Insectes pollinisateurs et plantes : une symbiose ancestrale

14 septembre, 2020
Nous savons tous qu'il existe des insectes pollinisateurs, mais savez-vous comment est née cette relation symbiotique entre les plantes et ces animaux ?
 

A l’approche de la fin du printemps, les symptômes inconfortables des allergies dont souffrent de nombreuses personnes et animaux disparaissent. Comme nous le savons déjà, cette réaction du système immunitaire est due à l’entrée du pollen dans les voies respiratoires, déclenchant alors un cadre clinique gênant.Bien qu’elles soient parfois désagréables, ces petites particules sont utilisées par les insectes pollinisateurs de manière inconsciente afin de perpétuer les écosystèmes.

En effet, le processus de pollinisation est essentiel pour le fonctionnement du monde tel que nous le connaissons. Les plantes sont la base de la chaîne alimentaire et de la production d’oxygène sur Terre. La vie serait donc impossible sans elles. Nous vous parlons ici de cette symbiose ancestrale entre les insectes pollinisateurs et les plantes.

Qu’est-ce que la pollinisation ?

Tout d’abord, il est nécessaire de définir ce terme ; la pollinisation est le processus qui consiste à transférer le pollen des étamines jusqu’au stigmate, ou partie réceptive, d’une fleur à une autre. Cela entraîne ensuite une fécondation qui permet la formation du fruit.

Diverses méthodes existent pour polliniser :

  • Les plantes anémophiles sont celles qui utilisent le vent pour disperser le pollen dans l’environnement
  • Les plantes hydrophiles, en revanche, sont des plantes aquatiques qui utilisent l’eau comme méthode principale de dispersion
  • Enfin, il y a les plantes zoophiles qui utilisent un vecteur animal comme transmetteur du pollen
 

C’est ce dernier type de plantes qui nous intéresse aujourd’hui.

Une mouche sur une fleur : elle fait partie des insectes pollinisateurs.

Insectes pollinisateurs et plantes : une symbiose ancestrale

La relation entre les plantes et les animaux pollinisateurs est un exemple clair de co-évolution. En effet, les deux éléments se sont adaptés d’un point de vue évolutif pour maximiser les bénéfices de l’interaction. Mais comment est née cette symbiose ?

Nous vous présentons ci-dessous l’explication de plusieurs études recueillies dans cet article :

  • Dans les premiers stades d’évolution de la planète, les fossiles ont montré que les plantes étaient majoritairement anémophiles
  • Certains groupes d’insectes, lors de l’ère Triasique, ont commencé à passer d’un régime hématophage (consommer du sang) à un régime phytophage (autrement dit, se nourrir des parties vivantes des plantes). Effectivement, ces plantes étaient disponibles et bien plus faciles d’accès pour les insectes
  • Ce changement a entraîné un coup brutal pour les plantes puisque la pression exercée par les herbivores a rendu leur survie et leur reproduction difficiles
  • En réponse à ce bouleversement, les plantes ont commencé à produire des composants oléopathiques dérivés de substances secondaires pour repousser ou empoisonner leurs prédateurs
 
  • Malgré leur efficacité, ces composants étaient extrêmement énergivores pour les plantes. Ce qui réduisait leurs chances de rester dans l’environnement et de se reproduire

Il semblait donc que les plantes étaient dans une impasse sans issue. Quelle est la meilleure option : se protéger en dépensant une énergie qui diminue la survie ou ne pas se défendre et espérer ne pas être attaquées ? En fin de compte, la sélection naturelle a réponse à tout.

Si l’on ne peut pas vaincre l’ennemi, il faut se joindre à lui

Au fil des siècles, les plantes ont pris le chemin le plus cohérent de l’évolution. S’allier en quelque sorte avec leurs ennemis et en tirer profit.

Ainsi, la production de nectar a commencé. Ce dernier possède une triple fonction :

  • En raison de sa nature sucrée et parce qu’il est issu de structures attirantes comme les fleurs, il détourne complètement l’attention des petits êtres vivants autour des structures florales, laissant les feuilles et la tige, indispensables à la vie du végétal, en paix
  • Il offre une source de nourriture alternative et plus avantageuse pour les insectes car il nourrit davantage que les feuilles à des doses moindres
  • Enfin, bien qu’il s’agisse d’un coût énergétique, il apporte également un bienfait à la plante. En effet, si le nectar se trouve dans une zone entourée de pollen, la plante profite de la visite de l’insecte pour qu’il l’emporte avec lui sur la plante suivante afin que la reproduction ait lieu
 
Les guêpes sont des insectes pollinisateurs.

Insectes pollinisateurs et plantes : la force réside dans la coopération

Ce mécanisme évolutif est réellement passionnant car il démontre que, dans certains cas, la nature peut établir des relations de symbiose alors que seule la prédation existait auparavant.

De façon simplifiée, la plante offre une meilleure proposition aux insectes pollinisateurs : ne mangez pas mes feuilles et je vous procure quelque chose de plus nutritif encore.

Par conséquent, comme les deux êtres vivants ont été avantagés, ils ont évolué conjointement au fil du temps pour maximiser les bénéfices de cette relation.

 

 
  • Animales polinizadores: con el polen a cuestas, National gographic. Recogido a 2 de junio en https://www.nationalgeographic.com.es/naturaleza/grandes-reportajes/animales-polinizadores_4423/5.