Les origines d'un chien selon ses oreilles

16 janvier, 2021
Les oreilles d'un chien en disent long : grâce à elles, on peut savoir de quelle origine est le chien en question. Nous vous disons tout ici.

Il y a des chiens de toute taille et toute forme. Il est difficile d’imaginer qu’un Dogue Allemand et un petit caniche appartiennent à la même espèce. Ils sont toutefois génétiquement identiques et ont les mêmes caractéristiques anatomiques. Mais est-il possible de déduire les origines d’un chien de ses oreilles ?

Il est clair que les oreilles d’un chien sont l’une des parties les plus remarquables de son anatomie. Outre leur fonction sensorielle, elles expriment une bonne partie du caractère du chien. Nous vous révélons ci-aprè, tous les secrets de ces fascinantes structures sensorielles.

Les origines d’un chien

Les loups gris et les chiens descendent d’une espèce de loup disparue il y a environ 15 000 à 40 000 ans. Il existe un accord scientifique général sur ce point, même si des controverses abondent quant à l’origine de la domestication.

L’événement n’est pas anodin : un animal initialement redouté devient le compagnon domestique le plus proche de l’être humain. Les études génétiques ont identifié des preuves dans divers endroits, du sud de la Chine à la Mongolie et en Europe.

De ces découvertes a émergé l’hypothèse selon laquelle le chien a été domestiqué à partir du loup à plusieurs reprises. Et ce, dans différents endroits.

Un chien aux longues oreilles.

La main de l’homme dans la formation des races canines

Ces processus ont eu un impact sur les modèles de variation génétique. Ils ont également entraîné une incidence plus élevée de mutations nuisibles, ainsi qu’une haute prévalence de maladies héréditaires, laquelle varie spécifiquement entre les races de chiens.

La main de l’homme a semble-t-il également joué un rôle, bien que moins direct, dans l’apparition du chien moderne. Les scientifiques ont comparé la morphologie des animaux domestiques avec leurs homologues sauvages. Ils ont ainsi présenté la théorie du « syndrome de domestication ».

Une grande variété de races se sont formées à partir de l’ensemble ancestral de gènes de chiens au cours des cent dernières années. Selon cette théorie, les animaux soumis à la domestication subissent des changements morphologiques qui incluent l’apparence des oreilles tombantes.

Des origines du chien à sa typologie

Selon les preuves obtenues à partir de restes fossiles, il y avait déjà cinq types de chiens différents au début de l’âge du bronze (vers 4500 avant JC). Même si de nombreuses races sont extrêmement anciennes, la plupart se sont développées récemment, au 19ème siècle. Il s’agit des :

  • Mastins.
  • Chiens-loups.
  • Chiens de chasse, comme le Saluki ou le lévrier.
  • Chiens d’arrêt (pointeurs).
  • Bergers

La forme des oreilles de chien

Les premières races de chiens avaient des oreilles dressées et des museaux pointus ou en coin, semblables à celles des races nordiques d’aujourd’hui. Les oreilles de chien se présentent actuellement sous différentes formes : petites, longues, larges ou en forme de V.

Il y a cependant trois groupes principaux. Et certaines races illustrent chacune de ces trois formes d’oreilles. Ces groupes sont les suivants :

  1. Flexibles ou tombantes. Par exemple, comme le Dachshund.
  2. Dressées. Par exemple, le West Highland White, Terrier, Pinscher ou Yorkshire Terrier, Berger allemand ou Husky sibérien.
  3. Semi-dressées. Par exemple, le chien de berger colley ou le Shetland.

La génétique dicte-t-elle la forme des oreilles des chiens ?

Plusieurs études scientifiques ont identifié une région du chromosome 10 présentant des niveaux élevés de différenciation génétique entre les races de chiens. Cette région d’ADN semble être associée à la masse corporelle et à la forme des oreilles.

Selon ces études, cette région chromosomique contient des variantes génétiques qui affectent le type d’oreille et la masse corporelle. Les experts ont donc suggéré que de petites mutations sont responsables de ces traits.

Une récente étude a analysé un catalogue de génomes canins de 1417 chiens correspondant à 193 races et 9 canidés sauvages. Cette étude a étudié les gènes qui déterminent la forme et la taille des oreilles canines.

Les auteurs ont fait la distinction entre les races à oreilles dressées (101 chiens) et celles à oreilles tombantes (113 chiens). Ils ont identifié une association significative entre la présence d’un gène spécifique (avec une fonction de régulation par rapport à d’autres gènes) et la morphologie des oreilles tombantes.

Ils ont également pu identifier une association entre l’expression de deux gènes spécifiques et la forme de grandes oreilles rondes (par exemple, les races SpanielBeagle et Corgi). Ces gènes ne se détectent pas chez les chiens avec des oreilles triangulaires de taille standard (comme l’Eurasier ou le Pinscher nain).

Un chien dos à la caméra.

En somme, il est possible de connaître les origines d’un chien en fonction de ses oreilles. La variabilité génétique qui se traduit par la forme des oreilles d’un chien n’est désormais plus un secret.

  • Wilkins, A. S., Wrangham, R. W., & Fitch, W. T. (2014). The “domestication syndrome” in mammals: a unified explanation based on neural crest cell behavior and genetics. Genetics, 197(3), 795-808; https://doi.org/10.1534/genetics.114.165423
  • Olivares, R., & Labra, P. (2006). Anatomía funcional del oído en perro y gato. TecnoVet, 12(3), ág-17. https://auroradechile.uchile.cl/index.php/RT/article/download/39053/40700
  • Carioto, L. (2016). Miller’s Anatomy of the Dog. The Canadian Veterinary Journal, 57(4), 381.
  • Webster, M. T., Kamgari, N., Perloski, M., Hoeppner, M. P., Axelsson, E., Hedhammar, Å., … & Lindblad-Toh, K. (2015). Linked genetic variants on chromosome 10 control ear morphology and body mass among dog breeds. BMC genomics, 16(1), 474. https://bmcgenomics.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12864-015-1702-2
  • Plassais, J., Kim, J., Davis, B. W., Karyadi, D. M., Hogan, A. N., Harris, A. C., … & Ostrander, E. A. (2019). Whole genome sequencing of canids reveals genomic regions under selection and variants influencing morphology. Nature communications, 10.