Le moineau domestique en danger d'extinction ?

16 juillet, 2020
Le moineau domestique, bien qu'originaire d'Eurasie et du Nord de l'Afrique, vit actuellement dans les zones urbaines et tempérées de la plupart des régions du monde.
 

Le moineau domestique (Passer domesticus) est l’un des oiseaux urbains les plus connus. Nous pouvons le trouver dans les parcs, sur les terrasses ou les trottoirs et partout où il y a des miettes de pain qui tombent.

Sa confiance lui permet de se rapprocher sans crainte des lieux bondés, et même de la main de celui qui lui tend de la nourriture. Cependant, une fois qu’il a obtenu ce qu’il veut, il s’envole à une distance sûre.

Comment reconnaître le moineau domestique ?

Le moineau domestique est un oiseau qui mesure environ 14-16 centimètres. Généralement, il est plutôt robuste. Aussi bien les mâles que les femelles ont les pattes roses. Or, il existe d’autres caractéristiques qui permettent de les distinguer facilement.

Le mâle

  • Il possède une couronne grise bornée de taches brunes qui s’étendent jusqu’à la joue et au cou, de couleur gris pâle. Entre le bec et les yeux, il présente une bande noire, qui rappelle un masque
  • Le bec épais est noir grisâtre et les pattes sont de couleur marron clair
  • Au moment de la saison de reproduction, son bec devient totalement noir. Il retrouve sa couleur marron à l’automne

La femelle

  • La femelle possède un plumage avec des taches grises et une nuance brunâtre sur les ailes, la couronne et la queue
  • Elle présente également une bande et une couronne marron. Son bec est toujours grisâtre à l’extrémité et jaunâtre à la base
Les différences entre le mâle et la femelle chez le moineau domestique
 

Le moineau domestique est-il un fléau ?

Le moineau domestique, par son caractère de convive, profite des déchets produits par l’être humain. Et, dans certaines régions, il se nourrit presque exclusivement de ça. Ainsi, étant donné sa dépendance à l’égard de l’activité humaine, l’oiseau est plutôt rare dans les lieux inhabités.

Sa nourriture consiste principalement en des graines, qu’elles soient cultivées ou sauvages. Dans les zones rurales, le moineau domestique a tendance à voler les aliments des animaux de ferme. Il n’est donc pas tellement apprécié.

Lorsque la saison chaude arrive, cet oiseau se nourrit d’insectes. Principalement de criquets et de sauterelles, dont il est spécialiste dans la capture. Grâce à ces insectes, il nourrit ses oisillons.

Par ailleurs, le moineau domestique joue un rôle écologique important, et ce de manière très simple : en changeant son alimentation. En effet, alors qu’en hiver, il mange des fruits, des baies sèches et des graines, pendant l’été, il chasse des invertébrés : coléoptères, cigales, sauterelles, grillons, pucerons, araignées, mouches et papillons de nuit.

Des experts de l’adaptation citadine

Les moineaux domestiques s’accouplent pour la vie. Ils sont des compagnons et des parents dévoués. D’autre part, ils se sont adaptés pour vivre et nicher dans chaque petit recoin inimaginable des villes. Que ce soit dans un éclairage de coin de rue, dans les climatiseurs, dans les fissures à l’extérieur des bâtiments, sur les piliers des quais ou encore les barreaux des fenêtres. Au sein de ces niches inattendues, ils construisent leurs nids avec des herbes sèches, des plumes et des cordes.

 

Par ailleurs, les moineaux domestiques ont le comportement étrange de se baigner dans des parcelles de terres poussiéreuses, généralement en grands groupes. Chaque oiseau crée une cuvette et jette de la poussière sur ses plumes afin de détruire les parasites. Cela rappelle un peu le bain de poussière des éléphants.

Un moineau domestique qui fait un bain de poussière

Un modèle aviaire pour des études scientifiques

Le moineau domestique est devenu une espèce d’oiseau modèle pour des études de comportement et d’écologie dans la seconde moitié du XXème siècle. Cela est dû à son abondance et au fait qu’il se reproduit facilement dans les nichoirs. Les autres espèces étudiées au côté du moineau sont le pinson zébré, le pigeon des roches et le merle à ailes rouges.

Actuellement, l’espèce est encore suffisamment commune pour faire l’objet de plusieurs programmes de recherche en Amérique du Nord et en Europe.

Une diminution de la population de moineau domestique ?

En France, le moineau domestique est décrit comme une espèce abondante dans les milieux urbains au niveau national. Avec une préférence pour les altitudes comprises entre 0 et 1000 mètres. Habituellement, son pic d’apparition s’associe à la température moyenne printanière, une altitude minimale et un pourcentage élevé de terres agricoles.

 

D’autre part, on a relevé une diminution abrupte des populations de moineaux domestique au Royaume-Uni. Jusqu’à présent, on estime que les causes sont complexes et impliquent des changements dans les pratiques agricoles qui réduiraient la disponibilité des aliments. Cette diminution serait également liée à la concurrence des autres oiseaux, à la perte de sites de nidification dans les villes ainsi qu’aux problèmes habituels liés aux pesticides.

 

  • Anderson TR (2006) Biology of the Ubiquitous House Sparrow: from genes to populations. Oxford University Press, Oxford.
  • Alberti, J. A. G. D., Pardo, R., & Abad, J. B. (1979). Avifauna del naranjal valenciano. II: el gorrión común (Passer domesticus L.). Mediterránea: Serie de estudios sobre biología terrestre mediterránea, (3), 69-99.
  • Murgui, E. (2016). Gorrión común–Passer domesticus (Linnaeus, 1758). En: Enciclopedia Virtual de los Vertebrados Españoles. Salvador, A., Morales, M. B. (Eds.). Museo Nacional de Ciencias Naturales, Madrid. https://digital.csic.es/bitstream/10261/111676/1/pasdom_v1.pdf