Septicémie néonatale chez le cheval : symptômes et traitement

La septicémie néonatale peut entraîner la mort d'un poulain quelques jours après sa naissance. Apprenez-en plus ici sur cette infection.
Septicémie néonatale chez le cheval : symptômes et traitement

Dernière mise à jour : 07 novembre, 2021

L’accouchement est une période difficile pour les mères comme pour les petits. Les complications qui peuvent survenir sont nombreuses. Nous nous intéressons ici à la septicémie néonatale chez les chevaux, qui est souvent fatale pour le poulain dans un court laps de temps après sa naissance.

Il est essentiel pour un poulain de recevoir les défenses de sa mère par le colostrum, afin qu’il ne tombe pas malade une fois venu au monde. Cependant, de nombreux facteurs sont susceptibles de provoquer cette maladie. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus sur la septicémie néonatale chez les chevaux.

Qu’est-ce que la septicémie néonatale ?

La septicémie néonatale est une maladie causée par la présence de bactéries dans le sang du poulain nouveau-né. Ces bactéries se propagent dans tout le corps à travers les voies circulatoires, causant des dommages aux poumons, aux articulations, aux reins, au système digestif et au système nerveux.

La septicémie néonatale est la principale cause de mortalité et de morbidité chez les chevaux au cours de leurs sept premiers jours de vie.

La bactérie la plus couramment identifiée chez les poulains atteints de la maladie est Escherichia coli. Parmi les autres agents couramment trouvés dans le sang des animaux infectés figurent les espèces des genres Klebsiella, Enterobacter, Actinobacillus, Salmonella, Pseudomonas et Streptococcus.

Certaines de ces bactéries contiennent une toxine dans leurs parois cellulaires appelée endotoxine. Cette endotoxine stimule la libération de cytokines dans le corps, provoquant fièvre, anorexie et léthargie chez l’animal infecté.

Une jument avec son poulain à la naissance.

Les causes de la maladie

Le principal facteur de risque de la septicémie néonatale est que le poulain n’absorbe pas une quantité adéquate de colostrum maternel de bonne qualité. Ce premier lait que la mère produit contient un taux élevé d’anticorps, qui protégeront le poulain contre les agents pathogènes au cours des premiers jours de sa vie.

Cependant, ce n’est pas la seule raison pour laquelle un poulain peut contracter une infection grave entraînant une septicémie. Voici d’autres facteurs prédisposants :

  • Mauvaise hygiène environnementale. Si les installations de la jument et de son poulain ne sont pas correctement nettoyées, les bactéries vont proliférer.
  • Naissance prématurée du poulain.
  • Mauvaise santé de la mère.
  • Accouchement compliqué.
  • Présence de germes dans l’environnement contre lesquels la mère n’a pas de défenses. Elle n’est donc pas en mesure de transmettre des défenses au poulain par le colostrum.

Les symptômes apparaissent généralement dans les 12 heures suivant la naissance du poulain. Ils sont qui plus est très évidents.

Les symptômes

Le signe le plus visible est la grande faiblesse du poulain, car il n’a pas la force de se lever et il a des difficultés à rester en position stationnaire. Les autres symptômes typiques de cette condition sont les suivants :

  • Muqueuses pâles
  • Fièvre
  • Tremblements musculaires
  • Difficultés respiratoires
  • Diarrhée intense avec déshydratation conséquente
  • Symptômes spécifiques des organes touchés par la bactérie
  • Au bout de quelques heures, la mort

La maladie peut prendre une autre forme, aiguë mais plus lente, et qui offre donc une meilleure chance de survie du poulain. Les symptômes apparaissent plus tard (24-48 heures). Ce sont les suivants :

  • Muqueuses congestives
  • Fièvre
  • Difficulté à adhérer
  • Douleurs articulaires dans les extrémités
  • Diarrhée avec déshydratation subséquente
  • Si le poulain survit, il se retrouvera avec une arthrite septique sévère qui l’empêchera de se déplacer normalement.

Le diagnostic de la septicémie néonatale chez le cheval

Il est souvent difficile de diagnostiquer précocement cette maladie, car les signes sont variables et communs à d’autres maladies. Cependant, une hémoculture peut être réalisée pour identifier les agents pathogènes présents.

Grâce à une prise de sang, il est possible d’évaluer la quantité d’immunoglobulines G. Si ces défenses sont faibles, c’est le signe que le poulain n’a pas reçu suffisamment de colostrum. Un faible taux de globules rouges et d’hémoglobine, un faible taux de sucre dans le sang et un taux élevé d’urée sont d’autres valeurs représentatives observées en biochimie.

Un échantillon de liquide synovial peut aussi être prélevé. En cas d’infection, ce liquide sera purulent et contiendra un grand nombre de neutrophiles. Après confirmation de la septicémie, un examen physique complet de l’animal est nécessaire.

Le traitement

Le traitement général repose sur des antibiotiques à haute dose et à spectre élevé, compte tenu de l’urgence et de l’étendue de l’infection. Les transfusions de plasma sont également recommandées pour fournir au poulain des anticorps par voie intraveineuse.

Étant donné que le poulain est déshydraté et a un faible taux de sucre, il doit recevoir un sérum de glucose par voie intraveineuse ou orale qui l’aidera à récupérer. Il peut ne pas être en mesure de se nourrir à ce moment-là, il faut donc lui donner du lait de jument en petites quantités et très régulièrement.

Il peut être nécessaire d’utiliser une sonde nasogastrique si le poulain ne tète pas le biberon. Si tel est le cas, vous ne devez jamais utiliser de seringue, car cela favorise l’étouffement.

En cas d’arthrite infectieuse, il sera nécessaire de laver les articulations avec des liquides stériles. Lorsque les symptômes sont respiratoires, une ventilation artificielle ou de l’oxygène est également fournie.

L’environnement du poulain doit être aussi aseptique que possible. De plus, il est conseillé de tapisser le sol car l’animal passera la plupart du temps allongé. Cela permettra de prévenir l’apparition d’escarres.

Une jument et son poulain.

Le pronostic de cette maladie oscille entre réservé et sévère. Le rétablissement dépend de la gravité de l’infection et des organes touchés.

Si le poulain est admis dans un hôpital vétérinaire, les chances de survie augmentent, mais celles-ci ne vont généralement pas au-delà de 75 %. Si le traitement est efficace et que les soins intensifs ultérieurs sont rigoureusement effectués, le poulain deviendra un adulte en bonne santé.



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