4 menaces pour les narvals

Ces cétacés se retrouvent dans de nombreuses légendes. À l'heure actuelle, les menaces qui pèsent sur les narvals se multiplient.
4 menaces pour les narvals

Dernière mise à jour : 26 juin, 2021

Les baleines sont la mémoire vivante de la préhistoire, époque pendant laquelle les géants marchaient sur la terre et nageaient dans les océans. Maintenant, l’existence de beaucoup d’entre elles est en danger. Les menaces qui pèsent sur les narvals prédisent une catastrophe non seulement au niveau de l’espèce, mais aussi au niveau mondial.

Les narvals, qui terrorisaient au XVIe siècle les navires partant en expédition dans l’Arctique, sont aujourd’hui victimes de leur grande spécialisation et du changement climatique. Nous allons connaître cette situation un peu plus en profondeur.

Les caractéristiques des narvals

Le narval ( Monodon monoceros) est un cétacé odontocète — c’est-à-dire avec des dents — de la famille des Monodontidae, qui ne comprend qu’eux et les bélugas ( Delphinapterus leucas). Il habite les eaux de l’Arctique et de l’Atlantique Nord et pèse entre 1 et 1,5 tonne.

La caractéristique la plus frappante de cette espèce est la longue défense hélicoïdale des mâles, qui peut mesurer jusqu’à 2 mètres de long. Sans cette extension de son corps, sa longueur corporelle oscille autour de 4,5 mètres. On suppose que son utilité est de guider les ultrasons de l’ écholocation.

Au début, on pensait que la défense des narvals servait à faire des trous dans les épaisses calottes glaciaires de l’Arctique, mais d’autres hypothèses ne sont pas exclues, comme par exemple celle selon laquelle cette défense sert à impressionner les femelles. Sans aucun doute, nous avons encore beaucoup à apprendre sur ce mammifère aquatique.

Les narvals se nourrissent de poissons et de crustacés des fonds marins, où ils plongent pendant une demi-heure maximum et à une profondeur de 800 mètres. Les espèces qu’ils consomment sont de choix : cabillaud, hareng, flétan, plie et saumon. Les spécimens se rendent généralement sur les côtes en hiver, et partent en mer pendant l’été.

Ce sont des animaux grégaires qui vivent en groupes composés de 5 à 10 individus. Mais en été, des centaines d’entre eux peuvent se rassembler. Ils présentent une grande variété de vocalisations, y compris des clics d’écholocation et différents sifflements qu’ils modulent pour se reconnaître.

Lorsque les narvals s’approchent d’un lieu d’intérêt, ils le communiquent à leurs pairs, tel un capteur de proximité d’une voiture. Ils augmentent la fréquence des clics, jusqu’à ce que cela devienne presque un sifflement continu.

Les épaulards sont-ils une menace pour les narvals ?

Les orques ou épaulards (Orcinus orca) sont les cétacés les plus répandus dans les océans du monde. Toutefois, ils n’ont pas trop envahi l’Arctique, car sous les épaisses couches de glace, ils pourraient se perdre, se noyer ou encore perdre leur nageoire dorsale.

Avec le dégel causé par le changement climatique, ils ont vu une opportunité de rechercher de nouvelles proies. Une nouvelle étude a révélé qu’une population de 136 à 190 épaulards passait les mois d’été les plus chauds dans la région nord de l’île de Baffin, au Canada. Entre 2009 et 2018, les orques se sont nourries de jusqu’à 1 504 narvals chaque saison.

Ces prédateurs, parce qu’ils chassent en coopération, sont capables de tuer des animaux aussi gros que des narvals. À l’heure actuelle, ces cétacés ne comptent pas parmi les menaces auxquelles font face les narvals, du moins à court terme. Les experts appellent à la surveillance. À mesure que le dégel progresse, les épaulards pourraient se déplacer de plus en plus au nord.

Les menaces dues au réchauffement climatique

Pratiquement tout le monde sait que l’Arctique est en train de dégeler. Cependant, les conséquences de cela sont si nombreuses et opèrent à tellement de niveaux qu’il est difficile de les concevoir au premier abord. Voici quelques-unes d’entre elles :

  • L’Arctique, en tant que tel, pourrait disparaître. Contrairement à l’Antarctique, qui a une superficie terrestre, l’Arctique est un gigantesque morceau de glace flottant dans la mer.
  • Le dégel produit une élévation progressive du niveau de la mer, qui menace de réduire drastiquement la surface des continents.
  • Le changement de température dans l’océan modifie les courants marins et atmosphériques. Cela se traduit par des événements météorologiques anormaux à travers la planète.
  • L’émission de gaz à effet de serre s’accumule dans le pergélisol.
  • La maladie du charbon est réapparue : le dégel d’une carcasse de renne en 2016 a entraîné la réapparition de la maladie du charbon.
  • Un climat plus chaud a des implications à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. Les premières touchées seront les algues qui vivent sous la banquise et forment la base du réseau trophique des espèces qui habitent l’Arctique.

Les narvals sont fortement affectés par ces changements, car leur capacité d’adaptation est limitée – ils sont très spécialisés dans leur habitat. Dans les lignes suivantes, découvrez comment le changement climatique affecte leur vie.

1. La perte d’habitat est l’une des plus grandes menaces pour les narvals

Moins il y a de glace, moins la surface habitable est grande pour ces mammifères. Leurs incursions sous la calotte glaciaire dense semblent être la stratégie pour fuir les prédateurs et les menaces humaines, de sorte qu’ils y sont de plus en plus exposés.

2. L’activité humaine

Le retrait de la calotte glaciaire a mis à nu les champs pétrolifères, ce qui a attiré des prospecteurs et des entrepreneurs. D’autre part, l’industrie de la pêche pénètre de plus en plus dans le territoire des narvals et d’autres animaux marins, altérant les eaux et les privant de leur nourriture.

Aussi, le bruit du sonar des bateaux interfère avec l’écholocation des cétacés de la zone. Et enfin, de nombreux narvals se retrouvent coincés dans les filets de pêche ou meurent lorsqu’ils entrent en collision avec les hélices des bateaux.

3. Les changements dans la calotte glaciaire

Les changements de température modifient la configuration de la surface de la glace. Les narvals localisent généralement les zones où ils peuvent remonter à la surface pour respirer mais, face à ces altérations, de plus en plus de cas de ces cétacés se sont retrouvés piégés sous une couche de glace qui n’était pas là auparavant, et ont fini par se noyer.

Un narval sur fond noir.

Comme vous pouvez le constater, les menaces qui pèsent sur les narvals, et qui touchent également d’autres cétacés, sont l’une des grandes préoccupations des organisations environnementales, ainsi que d’une grande partie de la population humaine. Nous, les humains, subissons également les conséquences du dégel.

Des chutes de neige, des sécheresses, des incendies qui durent des mois… Tout cela est inhabituel. Résoudre le problème du changement climatique devient une simple question de survie.

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