5 animaux qui font semblant d'être morts

11 avril, 2021
La thanatose est un mécanisme de défense qui consiste en la modification du comportement de l'espèce pour augmenter la probabilité de sa survie.

Tels des acteurs de théâtre, certains animaux prétendent être morts pour échapper à leurs prédateurs. Ces comportements ne fonctionnent pas toujours, mais certains êtres vivants y ont souvent recours lorsqu’ils ont littéralement épuisé toutes les options d’évasion possibles.

Cette action qui consiste à rester immobile en vue de paraître mort est appelée thanatose. Cette méthode est efficace dans de nombreux contextes, car les prédateurs sont attirés par les aliments frais et vivants. Ainsi, lorsqu’ils voient leurs proies « raides », ils n’y touchent pas. Si vous avez été intéressé par cette prémisse, lisez donc la suite.

Des animaux qui prétendent être morts

Certains de ces animaux sont tellement attachés à leur rôle qu’ils vont au-delà de la simple immobilité pour simuler leur mort. Certaines espèces ont également réussi à imiter l ‘« odeur » de pourriture, ce qui leur donne plus de crédibilité.

Les propriétés organoleptiques désagréables avertissent le prédateur d’éventuelles maladies et infections. Grâce à leur performance fantastique, les animaux qui prétendent être morts parviennent à garantir leur survie. Dans les lignes suivantes, nous vous présentons cinq exemples de thanatose dans le règne animal.

1. Sortez tout ce que vous avez à l’intérieur (Didelphis virginiana)

En plus de rester immobile, certains animaux font faire preuve d’encore plus d’ingéniosité afin d’éviter la mort par prédation. Les opossums (Didelphis virginiana), en plus de rester immobile, éloignent leurs prédateurs en générant une odeur fétide.

Ces petits mammifères urinent et défèquent au moment où ils font le mort, augmentant ainsi leurs chances de survie. À l’exception des charognards, pour les autres animaux une odeur nauséabonde n’est jamais un signe attrayant.

Les opossums font semblant d'être morts.

2. Petites et dramatiques (Leptopelis rufus )

En dépit d’être si petites, ces grenouilles sont complètement engagées dans le spectacle. En comparaison avec les opossums, ces amphibiens ont tendance à tirer la langue et à ouvrir la bouche pendant leur représentation.

Mais ce n’est pas tout. Elles ont une glande de laquelle se dégage une odeur similaire à celle d’un corps en décomposition.

L'œil d'un crapaud.

3. Les contorsionnistes font semblant d’être morts (Holotrochus hispanicus)

Les grenouilles contorsionnistes sont connues pour être capables de plier excessivement leur corps. Elles parviennent même à rentrer dans une boîte. Ces coléoptères se replient sur elles-mêmes afin que leurs extrémités ne soient pas visibles.

Qu’obtiennent-elles en faisant cela ? Au niveau évolutif, l’explication est simple : si les extrémités ne sont pas visibles, ces grenouilles peuvent être confondues avec une pierre. Elles parviennent ainsi à compliquer la recherche de son prédateur.

Elles réalisent cet exploit en contorsionnant leur corps. Elles conservent la forme ovale de leur corps et cachent leurs pattes, passant ainsi inaperçues.

4. Une couleuvre (Natrix natrix)

Le talent est partout, il suffit de savoir le chercher. Cette couleuvre, en plus d’être une excellente nageuse, est également douée pour jouer la comédie. Ce serpent a la capacité de faire semblant d’être mort. Et ce de manière étonnante.

Au moment de sa représentation, cette couleuvre se retourne, ouvre la bouche et laisse sa langue pendre. De plus, elle sécrète une odeur nauséabonde grâce à la défécation au cours du processus.

Comme si cela ne suffisait pas, elle a également recours à ses yeux. Elle déplace ses pupilles vers les bords inférieurs, ce qui donne encore plus de crédibilité à la représentation.

Un des animaux prétendant être morts.

5. Des poissons qui savent faire semblant d’être morts (Nimbochromis livingstonii)

Si vous vous attendiez à ce que tout se passe sur terre, vous serez surpris de savoir qu’il y a aussi des acteurs fantastiques dans l’eau. Ce poisson cichlidé est très spécial, car la thanatose est être utilisée à des fins agressives : il s’agit d’un moyen d’attaque et non de défense.

Ce poisson est un prédateur qui feint sa mort en cessant de nager et en s’enfonçant lentement vers le fond. Il parvient ainsi à attirer l’attention d’autres charognards qui essaient de le manger, auquel cas il en profite pour les chasser.

Un autre des animaux qui prétendent être morts.

Les mécanismes de défense des espèces s’adaptent à l’environnement dans lequel elles vivent, car elles recherchent toujours le meilleur moyen de se maintenir dans le temps, quel qu’en soit le prix.

Faire semblant de mourir est un comportement assez important, car il permet d’échapper à une mort certaine lorsque l’animal est acculé. Les animaux font tout pour se maintenir en vie, même si cela signifie devenir un artiste dramatique.

  • Rogers, S. M., & Simpson, S. J. (2014). Thanatosis. Current Biology24(21), R1031-R1033.
  • Aragón-Pech, R. A., Ruiz-Piña, H. A., Rodríguez-Vivas, R. I., Cuxim-Koyoc, A. D., & Reyes-Novelo, E. (2018). Prevalence, abundance and intensity of eggs and oocysts of gastrointestinal parasites in the opossum Didelphis virginiana Kerr, 1792 in Yucatan, Mexico. Helminthologia55(2), 119.
  • Humphreys, R. K. & Ruxton, G. D. (2018). A review of thanatosis (dearh feigning) as an anti-predator behaviour. Behavioral Ecology and Sociobiology, 72(2), 22.
  • Valdivieso, J. R. (2019). El viejo truco de “hacerse el muerto” en ranas. Revista de Biología Tropical, Blog-Blog.
  • Outerelo, R., Gamarra, P., Urbaneja, A., Castañera, P., & Monzó, C. (2010). Holotrochus hispanicus nov. sp.(Coleoptera, Staphylinidae, Osoriinae) de Valencia, España y su curioso fenómeno de tanatosis. Boletín de la Real Sociedad Española de Historia Natural.
  • Jelic, D. & Vilaj, I. (2011). Remarks on death feigning in Coronella austriaca (Laurenti, 1768), Natrix natrix (Laurenti, 1768) and Natrix tessellata (Laurenti, 1768). Hyla, 2: 31-33.
  • Tobler, M. (2005). Feigning death in the Central American cichlid Parachromis friedrichsthalii. Journal of Fish Biology, 66(3), 877–881. doi:10.1111/j.0022-1112.2005.00648.x