A la recherche des chiens perdus suite à l'explosion de Beyrouth

22 avril, 2021
Malgré la terreur et le chaos, Leia a continué de chercher ses animaux de compagnie suite à la terrible explosion de Beyrouth.

Les explosions dévastatrices qui ont eu lieu à Beyrouth en août 2020 ont laissé en un clin d’œil quelque 300 000 personnes sans abri. De nombreuses familles ont perdu leurs proches, mais cette catastrophe a également affecté leurs animaux de compagnie. Découvrez ici l’incroyable histoire de Leia et de ses chiens perdus.

Après la catastrophe et les premières minutes de confusion, tous les voisins ont essayé de s’entraider. Au milieu d’un chaos de verre brisé, de sang, de fumée et de désespoir, la communauté s’est réunie pour se réfugier dans ce qu’elle pensait au début être une guerre comme celle de 2006.

Personne n’a songé à abandonner ses animaux de compagnie. Mais à l’instar des humains, ces derniers avaient également peur et étaient désorientés. Découvrez avec nous cette histoire d’efforts et de dépassement de soi qui montre que l’amour d’un maître pour son chien ne connaît pas de limites.

Quelques instants après l’explosion et les premières pensées de Leia

Personne n’imaginait ce que stockait le port de Beyrouth. Selon le gouvernement libanais, 2 750 tonnes de nitrite d’ammonium sont à l’origine de l’explosion. Ce composé s’utilise souvent comme engrais, mais aussi pour créer des bombes.

L’arsenal a été saisi sur un navire russe en 2014 et stocké dans le port de Beyrouth. Bien que de hauts fonctionnaires des douanes aient tenté d’en extraire le nitrate et de le donner à l’armée libanaise, ils n’ont jamais obtenu une autorisation.

Des travaux de soudure dans l’entrepôt attenant ont malheureusement déclenché un incendie qui s’est soldé par une terrible explosion. Il en résulte 135 victimes tuées sur le coup, 5 000 disparus et 300 000 personnes déplacées. C’est dans ce dernier groupe qu’entre l’histoire de Leia et de ses chiens perdus.

Selon Leia, une lumière blanche est apparue dans un coin de sa chambre, alors qu’elle ne pouvait voir que du verre brisé et du bois éclaté. Sa première pensée a été pour sa famille.

Non pas sa famille biologique qui se trouvait en sécurité loin de Beyrouth, mais sa famille adoptive. Leia a ainsi songé à ses compagnons à fourrure qu’elle avait adopté les années précédentes.

Quelqu’un est apparu devant ce qui était autrefois sa porte pour lui dire que ses chiens allaient bien. Avec sa colocataire Lizzie, elle se dirigea donc vers la sortie à travers une mer de débris.

Un chien avec son maître.

Où se trouvent les chiens perdus dans l’explosion de Beyrouth ?

Craignant une nouvelle explosion, empreinte du souvenir de la guerre du Liban de 2006, Leia et ses voisins se sont réfugiés sous un escalier. À sa grande surprise, s’y trouvait Fred, son chien le plus âgé. Mais le chiot Bunduq, que Leia avait recueilli après que sa première famille l’abandonne par peur du COVID-19, n’était pas là.

Fred ne s’est pas séparé de sa maîtresse les jours suivants. Il a défendu les ruines de ce qui fut sa maison pendant qu’ils attendaient que Bunduq trouve le chemin du retour.

Ses chiens apportent à Leia un sentiment de stabilité dans la vie.Ils font partie de sa maison, de la famille qu’elle a choisi. Comme elle le dit : “Je n’ai pas choisi mon animal de compagnie, il m’a choisi.”

Un mouvement social pour retrouver les chiens perdus

Comme Fred et Bunduq, de nombreux chiens se sont perdus après les explosions de Beyrouth. Tous les chiens ont été progressivement retrouvés par le biais d’un groupe WhatsApp auquel participait Leia, appelé « maman chien », et à travers les réseaux sociaux.

Leia ne pouvait malheureusement pas sortir à la recherche de Bunduq, car elle a dû rester plusieurs jours à l’hôpital en raison de graves coupures aux pieds. Elle n’a toutefois pas cessé de publier des informations sur la disparition de son chien. Elle a également prié qu’il sache retrouver le chemin du retour.

Par ailleurs, ses amis n’ont pas arrêté de chercher de Bunduq dans les rues. Ils ont accroché des affiches et interrogé les voisins. Un organisme de bienfaisance local qui aide les animaux sans abri a lancé un appel pour retrouver le chien. Malheureusement, aucun signe de lui.

Enfin, un signe de Bunduq

Les jours ont passé et Leia commençait à perdre espoir. Son chien disparu avait pu être écrasé par une voiture ou souffrir de terribles blessures à la suite de l’explosion l’empêchant de rentrer à la maison.

Un jour, alors que Leia écrivait un blog sur la brigade canine qui recherche de personnes dans les décombres, l’écran de son téléphone portable s’est allumé. Le message suivant est apparu :  “Vous avez perdu un chien ? Je pense que je l’ai trouvé. “

La personne avait trouvé Bunduq à Beyrouth après l’explosion et l’avait emmené à Tripoli, à plus de 50 kilomètres de là. Son sauveteur avait tout perdu dans les explosions et avait dû se déplacer. Il n’allait toutefois pas laisser seul un pauvre chiot effrayé. Sans réfléchir, il l’a embarqué dans sa voiture.

Autre problème : comment parvenir jusqu’à lui ?

Leia n’avait pas de voiture pour se déplacer. Elle a également dû subir plusieurs chirurgies pour soigner tous les tendons sectionnés de ses pieds. À sa grande surprise, une association appelée “Les amoureux des animaux du Liban” a élaboré un plan pour ramener Bunduq. 

C’est ainsi qu’à deux heures du matin, ce même jour, le chiot était de retour sur les genoux de Leia. Des histoires comme celle-ci, où des êtres humains travaillent ensemble ramener un être perdu auprès de sa famille, redonnent espoir en l’espèce humaine.

Un chien errant.

Malgré tout, nous ne pouvons pas oublier que Beyrouth est toujours en ruines. De nombreuses personnes ont été déplacées vers les montagnes ou dans d’autres villes. Le réseau de santé n’est toujours pas à 100 % opérationnel, mais les habitants continuent néanmoins à s’entraider.