Caractéristiques du tigre de Tasmanie

15 août, 2020
Le tigre de Tasmanie est un animal éteint avec une morphologie et un comportement similaires à ceux de la hyène et de son plus proche parent, le diable de Tasmanie.

Le tigre de Tasmanie, aussi connu sous d’autres noms comme le loup marsupial, le thylacine ou le loup de Tasmanie, était un mammifère marsupial qui a vécu sur Terre jusqu’au XXe siècle.

Cet animal curieux était natif d’Australie, de Tasmanie et de Nouvelle-Guinée. Il a été le dernier membre vivant du genre Thylacinus. Les premières traces fossiles de cette espèce datent de l’Holocène, tandis que ses parents sont apparus à une période antérieure, le Miocène.

L’extinction du tigre de Tasmanie a commencé en Australie ; il a pu survivre en Tasmanie avec le diable de Tasmanie, ce dernier étant son dernier parent vivant le plus proche.

Cet animal aujourd’hui éteint était un super-prédateur, tout comme les loups placentaires, mais étant donné qu’il s’agit d’un marsupial, il n’avait pas de relation phylogénétique avec les canidés.

Cependant, grâce à des processus évolutifs convergents, il présentait une apparence et des adaptations similaires à celles des loups. Les caractéristiques des deux ont évolué de façon indépendante mais étant donné qu’ils avaient des styles de vie et de prédation très similaires, ils ont développé des adaptations morphologiques très semblables.

Caractéristiques du tigre de Tasmanie

Morphologie

Même s’il s’agit d’un animal éteint, le tigre de Tasmanie représente l’un des rares cas où l’on a pu réaliser une étude génétique car il a été présent dans la société moderne avant sa disparition.

  • Il s’agissait d’un animal avec une queue rigide, semblable à celle des kangourous, et les plus jeunes présentaient une crête sur leur dos
  • La taille des adultes variait entre 100 et 180 centimètres de long pour 60 centimètres de haut. Ils pesaient entre 20 et 30 kilos
  • Leur pelage était marron jaunâtre, court, épais et doux
  • On pouvait observer de 13 à 21 rayures distribuées entre leur dos, leur torse et leur queue ; elles étaient plus marquées chez les jeunes animaux
  • Ils présentaient des oreilles arrondies et dressées d’environ 8 centimètres
  • Il existait un certain dimorphisme sexuel : les femelles avaient une poche avec quatre mamelles. Ce dimorphisme s’observait aussi au niveau de la taille de l’exemplaire
  • Ils avaient des mandibules puissantes, avec un grand angle d’ouverture de la gueule en raison de leur caractère prédateur.
  • Leurs pattes arrière avaient quatre doigts contrairement aux pattes avant qui en avaient cinq. Par ailleurs, leurs griffes étaient rétractiles

On compare parfois le tigre de Tasmanie à la hyène. Et ce en raison de sa posture et de son comportement général.

Un dessin de tigre de Tasmanie.

Comportement du tigre de Tasmanie

En ce qui concerne le comportement du tigre de Tasmanie, on ne bénéficie pas de beaucoup de données : il n’a été observé qu’en captivité et au cours de la journée, ce qui est ironique car il s’agissait d’un animal nocturne. Par conséquent, les données enregistrées sur son comportement en liberté sont peu nombreuses et anecdotiques. On l’a toujours extrapolé au comportement du diable de Tasmanie.

L’animal rôdait dans une zone avec un rayon compris entre 40 et 80 kilomètres, dans son environnement naturel, mais il n’était pas territorial. Il chassait au moment du crépuscule et en pleine nuit. La journée, il se réfugiait dans de petites grottes ou de petits troncs d’arbres, dans des zones de bois ou de collines.

Les premiers observateurs de cet animal ont ainsi décrit le tigre de Tasmanie au niveau de son comportement :

  • On l’a décrit comme timide lorsque des humains étaient présents, mais certains exemplaires ont affiché une plus grande proximité. Les aborigènes australiens ont aussi affirmé avoir vu des tigres de Tasmanie nager de façon occasionnelle
  • On a noté une série d’aboiements gutturaux quand il se mettait à chasser, probablement pour communiquer avec d’autres membres du groupe. Ses grognements et ses sifflements étaient aussi frappants quand il était nerveux, et on a même observé un bâillement auquel on a fini par attribuer un sens de menace

Autres données sur son comportement

On pense qu’il se basait sur la vue et l’ouïe au moment de chasser car quand les scientifiques ont étudié ses lobes olfactifs, ils n’ont pas relevé de grand développement de ces derniers.

L’époque de reproduction durait toute l’année, les principales périodes de naissance des petits étant le printemps et l’été. Ces derniers pouvaient rester dans les poches de leur mère jusqu’à 3 mois après leur naissance. Une fois sortis de la poche et quand ils étaient assez grands pour aider, ils restaient dans la grotte pendant que la maman chassait.

Quand on a étudié sa fonction locomotrice (en captivité), on a découvert que le tigre de Tasmanie avait une démarche assez maladroite. On l’a même cru incapable de courir rapidement et on a pu observer son saut bipède, similaire à celui du kangourou.

Une peinture de tigre de Tasmanie.

Alimentation

Le tigre de Tasmanie était exclusivement carnivore. Son estomac avait une grande couche musculaire qui pouvait se tendre. Il s’agissait sans doute d’une adaptation pour pouvoir accumuler une grande quantité de graisse pour les longues périodes où il n’y avait pas autant de nourriture.

Ses proies étaient des kangourous et des wallabys. Mais aussi des wombats, des oiseaux et des rongeurs.

Extinction

Le tigre de Tasmanie s’est éteint il y a environ 80 ans, le dernier exemplaire en captivité étant décédé en 1936.

La chasse de cet animal aux antipodes de l’Australie a contribué à son extinction. De récentes études scientifiques ont malgré tout démontré que le tigre de Tasmanie était voué à l’extinction, comme l’ont reflété les données de son ADN.

Ceci peut sembler choquant mais on a découvert que la diversité génétique des populations de cet animal présentait un schéma de diminution drastique, même avant le début de sa chasse. Cette diminution de variabilité génétique à long terme, dans le monde naturel, se traduit par une plus grande vulnérabilité face aux changements environnementaux, favorisant ainsi l’extinction.

 

Estudios científicos, PLOS ONE. Recogido a 24 de Abril en https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0168993

Estudios científicos recientes, Nature, Ecology & Evolution. Recogido a 24 de Abril en https://www.nature.com/articles/s41559-017-0417-y