils qu’aux primates.

Régime et habitudes alimentaires

Cette créature a un régime alimentaire varié et omnivore. Il se compose de fruits, de fleurs, de nectar, d’exsudats végétaux (gommes) et de proies, mais aussi de grenouilles, d’œufs d’oiseaux, d’escargots, de lézards, d‘araignées et d’insectes.

Grâce à ses doigts doués, Le tamarin-lion doré peut extraire avec ses doigts des proies de crevasses et d’autres recoins. Nous connaissons ce comportement sous le nom de micromanipulation.

Les insectes constituent donc entre 10 et 15 % de leur alimentation. Ces animaux parcourent de grands territoires (en moyenne 123 hectares) pour collecter des ressources alimentaires suffisantes.

La vie en société

Le tamarin-lion doré est une espèce sociale. On le trouve dans la nature par groupe de deux à huit spécimens.

Ces groupes sont souvent composés de membres de la famille. Notamment des couples reproducteurs, des descendants d’une ou deux portées ainsi que d’autres parents. Ces associations sont généralement des familles nucléaires. Elles peuvent également se constituer à partir de familles élargies.

Il convient de signaler que ces primates sont territoriaux. Ils défendent leur territoire avec des marques olfactives et des menaces orales. Les groupes défendent des territoires de 40 à plus de 100 hectares. La superficie de ces domaines varie en fonction de la taille du groupe.

Le tamarin-lion doré passe une bonne partie de la journée à des activités de toilettage. Les jeunes jouent beaucoup, se poursuivent et luttent.

L’un des adultes reproducteurs domine généralement les autres lorsqu’ils sont plusieurs dans un groupe. Il maintient alors sa suprématie en adoptant un comportement agressif. La bouche ouverte, le dos cambré et le regard fixe sont des signes d’agressivité chez cet animal.

La relation de dominance entre les mâles et les femelles dépend de la longévité dans le groupe. Un mâle nouvellement immigré sera en effet subordonné à une femme adulte résidente.

La reproduction

Des études montrent que les tamarins-lions dorés sont majoritairement monogames et se reproduisent une à deux fois par an. Une seule femelle par groupe se reproduit généralement par saison de reproduction. Le soin des nouveau-nés est par ailleurs coopératif.

La gestation dure entre 130 à 135 jours. L’âge de la maturité sexuelle est de 18 mois pour les femmes et de 24 mois pour les mâles. Les nouveau-nés sont velus et viennent au monde les yeux ouverts.

Ils s’accrochent à leur mère pendant les premières semaines puis aux nourrices pendant une période de 90 jours. Il a parfois été observé qu’un père préfère s’occuper d’un nouveau-né mâle.

L’intention des programmes en cours est de renforcer la population sauvage. Ainsi que de maintenir une population captive sûre dans les zoos du monde entier.

Le tamarin-lion doré est une espèce en voie de disparition

L’aire d’occupation des spécimens sauvages se limite à quelques endroits du sud-est du Brésil. Les menaces qui pèsent sur la population de tamarin-lion doré sont l’exploitation forestière illégale, le braconnage, l’exploitation minière, l’urbanisation et le développement des infrastructures, ainsi que l’introduction d’espèces exotiques.

Un recensement récent réalisé par les associations de conservation a estimé qu’il restait 3 200 spécimens à l’état sauvage. Ce chiffre est un succès retentissant, puisqu’en 1969 la population sauvage était estimée à 150 individus. Il existe par ailleurs actuellement une population captive d’environ 490 individus répartis dans 150 zoos.

Un tamarin-lion.

Bien que le taux de survie du tamarin-lion doré réintroduit dans la nature soit encourageant, la destruction de l’habitat non protégé continue. Malgré les progrès réalisés, l’UICN prévient que la population sauvage dispose de peu de potentiel pour une nouvelle expansion de l’espèce compte tenu de la fragmentation extrême de son habitat.

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