Je t’aimerai quand même, même quand tu m’abandonneras

06 août, 2018
L’abandon des chiens est encore un fléau majeur, et au-delà de sa diminution, il semble que le nombre de chiens errants augmente chaque jour sans qu’il soit possible d’y remédier.
 

Nous avons toujours vu la question de l’abandon du point de vue humain : ceux qui les abandonnent, sans aucune charge de conscience ; ceux qui les aiment, remplis de tristesse et d’indignation. Mais pensent-ils que même si tu m’abandonnes, je t’aimerai quand même ?

Mais qu’en est-il du point de vue du chien ? Comment sera l’abandon ? Nous vous racontons une histoire touchante à la première personne du point de vue d’un chiot qui vous aidera à la comprendre. Il n’y a pas plus grande loyauté qu’un chien.

Merci pour ton amour, même si tu m’abandonnes

Un petit chien en laisse

Je me réveille toujours en premier dans cette maison, je ne sais même pas si c’est la lumière du jour, mais je ne veux plus dormir. C’est encore loin de mon père qui se réveille… Oups ! La porte s’ouvre, ils sont déjà habillés ! Ils vont m’emmener dans la rue maintenant ?

Ils partent avec les valises de la chambre, à quoi servent-elles ? On déménage encore ? C’est ma laisse ! Ils vont m’emmener dans la rue, je ne sais pas si je pourrais sauter plus haut, je veux que vous sachiez à quel point j’apprécie que vous me promeniez. Marcher avec mon père le matin est l’une des choses que je préfère. Je me souviens de chacune des promenades que nous avons faites.

 

Maman fait déjà ses valises dans la voiture, tu pars encore en vacances ? Je ne veux pas être laissé dans cet horrible hôtel canin où je n’ai pas été bien traité, je veux aller avec eux !

Papa aide à faire les valises et… attendez ! Il me met aussi dans la voiture ! Je pars en vacances ! Merci à mes bien-aimés propriétaires et amis pour tant d’amour, pour ne pas vouloir être séparé de moi même en vacances.

Soudain, la voiture s’arrête.

C’est une bonne chose parce que j’étais déjà d’humeur à faire pipi ! Je descends et je le fais, maman me caresse et papa me lance une balle. Ils pensaient même jouer avec moi sur la route ! Comment puis-je remercier tant d’amour ?

Je cours vers ma balle de toutes mes forces, je veux battre mon record pour qu’ils soient fiers de moi. Je l’attrape et quand je me retourne pour aller à la voiture… la voiture, où est la voiture ? Je suis désespérée, je cours partout, désespérée, essayant de le voir au loin… Maman, papa, où sont-ils ? Merci de m’avoir invitée à jouer et merci pour ton amour.

Mon amour pour toi va au-delà de la mort

Sans tête, sans très bien comprendre ce qui s’est passé (peut-être qu’ils ont oublié que j’étais encore là et qu’ils reviennent pour moi), je commence à marcher effrayé, il n’y a personne sur la route et les voitures deviennent folles. Où sont mes parents ? J’en ai besoin !

Bientôt un village en vue, les enfants m’ont approché, il semble que mes poils leur plaisent, une dame me jette un morceau de nourriture comme un chien errant, ou suis-je ? Je me sens sale, je ne sais pas depuis combien de temps je marche et j’apprécie vraiment que la dame me donne quelque chose à manger parce que je meurs de faim.

 

Pourquoi cet homme en noir court-il vers moi ? Je n’aime pas tes chaussures, elles sont trop grosses, je ferais mieux de courir. Qu’est-ce qu’ils m’ont jeté qui ne me laisse pas courir ? C’est une sorte de filet… Je savais qu’on ne pouvait pas faire confiance à ces chaussures. Comme cette voiture est froide ! Il n’y a pas de siège chaud et moelleux où je peux m’asseoir comme mes parents. Peut-être que l’homme en noir m’emmènera avec lui, peut-être qu’ils se connaissent.

Je ne pense pas que mes parents soient venus à ce lieu de vacances, c’est moche, il y a plein de cages et de tables froides et lumineuses. Ne me mettez pas dans cette cage ! Je ne peux pas courir, ni sauter, ni manger. A quelle heure tu m’emmènes faire un tour ?

Je me suis vite rendu compte que je ne sortirais pas de là, que mes parents ne reviendraient pas, que l’homme aux chaussures épouvantables ne m’emmènerait pas me promener. Parfois, il y a des gens qui viennent à ma cage, ils me font des câlins et me disent des choses gentilles, mais ils ne me rendent pas heureux.

Je veux juste rentrer chez moi… même si tu m’abandonnes

Un chien entouré de sa famille
 

Un jour, on m’a sorti de la cage, je me demandais encore s’ils auraient retrouvé mes parents ou s’ils étaient revenus pour moi, mais ils m’ont ramené à cette table froide et brillante pour faire une de ces inspections de routine.

Aujourd’hui, ils ont une aiguille, elle est trop grosse, je ferais mieux de ne pas résister parce que je ne peux pas m’en débarrasser. Pour d’autres, je me souviens que c’était une petite douleur qui a vite passé et ils disaient toujours que c’était pour mon bien. Mais celui-ci me rend très endormi, je veux dormir, je ferais mieux de m’allonger, car j’ai un peu le vertige…

Maintenant que je comprends tout…

Maintenant que je peux tout voir d’en haut, je comprends que mes parents m’ont abandonné, peut-être parce que j’étais un peu vieux, parce que je peux voir qu’ils ont un autre nouvel ami qui me ressemble beaucoup.

Je ne peux pas les regarder avec rancune, je les regarde avec gratitude et affection parce qu’ils m’ont aidé à être un chien heureux et, est-ce que mes parents bien-aimés savent quelque chose ? Si je pouvais retourner sur terre et avoir le choix, je les choisirais à nouveau. Même si tu me quittes, je t’aimerai quand même. C’est ce que je suis.

Parce que mon amour pour toi va au-delà de la mort. Je t’aimerai quand même si tu m’abandonnes…