Tamarin à crête blanche : habitudes diurnes et territoriales

30 janvier, 2021
Le tamarin à crête blanche est un primate unique au monde. Il est en danger critique d'extinction en raison de la destruction de son habitat et du commerce illégal d'animaux.

Le tamarin à crête blanche (Saguinus oedipus) est une espèce de primate platyrrhine de la famille des Callitrichidae. Cet animal a une distribution limitée à une petite zone de jungle, délimitée par la côte caraïbe colombienne.

En outre, il est connu par une longue liste de noms communs ; le tamarin à tête de coton est l’un de ces noms communs. Ces noms font référence à la caractéristique la plus distinctive de l’espèce : la couleur blanche de la crête et de la crinière.

Comment reconnaître ce petit singe ?

Les caractéristiques physiques les plus frappantes de ce primate sont sa taille et sa couleur. Il est petit : un singe adulte pèse moins de 0,5 kilogramme. Et ses tempes et les côtés de sa tête sont couverts de poils argentés. En revanche, son visage est glabre et sa peau est noire.

Le dos est principalement noir ou brun, tandis que les bras et les jambes sont principalement blancs ou jaunâtres. La croupe et l’intérieur des cuisses sont orange rougeâtre. La base de la queue est également orange rougeâtre, tandis que la pointe est noirâtre.

Par ailleurs, la principale caractéristique qui distingue les callitrichidés des autres singes dans le monde est qu’ils ont des ongles à la place des griffes. Parmi les autres traits distinctifs, figurent la présence de deux molaires au lieu de trois de chaque côté de la mâchoire et une queue légèrement plus longue que le corps, qui n’est pas préhensile.

Deux tamarins à crête blanche.

Habitat et répartition géographique du tamarin à crête blanche

Le tamarin à crête blanche est endémique de la Colombie. On ne le trouve que dans un sanctuaire boisé de 4 300 hectares destiné à la protection de la forêt sèche. Cet habitat exclusif est situé dans la municipalité de San Juan Nepomuceno, près de Barranquilla, chef-lieu du département de l’Atlántico dans les Caraïbes colombiennes.

Ce petit singe est arboricole. Il habite la canopée supérieure de la forêt tropicale humide et la forêt sèche de feuillus. Il a été démontré que ce tamarin est adaptable aux franges ou aux parcelles de forêt secondaire ou résiduelle et qu’il peut vivre dans des habitats relativement perturbés.

Reproduction et espérance de vie du tamarin à crête blanche

Le tamarin à crête blanche a un système de reproduction monogame. Un fait intéressant : deux fois par an, cette espèce a des jumeaux non identiques.

Par ailleurs, la manière d’éduquer est coopérative, une pratique qui n’est pas présente chez de nombreux autres primates. Des « aides » adultes participent à l’éducation des petits.

Ils restent ainsi dans la famille et acquièrent une expérience parentale plutôt que de se reproduire. Cette pratique pourrait expliquer le fait qu’ils aient le plus grand potentiel reproducteur de tous les primates.

Selon les études, la reproduction de cette espèce est saisonnière : les femelles ne tombent enceintes et allaitent que de janvier à juin. La gestation dure environ 140 jours. L’espérance de vie en captivité est d’environ 25 ans.

Les tamarins à crête blanche sont principalement des insectivores et des frugivores. Les insectes représentent 40% de leur alimentation, et les fruits, 38 %.

Les pratiques sociales frappantes

Le tamarin est un animal diurne qui vit en groupe, lequel peut compter jusqu’à 19 spécimens. Le plus souvent, les groupes sont composés du couple dominant et d’un à sept jeunes spécimens subordonnés des deux sexes.

Ces membres subordonnés forment de petits groupes et migrent dans et hors du domaine vital du groupe principal. Les domaines vitaux de chaque groupe varient de 7 à 10 hectares.

Le tamarin à crête blanche est territorial et utilise des marques olfactives pour définir son territoire. Lorsqu’il entre en contact avec d’autres groupes, au lieu d’un contact physique, les membres menacent l’autre groupe en montrant leur région postérieure et génitale comme un échantillon territorial.

Un tamarin à crête blanche sur une branche.

Un primate en danger critique d’extinction

Bien que les chiffres actuels de la population de tamarin à crête blanche soient inconnus, on estime que l’espèce est en déclin. Plus de 80 % des membres auraient disparu au cours des trois dernières générations (18 ans), essentiellement en raison de la destruction de l’habitat.

Malheureusement, la superficie de l’habitat est exposée à une colonisation intensive et à la destruction de la forêt. Dès 1978, on estimait que 75 % de la répartition originale de l’espèce avait été réduite pour l’agriculture et le pâturage. Des efforts de protection exceptionnels sont nécessaires pour sauver l’espèce de l’extinction.