L'isard, le chamois des Pyrénées

27 avril, 2020
L'isard ou chamois des Pyrénées est l'un des animaux les plus emblématiques de cette région, entre la France et l'Espagne.
 

De tous les ongulés sauvages qui peuplent la péninsule ibérique, l’isard est l’un des animaux les plus méconnus. Dans cet article, nous vous proposons un bref résumé de l’identité de ce mystérieux animal.

L’isard, le chamois des Pyrénées

L’isard est une sous-espèce du chamois d’Europe centrale. Il cohabite avec la sous-espèce cantabrique (Rupicapra rupicapra parva) dans la région des Pyrénées. Son nom scientifique est Rupicapra rupicapra subsp. pirenaica.

Dans les Pyrénées aragonaises, on le connaît sous le nom de sarrio, mais dans d’autres régions, on l’appelle également “isard” ou “izard”.

Son habitat se situe entre 1500 et 3000 mètres d’altitude. Mais il descend à des niveaux inférieurs pendant la saison hivernale. Ce sont des animaux sociaux, comme tous les cerfs, et ils forment donc des groupes de mâles et de femelles avec leurs petits.

Les adultes pèsent entre 20 et 30 kilos, et peuvent vivre jusqu’à 20 ans.

Contrairement aux autres cervidés, le mâle et la femelle ont des cornes. Bien qu’elles puissent être sensiblement de même taille, les cornes des femelles sont un peu plus fines. Egalement, elles poussent plus parallèlement et ont une courbure moins marquée. Le pelage est de couleur terre, légèrement rougeâtre en été.

Un isard de face
 

En Espagne, sa présence en Aragon, en Catalogne et en Navarre est notable, avec une mention spéciale pour le parc national de la vallée d’Ordesa et le parc national français des Pyrénées.

C’est un animal exclusivement herbivore. Le rut a lieu en novembre et les premiers jours de décembre ; les enfants naissent, en général, dans la deuxième moitié du mois de mai ou au début du mois de juin.

La femelle donne naissance à un seul enfant et, très exceptionnellement, à des jumeaux.

Situation et gestion de l’espèce dans les Pyrénées catalanes

La population d’isards en Catalogne est répartie sur une grande partie des massifs pyrénéens. Ainsi que dans certaines chaînes de montagnes appartenant aux Pré-Pyrénées. La majeure partie de cette population est gérée par les réserves nationales de chasse sous la responsabilité de la Generalitat de Catalunya, sans oublier la protection d’un certain nombre de spécimens situés dans les parcs nationaux.

L’évolution historique de cette population montre une tendance à la hausse, ce qui permet son utilisation pour la chasse.

L’une des difficultés rencontrées par la croissance de cette espèce dans les Pyrénées est l’apparition d’une maladie produite par un pestivirus, appelée maladie des frontières, qui a produit des taux de mortalité élevés depuis 2001. Cela a entraîné des changements dans la gestion de l’espèce. Ces derniers ont même conduit à l’interdiction de la chasser pendant une saison.

Un isard dans les Pyrénées
 

Afin de disposer de données objectives sur les espèces présentes dans la région, un programme de surveillance de l’isard dans les Pyrénées catalanes a été mis en place depuis 2012. Ce programme comprend des recensements, la collecte de données sur les spécimens chassés et trouvés morts, et la gestion de la population par secteurs.

Statut et gestion de l’espèce dans la Communauté de Navarre

Cette population se trouve dans les massifs de Larra-Belagoa et d’Ezkaurre, et dans l’aire de répartition d’Ori-Lakartxela. Dans l’ensemble, il s’agit d’une petite population, qui jouit d’une bonne santé. Elle présente des caractéristiques démographiques typiques des populations à faible densité et des environnements forestiers.

Cette population est suivie depuis les années 1990 et depuis lors, on observe une augmentation du nombre d’individus.

Statut et gestion de l’isard dans les Pyrénées aragonaises

Depuis 1995, une série d’actions menées par le gouvernement d’Aragon a permis de consolider la gestion des réserves de chasse de l’isard dans les Pyrénées aragonaises. Seize unités de gestion ont été mises en place, composées de massifs montagneux, et des estimations de population ont été réalisées dans chacune d’entre elles.