Corticostéroïdes chez le chien : indications et effets

Les corticostéroïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont les principaux médicaments administrés pour réduire l'inflammation. Chacun a son propre mécanisme d'action ; seul un vétérinaire peut évaluer celui qui convient le mieux à votre animal.
Corticostéroïdes chez le chien : indications et effets

Dernière mise à jour : 12 avril, 2022

L’administration de corticostéroïdes chez le chien est recommandée pour traiter diverses pathologies chroniques et certaines déficiences métaboliques. Cependant, l’efficacité cicatrisante de ces substances fait l’objet de nombreuses controverses. Et ce, en raison de ses effets secondaires sur l’organisme. Apprenez-en davantage ci-dessous.

Que sont les corticostéroïdes ?

Les corticostéroïdes appartiennent au groupe d’hormones appelées stéroïdes. Le corps de l’homme et du chien libère naturellement des doses modérées de certains corticostéroïdes, comme le cortisol (hydrocortisone) et la corticostérone. Ces hormones sont produites dans le cortex des glandes surrénales, d’où leur nom.

La fonction organique des corticostéroïdes est associée au contrôle des situations de stress ou d’anxiété. Deux petites doses sont sécrétées dans la circulation sanguine, générant ainsi une réponse rapide.

Cependant, leur utilisation pharmacologique est due à leur puissante action anti-inflammatoire. Les corticostéroïdes empêchent l’accumulation de cellules inflammatoires dans les zones touchées, inversant ainsi les symptômes.

Chien chez le vétérinaire.

Dans quelles maladies les corticostéroïdes sont-ils administrés ?

Les corticostéroïdes peuvent être prescrits par voie orale (pilules), par application topique (onguents et crèmes), sous forme d’inhalations et d’injections. La forme d’application doit être celle recommandée par le vétérinaire et dépendra de la maladie à traiter.

L’administration aura pour but de contenir le processus inflammatoire et de soulager les symptômes aigus générés par les maladies suivantes :

  • Allergies et inflammations dermatologiques
  • Troubles métaboliques, tels que l’insuffisance corticosurrénalienne
  • Maladies rhumatismales
  • Allergies et pathologies respiratoires
  • Conjonctivite allergique
  • Syndrome néphrotique (rein)
  • Maladies auto-immunes, telles que la maladie d’Addison et la maladie de Crohn
  • Greffes d’organes
  • Tendinites et lésions musculaires inflammatoires
  • Traitement palliatif des tumeurs malignes

Pourquoi l’administration de corticostéroïdes chez le chien suscite-t-elle la polémique ?

Les corticostéroïdes ne sont pas capables de traiter la véritable cause de l’inflammation. En d’autres termes, leur effet est palliatif, ils ne soulagent donc que temporairement les symptômes.

Comme ils n’établissent pas de critères pour leur action, ils inhibent la fonction immunitaire des lymphocytes et des macrophages dans les zones enflammées. Par conséquent, ils ont généralement des effets immunosuppresseurs qui nuisent à l’organisme et laissent l’animal vulnérable à d’autres conditions.

Ils peuvent d’ailleurs avoir l’effet inverse de celui recherché, puisqu’ils empêchent même la dilatation des vaisseaux sanguins et la libération d’enzymes, qui sont précisément cruciales pour la médiation naturelle de l’inflammation.

Les effets secondaires bénins des corticostéroïdes chez le chien

A doses modérées dans le cadre de traitements courts, les corticosteroïdes peuvent générer les réactions suivantes :

  • Augmentation de la soif et de l’appétit
  • Surpoids
  • Accumulation de liquides et gonflement dans différentes zones du corps
  • Altérations du comportement : anxiété, troubles du sommeil, entre autres
  • Tachycardie et irrégularités du rythme cardiaque
  • Sautes d’humeur
  • Guérison lente

Les effets secondaires chroniques des corticostéroïdes chez le chien

Des effets secondaires graves ont également été signalés lors de l’administration à long terme de corticostéroïdes chez le chien. Ces dégâts peuvent devenir chroniques. Cela affectera l’animal tout au long de sa vie, car il nécessitera un traitement permanent.

Les corticostéroïdes réduisent la production et la libération de mucus gastrique, c’est pourquoi ils éliminent la principale couche protectrice des parois de l’estomac. D’autre part, ils augmentent la sécrétion d’acide chlorhydrique, ce qui favorise l’apparition de gastrites et d’ulcères.

De nombreux animaux de compagnie ont développé des problèmes de fixation du calcium, ce qui signifie que leurs os sont plus vulnérables aux maladies dégénératives, telles que la dysplasie et l’arthrose. Ils sont également plus sujets aux fractures et aux traumatismes, en raison de l’usure de leur masse osseuse.

De plus, différentes altérations métaboliques ont été retrouvées chez des animaux soumis à de fortes doses de corticostéroïdes. Parmi elles, figurent les déséquilibres dans les niveaux de vitamines et de minéraux et dans la production hormonale.

Les corticostéroïdes interfèrent également avec le métabolisme des glucides ingérés quotidiennement dans l’alimentation. En conséquence, le chien peut souffrir d’hyperglycémie et développer un diabète.

Chien dalmatien allongé sur le canapé.

Les autres effets secondaires de la corticothérapie

  • Œdème généralisé résultant d’une accumulation excessive de liquides dans la cavité abdominale.
  • Usure des structures cardiaques et risque accru d’infarctus du myocarde.
  • Augmentation de la pression dans le globe oculaire, ce qui favorise le développement de cataractes et de glaucome.
  • Tableaux cliniques sévères d’immunosuppression.
  • Hypertension artérielle.

Les contre-indications

L’administration de corticostéroïdes chez les chiens atteints de gastrite (ou d’ulcère), de diabète, de pathologies cardiaques et d’infections est contre-indiquée. La raison en est que les effets immunosuppresseurs pourraient tuer l’animal.

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