Les soins intensifs à prodiguer aux rapaces

13 février, 2021
Les rapaces font partie des patients les plus courants dans les centres de récupération de la faune. Si vous voulez savoir quels soins intensifs leur sont habituellement appliqués, dans cet article vous découvrirez la réponse.

Lorsqu’un rapace arrive dans un centre vétérinaire pour des soins intensifs, la première chose à faire est de connaître son origine. Il faut savoir s’il s’agit d’un spécimen sauvage ou s’il provient d’un centre de fauconnerie ou d’éducation environnementale.

Ensuite, il faut identifier les caractéristiques de sa maladie éventuelle et établir le pronostic de récupération. Une fois le premier contact terminé, il est nécessaire de procéder à des soins intensifs chez les oiseaux de proie.

Les soins intensifs chez les rapaces

Prise en charge, confinement et hospitalisation

Les mécanismes de défense des rapaces varient selon l’espèce et la taille. La plupart ont des griffes redoutables, sauf peut-être pour les falconiformes, qui utilisent davantage leur bec lorsque la manipulation leur déplaît.

Lors de la manipulation d’un rapace, son origine doit être prise en compte. Un animal élevé ou gardé en captivité sera plus habitué au contact humain. Dans tous les cas, lors de leur capture et de leur inspection à l’arrivée, il faut assurer à la fois la protection du vétérinaire et l’intégrité de l’animal.

Une attention particulière doit être accordée à ne pas endommager le plumage – ce sont des oiseaux qui ont besoin de leur capacité de vol intacte – et à ne pas causer de fractures ou de blessures dues à une faute professionnelle, sans parler du stress que le contact humain génère chez un oiseau.

Normalement, l’utilisation de serviettes ou de couvertures pour envelopper l’animal réduit le danger lors de sa manipulation. Et si nous couvrons aussi ses yeux, soit avec la couverture elle-même, soit avec une capuche, il sera plus calme et moins stressé.

Selon la taille de l’oiseau, la présence d’une ou plusieurs personnes sera nécessaire pour l’aider à son inspection. Pendant l’hospitalisation, les conditions d’hygiène et de biosécurité doivent être maintenues pour éviter les infections.

Tout au long de cette période, le contact avec les humains ou d’autres animaux doit être aussi limité que possible. En particulier chez les jeunes oiseaux.

Des oiseau qui mangent un bout de pain.

Examen physique et triage

Normalement, un rapace est capturé et transporté dans un conteneur approprié jusqu’au centre de récupération. Une fois sur place, avant de le retirer du conteneur, il est conseillé de l’inspecter visuellement afin d’obtenir suffisamment d’informations.

Il faut chercher à identifier s’il y a un effort excessif lors de la respiration, s’il y a décollement d’une aile, si la tête est inclinée… À ce stade, les situations nécessitant un traitement urgent peuvent être détectées.

Une oxygénation ou une thérapie liquidienne peut être nécessaire avant de poursuivre la prise en charge. Ou il peut être nécessaire de repositionner une articulation disloquée, une fracture ouverte ou une blessure avant de continuer, tant que le patient est stabilisé.

Une fois à la clinique, il sera nécessaire de peser l’animal afin d’administrer les médicaments nécessaires. Selon la taille de l’oiseau, il sera possible de le placer sur la balance simplement enveloppé dans un chiffon, ou il sera nécessaire de le peser à l’intérieur du conteneur dans lequel il a été déplacé.

Lors de la pose de l’oiseau sur la table d’inspection, il faudra le poser sur le dos. Sauf en cas de détresse respiratoire sévère, auquel cas il devra être maintenu à la verticale par un assistant.

Les soins intensifs chez les rapaces.

La récupération après les soins intensifs

Une fois le rapace stabilisé et hors de danger immédiat, il doit être transféré dans un centre de réhabilitation. Dans ce centre, il disposera de perchoirs et de surfaces adaptées à sa taille et à son espèce.

Les complications

L’une des complications les plus courantes de la garde des oiseaux en convalescence est l’apparition de la pododermatite. Il s’agit de lésions plantaires qui apparaissent lorsque les surfaces d’appui ne sont pas adéquates.

Ces lésions peuvent même entraîner une nécrose de la partie distale de la patte et des amputations. Si c’est le cas, cela empêchera la libération ultérieure de l’oiseau.

Une autre complication est l’endommagement des plumes, notamment au niveau de la queue. Pour éviter cela, pendant leur séjour à l’hôpital, ils peuvent être recouverts de papier radiographique qui les maintient isolés.

  • E Graham J, Heatley J. Emergency care of raptors. Washington: University of Washington;.