Érismature à barbillons : habitat et caractéristiques

Le comportement de l'érismature à barbillons est l'un des aspects les plus curieux de ce canard.
Érismature à barbillons : habitat et caractéristiques

Dernière mise à jour : 05 novembre, 2021

L’érismature à barbillons (Biziura lobata) est un oiseau appartenant à la famille des Anatidés qui se distingue des autres oiseaux par sa forme d’oie, comme les autres oiseaux ansériformes. C’est aussi la seule espèce du genre Biziura qui vit dans une zone exclusive du globe.

Son comportement agressif et territorial fait de cet oiseau un spécimen conflictuel lors de sa reproduction en captivité. De plus, les spécimens sauvages présentent des particularités que les spécimens captifs ne présentent pas. Nous vous invitons à découvrir dans les lignes suivantes cet oiseau unique au monde.

L’habitat de l’érismature à barbillons

Cet oiseau est endémique de l’Australie-Méridionale. On compte deux populations génétiquement isolées qui habitent la plaine de Nullarbor.

Ces oiseaux sont également présents sur l’île Kangourou et en Tasmanie. Ils ont été observés en train de parcourir de grandes distances pour coloniser des zones humides éphémères pendant la saison des pluies.

En matière d’habitat, cette espèce préfère les zones humides d’eau profonde, les systèmes fluviaux et les eaux côtières de l’Australie tempérée. Au printemps, elle se déplace vers des endroits où il y a de l’eau permanente avec un couvert végétal, comme des roseaux et des quenouilles, en plus de recourir occasionnellement à l’habitat marin.

Caractéristiques physiques

L’érismature à barbillons se caractérise par sa grande taille et son dimorphisme sexuel marqué. Le mâle de cette espèce pèse jusqu’à 3,6 kilos et mesure 92 centimètres de long du bec à la queue. De son côté, la femelle pèse 0,9 kilos et mesure environ 61 centimètres de long.

Les deux sexes ont une queue raide avec des plumes allongées qu’ils utilisent pour plonger et manœuvrer dans l’eau. Leurs pattes sont éloignées de leur corps, ce qui rend les mouvements au sol difficiles.

Les mâles de cette espèce sont presque entièrement noirs avec de fines taches pâles. Ils ont également des taches de rousseur sur les joues et le cou. Leur poitrine est blanchâtre et tachetée d’une teinte brun noirâtre. La queue et les ailes sont complètement noires. Quant à leurs pattes, elles arborent un gris noirâtre.

Contrairement aux femelles, les mâles ont un grand lobe pendant avec des nuances de noir et de gris sous le bec. Les femelles sont identiques en matière de plumage et en zones nues, mais n’ont qu’un lobe rudimentaire.

Les jeunes spécimens ressemblent beaucoup aux femelles, sauf que leur bec est dans la moitié avant de la mâchoire inférieure. Ces spécimens mettent du temps à atteindre leur taille maximale, et le diamètre de leurs lobes augmente au fil du temps.

Un canard musqué dans un étang.

Le comportement de l’érismature à barbillons

Cet oiseau apparaît généralement en groupe pendant la saison de reproduction. Le reste du temps, il est généralement indépendant ou forme un petit groupe avec d’autres spécimens. Cet oiseau est assez agressif : en captivité, le mâle est tenu à distance de ses petits et de tout autre oiseau aquatique, puisqu’il peut les attaquer.

Le mâle de cette espèce est très dominant par rapport à la femelle et est généralement plus actif, il parcourt donc plus de distance que cela.

D’autre part, cette espèce a montré une grande capacité à imiter les cris d’autres oiseaux aquatiques, ainsi que les sons mécaniques et humains. Cependant, cette capacité n’est pas si performante chez les jeunes, il y a donc un apprentissage des sons chez les jeunes générations.

Les jeunes spécimens pratiquent probablement les sons par répétition constante. La durée de ce développement vocal est actuellement inconnue. Ces sons varient selon la région dans laquelle ces oiseaux ont été élevés. En captivité, ils ne parviennent pas à développer cette capacité. 

Comportement alimentaire

L’érismature à barbillons est un animal omnivore qui se nourrit presque exclusivement de ce qu’il attrape en plongeant. Son régime alimentaire est composé de plantes et d’animaux aquatiques, tels que les crabes d’eau douce, les escargots, les insectes, les crevettes et les moules d’eau douce.

Cet oiseau limite son alimentation aux zones peu profondes où la végétation submergée est abondante. Fait intéressant : les mâles ont tendance à manger plus de mollusques et de trichoptères que les femelles. En captivité, les mâles peuvent se nourrir de la progéniture des femelles ou d’autres espèces d’oiseaux aquatiques.

Comportement reproducteur

À l’approche de la saison de reproduction printanière, les mâles se rassemblent en un grand groupe et attirent les femelles avec une combinaison de sons vocaux et mécaniques, ainsi que des postures particulières. Cette parade nuptiale a lieu de la mi-juillet au début août.

Les exhibitions masculines sont de trois types. Le « coup de patte » consiste en un coup de pattes vers l’arrière pour se jeter à l’eau plusieurs fois d’affilée. Le « coup plonk » est l’exhibition la plus courante et consiste à remuer la queue, à élargir le lobe et à donner des coups de patte dans l’eau avec les deux pattes.

Enfin, il y a le « coup de sifflet » : le mâle agrandit son lobe, gonfle sa gorge et donne un faible coup de patte latéral à l’eau accompagné d’un sifflement aigu simultané. Si la femelle est attirée, le sifflement sera ininterrompu ; autrement, le mâle a recours au « coup plonk ».

Si un autre canard essaie de s’approcher du nouveau couple formé pendant la parade nuptiale, le mâle et la femelle se précipiteront vers lui pour l’attaquer avec des morsures, des battements d’ailes et des égratignures au milieu d’une grande éclaboussure d’eau. Dans cette confrontation, les mâles faibles peuvent être blessés.

Après la copulation, les femelles construisent leur nid dans la végétation dense des roseaux. Elles peuvent également s’installer sur une branche d’arbre partiellement submergée pendant les inondations des basses terres et les années pluvieuses. Les matériaux utilisés comprennent de l’herbe sèche, des bâtons et de l’écorce.

La femelle dépose entre 2 et 3 œufs verts assez gros, et s’occupe des petits lorsqu’ils en sortent. Il peut y avoir un parasitisme facultatif dans les nids, cela dépend des soins des parents. Cette espèce atteint la maturité sexuelle à 2 ou 3 ans.

Le statut de conservation de l’érismature à barbillons

Cet oiseau n’est pas victime de chasse, mais a tendance à se faire prendre dans les filets de pêche et à se noyer. Sa dépendance vis-à-vis des marécages permanents conditionne son avenir, puisque ceux-ci sont drainés à des fins agricoles. L’UICN classe cet oiseau dans la catégorie « Préoccupation mineure ».

En résumé, l’érismature à barbillons est un oiseau territorial et conflictuel qui l’emporte sur ses congénères et autres espèces aquatiques. Sa reproduction et son comportement social sont quelques-uns des aspects curieux qui en font une espèce unique.

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