Quels sont les défis futurs en matière de protection animale ?

17 avril, 2020
Les progrès des droits des animaux sont aujourd'hui indéniables, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Les politiques de protection des animaux de compagnie, mais aussi des autres animaux sauvages, sont vraiment la clé. Nous vous en disons un peu plus ici sur cette question, qui est toujours d'actualité.
 

Malgré les progrès réalisés, il est clair que nous avons encore un long chemin à parcourir pour parvenir à une société où prévalent le respect des animaux et une logique de production éthique et durable. Cependant, il est également indéniable que les lois et les politiques publiques en matière de protection animale ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies.

Il est évident que certains points critiques se détachent actuellement comme les grands défis de l’avenir en termes de bien-être animal, principalement si l’on tient compte du fait que la plupart des avancées ont été axées sur la protection des animaux de compagnie, en laissant de côté les animaux sauvages et ceux de l’industrie alimentaire.

Il est également vrai que chaque pays devra faire face à ses propres défis, en fonction de ses traditions, de ses lois et structures juridiques, de la culture transmise de génération en génération, de la logique de consommation, de l’éducation et de la condition socio-économique de ses habitants, entre autres variables. Un bon exemple est celui de la tauromachie en France et en Espagne.

La tauromachie et la protection animale
 

Nous allons maintenant examiner les principaux défis communs en matière de protection animale auxquels nos sociétés devront faire face dans les années à venir. Où va le mouvement animaliste et comment attendons-nous que nos représentants y répondent ?

L’avenir de la protection animale : au-delà des animaux de compagnie ?

Comme nous l’avons vu au début de cet article, l’un des grands défis de la protection animale à l’avenir sera de surmonter les mythes et les concepts sur le “rôle” de certaines espèces ; ces animaux sont à l’origine de nos sociétés et forment même l’identité culturelle de nombreux pays.

Traditionnellement, nous avons tendance à avoir plus d’empathie avec les animaux de compagnie, ceux qui ont une plus grande proximité émotionnelle avec les humains. Il est clair que certains animaux sont des sources de ressources pour notre société.

Cette différence de traitement est également perceptible dans le domaine juridique. En Espagne, par exemple, un projet de loi propose de créer un statut juridique spécial pour les animaux de compagnie afin qu’ils ne soient plus considérés légalement comme des “biens meubles” mais soient reconnus comme des êtres doués de sensibilité.

Néanmoins, dans ce même pays, des milliers d’animaux passent leur vie entière en cage dans des conditions déplorables et la chasse continue d’être considérée comme une activité de loisir réglementée. Cela montre que le concept de protection des animaux et les avancées dans la lutte contre les mauvais traitements se sont concentrés sur les animaux de compagnie.

 

En ce sens, surmonter l’idée que l’existence de certains animaux peut se résumer simplement à servir l’homme est un défi complexe mais urgent et nécessaire.

Si nous ne parvenons pas à cette évolution, il sera très difficile de progresser dans la protection de la faune et des animaux “de ferme”. Et il sera presque impossible de parvenir à un changement de statut juridique applicable à toutes les espèces.

Droit animalier et droits des animaux : des défis différents mais tout aussi importants

Lorsque nous parlons du droit animalier, nous ne voulons pas nécessairement dire la reconnaissance des droits des animaux. En d’autres termes, le fait que le droit des animaux soit reconnu comme une discipline au sein du droit et qu’il soit enseigné dans les universités n’implique pas directement que les animaux soient reconnus comme ayant des droits au niveau juridique.

Un lapin et un marteau de la justice représentant la protection animale

Ces aspects représentent également des défis majeurs dans le futur paysage de la protection animale. D’une part, nous devons promouvoir davantage l’enseignement du droit des animaux dans un plus grand nombre d’universités.

N’oublions pas que nous aurons besoin de professionnels qualifiés pour promouvoir la création de nouvelles lois qui rendent viables et optimisent les politiques publiques globales pour le bien-être des animaux au niveau de l’État. Et pourquoi ne pas défendre son inclusion dans le programme scolaire de base dans les écoles ?

 

Ce défi est lié à celui de faire progresser la reconnaissance des droits fondamentaux des animaux ; les experts en droit animalier peuvent faire une grande différence en faisant progresser le statut juridique des animaux. Cela est essentiel pour égaliser le traitement de tous les animaux, ce qui permet de dépasser la limitation aux animaux de compagnie.

Conclusion

Une analyse large et complète du bien-être animal est nécessaire, impliquant tous les aspects d’une société qui déterminent sa relation avec les animaux. Ce n’est que de cette manière que nous cesserons d’avoir des politiques et des controverses spécifiques, pour commencer à établir une base solide pour une société qui vit et produit de manière éthique et durable.

 

 
  • Proposición de Ley de modificación del Código Civil, la Ley Hipotecaria y la Ley de Enjuiciamiento Civil, sobre el régimen jurídico de los animales. 2017. Extraído de: http://www.congreso.es/public_oficiales/L12/CONG/BOCG/B/BOCG-12-B-167-1.PDF
  • Abogacía española. 2019. Retos en materia de protección animal. Extraído de: https://www.abogacia.es/2019/01/18/retos-en-materia-de-proteccion-animal/