Lézard à collerette : habitat et caractéristiques

Comme chez les autres reptiles, le sexe du lézard à collerette est déterminé par la température d'incubation des œufs.
Lézard à collerette : habitat et caractéristiques

Dernière mise à jour : 26 août, 2021

Le lézard à collerette est un lézard australien populaire dans le pays où il vit. C’est même l’image représentative des pièces de 2 centimes. Au-delà de son aspect physique, la façon de courir de ce reptile attire également l’attention, car bien que ce soit un tétrapode, il préfère courir comme si c’était un bipède.

Le nom scientifique de ce spécimen est Chlamydosaurus kingii et il fait partie de la famille des agamidés. Il est le seul représentant de son genre. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus sur ce curieux reptile.

L’habitat du lézard à collerette

Ce reptile est réparti dans tout le nord de l’Australie et le sud de la Nouvelle-Guinée. Ses habitats préférés sont les milieux subhumides, les forêts semi-arides et les forêts sclérophylles, qui se caractérisent par une végétation typique de l’Australie. Il a des habitudes arboricoles, il passe donc la plupart de son temps sur des troncs ou des branches, dont la forme lui permet également de se camoufler.

Un chlamydosaurus sur fond blanc.

Caractéristiques physiques

Cet animal a une apparence robuste et mesure jusqu’à 85 centimètres de long. Son apparence physique est très distinctive, car il a un repli de peau autour du cou qui peut “s’ouvrir” comme s’il s’agissait d’un parapluie. Le reptile étend ce repli de peau lorsqu’il se sent menacé, repli qui forme un cercle  de près de 30 centimètres de diamètre.

La coloration de ce spécimen oscille entre le gris et le brun. La queue arbore des rayures sombres et une pointe verte. Ces couleurs sont adaptées à son type d’habitat, ce qui lui permet d’améliorer son camouflage.

Sa collerette arbore elle des couleurs similaires à celles de sa peau, bien que lorsqu’elle est ouverte elle arbore des tons rouge vif. Les muqueuses de sa bouche arborent elles des couleurs phosphorescentes aux tons roses ou jaunes. Ces deux caractéristiques servent à choquer ses prédateurs : ce reptile ouvre sa collerette et sa bouche en même temps pour tenter de les dissuader d’attaquer.

L’espèce présente un dimorphisme sexuel au niveau de la taille : les mâles sont généralement plus gros que les femelles. Aussi, la couleur de leur ventre est généralement plus claire chez ces dernières.

D’autres caractéristiques intéressantes

L’analogie selon laquelle leur collerette est semblable à un parapluie est plutôt bien trouvée. Et ce, parce que l’excès de peau présente des « épines » cartilagineuses qui permettent au reptile de l’étirer. Cette structure cartilagineuse s’apparente au mécanisme d’un parapluie : quand il la tire, elle s’étend et s’ouvre.

Par ailleurs, les poumons des lézards sont légèrement plus longs et plus sensibles que ceux des mammifères. Cela n’aurait pas d’importance si l’apparence physique de ce reptile était commune, ce qui n’est pas le cas. Les mouvements brusques que le reptile effectue lors du dépliage de la collerette peuvent causer des problèmes de respiration.

Heureusement, des recherches publiées par l’Université de La Trobe ont reconnu que cette espèce est si spécialisée qu’elle est capable de respirer sans problème. Les chercheurs ont réalisé que le lézard à collerette, à travers son processus évolutif, modifiait son corps pour qu’il n’ait aucun problème à déplier sa peau.

Le comportement du lézard à collerette

Ce reptile est un organisme ectotherme diurne qui profite des heures de la journée pour réguler sa température. Pour cette raison, il est courant de le voir se reposer sur des branches d’arbres la plupart du temps. Il est plus actif pendant les saisons humides, car c’est à ce moment-là qu’il dispose d’une plus grande disponibilité de ressources et n’a pas besoin d’économiser de l’énergie.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce lézard ne présente pas de processus de dormance (un mécanisme similaire à l’hibernation). Cela signifie que même s’il bouge moins pendant la saison sèche, il est toujours actif pour les fonctions vitales. Un article de la revue scientifique Ecology mentionne que ce spécimen doit être « éveillé » pour pouvoir défendre son territoire ou échapper aux prédateurs.

L’une des caractéristiques les plus reconnues de l’espèce est sa capacité à courir sur deux pattes comme un bipède. En cas de danger, son premier réflexe est de courir vers l’arbre le plus proche ou de se cacher dans la végétation au sol.

Le seul scénario dans lequel il montre sa collerette est lorsqu’il n’a pas d’échappatoire. Et ce, car elle ne sert qu’à “tromper” son prédateur, elle n’assure pas sa survie.

Comportement alimentaire

Ce reptile peut être qualifié d’insectivore, car comme il passe une grande partie de sa journée dans les arbres, il rencontre fréquemment des invertébrés volants. Cependant, dans certains cas, il a également été observé en train de se nourrir de petits mammifères et même de quelques morceaux de viande, il s’agit donc peut-être davantage d’un opportuniste.

Comportement reproducteur

Ce lézard, comme les autres reptiles, est un animal ovipare. Sa reproduction se termine donc par la ponte de ses œufs. L’accouplement commence pendant la période d’humidité la plus élevée (entre octobre et novembre), car c’est à cette période que la nourriture est abondante.

Pour attirer une partenaire, les mâles font une parade nuptiale au cours de laquelle ils ouvrent leur collerette, affichant ainsi ses couleurs et sa taille. Les femelles les observent et signalent leur collerette lorsqu’elles sont intéressées. À ce stade, si la femelle accepte la parade nuptiale, elle se soumet au mâle.

Lorsque l’accouplement est terminé, le mâle part et la nouvelle mère commence à creuser son nid dans le sol. À cet endroit, elle pondra entre 8 et 14 œufs qu’elle ignorera complètement par la suite, puisque son travail de mère se termine à ce moment-là. Lorsque les petits reptiles éclosent 70 jours plus tard, ils devront se débrouiller seuls.

Le statut de conservation du lézard à collerette

L’Union internationale pour la conservation de la nature classe cette espèce parmi les espèces les moins préoccupantes. Cette résolution est due au fait qu’elle est largement distribué dans son habitat naturel, en plus du fait qu’elle tolère certaines zones avec des perturbations.

Les espèces envahissantes sont l’une de ses plus grandes menaces. Elles ont réduit leurs populations, mais pas de manière alarmante. En plus de cela, la présence de saisons sèches prolongées a conduit à des incendies de forêt. Cependant, on pense que ces spécimens ont un mécanisme de résistance qui leur permet de se déplacer efficacement et de s’éloigner des incendies.

Un clamidosaurus royal sur terre.

Un reptile qui n’est pas encore en danger…

Pour le moment, ce reptile australien n’est pas en danger, mais cela ne veut pas dire que sa survie est assurée. Le changement climatique est un facteur qui n’est généralement pas pris en compte lorsqu’on parle de la conservation d’une espèce spécifique, et étant un phénomène mondial, il ne peut pas être facilement résolu.

Ce problème et d’autres processus nocifs ont été causés directement par l’homme, c’est donc nous qui mettons cette espèce et l’écosystème en danger. Il est nécessaire de réduire et de réparer les dommages causés pour continuer à profiter de ces reptiles pendant de nombreuses années.

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