Trois conseils pour prévenir la leptospirose chez les animaux de compagnie

04 août, 2020
Parmi les nombreuses maladies que les animaux de compagnie peuvent transmettre à l'Homme, la leptospirose est l'une des plus répandues. Bien qu'elle ne pose pas de problèmes graves, il est important de travailler à sa prévention.

Lorsque nous allons chez notre vétérinaire pour mettre à jour les vaccinations de routine de nos animaux de compagnie, nous entendons forcément parler de la leptospirose. Cette maladie a un potentiel zoonotique. C’est-à-dire qui peut se transmettre à l’Homme. Elle s’inclut donc dans tous les programmes de vaccination.

Ce n’est pas pour rien, car on la considère comme l’une des zoonoses les plus étendues au niveau mondial. Ensuite, nous allons commenter quelques conseils pour prévenir la leptospirose chez les animaux de compagnie.

La leptospirose et l’environnement

Afin de prévenir toute maladie, il est essentiel de connaître sa relation avec l’environnement. Si nous ne savons pas comment l’agent causal se développe dans l’environnement, il sera difficile de travailler efficacement à sa prévention. Nous allons donc commenter brièvement la relation de cette bactérie avec l’environnement.

Les chiens peuvent contracter la leptospirose dans l'eau.

 

La leptospirose est une maladie causée par la bactérie appelée Leptospira spp. Dans ce genre, il existe plusieurs espèces pathogènes qui produisent la maladie.

En ce qui concerne les animaux de compagnie, elle peut toucher les chiens, les chats, les rats, les hérissons bien que dans ces derniers, elle ne fasse généralement pas partie du diagnostic différentiel de routine en raison de leurs habitudes de vie à la maison.

Elle se transmet par contact direct avec un animal infecté, ou indirectement par ses sécrétions :

  • Contact direct : contagion sexuelle, plus fréquente du mâle à la femelle par le biais du sperme. Egalement par le biais de fœtus infectés et de restes placentaires
  • Contact indirect : lorsqu’il y a exposition à la bactérie dans des environnements appropriés où elle a pu survivre. Si un animal infecté élimine la bactérie, il peut rester plus ou moins longtemps dans l’environnement avec une capacité infectieuse

Les caractéristiques environnementales favorables à la survie de la bactérie sont les suivantes :

  • Un climat chaud, entre 10 et 35 ºC, car elle ne tolère pas bien les températures extrêmes
  • Une autre condition environnementale indispensable est l’humidité. Les bactéries ont besoin d’un environnement humide, avec des sources d’eau stagnante ou un terrain marécageux. Dans les eaux de circulation, leur survie et leur reproduction sont plus compromises
  • Un autre facteur logique est la densité de la population animale. Comme nous avons déjà vu qu’il s’agit d’une bactérie excrétée par des êtres vivants infectés, quelle que soit la quantité d’eau stagnante et chaude dont nous disposons, elle ne sera jamais contaminée par les leptospires tant qu’un animal malade n’aura pas uriné, par exemple, dans cette flaque

Conseils pour prévenir la leptospirose

Maintenant que nous avons compris un peu le fonctionnement de cette bactérie, il nous sera plus facile de comprendre les mécanismes qui interviennent dans sa prévention.

Vaccination

Bien sûr, et sans aucun doute, c’est la mesure principale et la plus efficace pour la prévention de cette maladie et de dizaines d’autres. Le vaccin contre la leptospirose canine, l’animal domestique le plus sensible, est inclus dans tous les protocoles de vaccination habituels.

Il existe certaines règles standardisées concernant le calendrier de vaccination. Mais chaque vétérinaire clinique a une certaine liberté de procéder selon ses propres critères. Toutefois, la vaccination devrait être au moins annuelle. En effet, le maintien de l’immunité post-vaccinale s’établit à environ 10 mois.

Chez les animaux à risque, tels que les chiens de chasse ou les chiens de troupeau, on recommande la vaccination au moins tous les 6 mois.

Cela est particulièrement important dans les régions tempérées et humides où les critères ci-dessus sont remplis. Si nous avons un lecteur qui nous suit depuis des zones désertiques, il ne devrait pas trop s’inquiéter de cette maladie.

Un chien d'eau près d'un lac.

 

Le contrôle dans les communautés

Il faut apporter une attention particulière aux zones où la densité d’animaux est forte. Ainsi, il s’agit entre autres des refuges, chenils, abris, résidences ou tout endroit où le nombre d’animaux est important dans un espace restreint.

Il est important de prendre des précautions extrêmes et de veiller à l’hygiène dans ces environnements. Le nettoyage doit être fréquent pour éviter que, dans le cas d’un animal malade, les bactéries excrétées par celui-ci ne restent dans l’environnement et n’infectent d’autres individus. L’utilisation de grilles et de terrains en pente peut être une mesure utile pour prévenir l’apparition de flaques et d’eau stagnante.

Bien entendu, il faut complètement isoler les animaux malades de leurs congénères. En raison de leur potentiel zoonotique, les animaux de compagnie infectés et leurs sécrétions (en particulier l’urine) doivent être manipulés avec beaucoup de précaution.

Lutte contre les rongeurs

Les rongeurs, tels que les rats et les souris, se sont avérés être un vecteur très important dans la transmission de la leptospirose. En raison de leur comportement curieux et insaisissable, ils sont capables de pénétrer dans presque tous les environnements. Notamment ceux où il y a un risque de contamination par l’urine.

C’est pourquoi il est intéressant de contrôler l’accès de ce type de rongeur aux zones où vivent nos animaux domestiques.

Comme nous l’avons vu, Leptospira est une bactérie qui peut se maintenir et se reproduire facilement dans de nombreuses zones géographiques. En raison de son potentiel zoonotique, il est particulièrement intéressant de travailler à sa prévention.