La dyspnée chez les animaux domestiques

17 janvier, 2021
La dyspnée est une urgence respiratoire. Nous vous disons ici tout ce qu'il faut savoir sur ce problème de santé.

La dyspnée est un trouble respiratoire qui implique un manque d’airIl en résulte une sensation de mal-être en raison d’une mauvaise respiration. Elle peut toutefois résulter également d’une concentration insuffisante d’oxygène dans le sang ou d’une concentration excessive de dioxyde de carbone.

En tout état de cause, la dyspnée chez les animaux domestiques est un problème grave qui doit être traité comme une urgence respiratoire. Il est donc essentiel de reconnaître immédiatement les symptômes. L’observation de l’animal et l’examen physique du système respiratoire sont, en salle d’urgence, les outils les plus utiles pour la diagnostiquer.

La nécessité d’observer les schémas respiratoires

Les animaux souffrant de dyspnée présentent un accroissement de la fréquence et de l’effort respiratoires. Cela résulte de l’implication soudaine des muscles respiratoires secondaires, tels que les muscles du cou ou de l’abdomen.

La respiration devient alors un processus actif plutôt que passif, même s’il est vrai que cet effort respiratoire n’implique pas toujours une dyspnée. La respiration paradoxale implique en revanche une dyspnée. Il en est ainsi car une perte de synchronisation entre les mouvements respiratoires thoraco-abdominaux se produit.

Un chien chez le vétérinaire.

Comment reconnaître un animal atteint de dyspnée ?

L’un des signes les plus évidents est l’adaptation de la posture de l’animal pour tenter de faciliter la circulation de l’air. Par exemple :

  • Respirer par la bouche.
  • Étirer le cou et lever la tête pour redresser la trachée.
  • Adopter une position orthopnéique, c’est-à-dire « qui corrige la respiration ».

Aux deux signes précédents s’ajoute la préférence de l’animal pour rester debout et d’ouvrir les coudes afin de minimiser la compression du thorax. Toute restriction artificielle qui limite ces adaptations posturales peut aggraver la dyspnée et conduire à une décompensation.

Deuxième étape : l’examen physique

L’une des premières choses à vérifier chez un animal souffrant de trouble respiratoire est la couleur des muqueuses. La cyanose peut fournir des informations importantes sur le dysfonctionnement du système respiratoire.

Elle n’existe néanmoins que chez les patients les plus graves. Il convient donc de ne pas se laisser emporter par une fausse sensation de sécurité lorsque la couleur de la muqueuse reste rose.

La prochaine chose à faire sera d’examiner en profondeur le système respiratoire et cardiovasculaire de l’animal. L’auscultation de la poitrine et de la trachée peut montrer la présence de sifflements, de craquements ou d’autres sons anormaux :

  • Les sifflements. Nous les connaissons également sous le nom de respiration sifflante. Ils sont associés au rétrécissement des voies respiratoires.
    • Il conviendra de suspecter une pathologie des voies respiratoires supérieures s’ils surviennent pendant l’inspiration. Ils sont en revanche généralement dus à des problèmes des voies respiratoires inférieures s’ils surviennent pendant l’expiration.
  • Les craquements ou les crépitements. Ils signalent souvent la présence de liquide dans les voies respiratoires. Ils sont causés par des bulles d’air dans le fluide.
  • Si les sons pulmonaires ou cardiaques sonnent étouffés ou ne s’écoutent pas, il est convient d’envisager un problème d’espace pleural.

Pourquoi convient-il également d’évaluer le système cardiovasculaire ? Parce qu’il peut être à l’origine d’une détresse respiratoire, comme cela se produit avec les insuffisances cardiaques congestives.

Comment stabiliser l’animal ?

La première réaction devrait inclure une augmentation de l’oxygène inspiré, même lors de l’examen physique. L’animal devrait idéalement se reposer brièvement dans un environnement enrichi en oxygène avant de poursuivre la manipulation.

Cela est particulièrement important pour les chats, car cela leur permet de se calmer après le transport à la clinique. L’examen approfondi ne se déroulera en réalité que dans la mesure où il n’exacerbe pas la détresse de l’animal et, par conséquent, la dyspnée.

L’oxygénothérapie, la clé du traitement de la dyspnée

L’oxygénothérapie peut se réaliser de plusieurs manières. Ce sont les suivantes :

  • À travers un masque, chez un animal en position allongée pouvant le tolérer.
  • Via un tube à oxygène. Il faut alors le placer près des narines ou de la bouche de l’animal. L’effet est similaire, mais cela est beaucoup moins stressant pour l’animal.
  • Via une cage à oxygène. L’inconvénient d’isoler le patient est que cela empêche de poursuivre de l’examen. La médecine vétérinaire tend à profiter de l’utilisation d’incubateurs donnés par la pédiatrie humaine.
  • Via des embouts d’oxygène nasaux pendant une période plus longue. Ils fonctionnent bien chez les races de grandes tailles, mais causent des problèmes chez les races brachycéphales.

Il existe de nombreuses autres techniques qui cherchent à s’adapter à la situation spécifique ou même à l’espèce. Par exemple, l’utilisation d’un collier élisabéthain avec l’appareil à oxygène, créant une sorte de chambre exclusive pour le patient.

Un chien qui respire à travers un respirateur.

L’oxygénothérapie à long terme doit être humide pour éviter le dessèchement des voies respiratoires. Il existe des unités spécialement conçues qui chauffent et humidifient l’air inspiré.

Il convient enfin d’être prudent, car il existe ce que nous appelons la toxicité de l’oxygène. Des lésions pulmonaires se produisent si des concentrations élevées sont administrées pendant plus de douze heures.