Qu'est-ce qu'une génération animale ?

31 octobre, 2020
Quels sont les effets d'une nouvelle génération animale sur la population ? Comment les espèces peuvent-elles être affectées par la consanguinité à chaque génération ?

Savez-vous ce qu’est une génération animale ? Les êtres vivants se définissent par trois fonctions clés : l’alimentation, la relation et la reproduction.

Un organisme vivant a besoin de se nourrir pour se développer et se maintenir en vie. Il a aussi besoin d’établir des liens avec d’autres individus et son environnement. Et enfin, il doit également se reproduire afin de laisser une descendance.

A ce stade, ce que nous appelons la génération animale est l’être ou le groupe d’êtres qui apparaît dans une population suite à la reproduction de leurs progéniteurs. Même si cela semble relativement simple, chaque nouvelle génération animale devra faire face à de grands défis, certainement différents de ceux de leurs parents.

La génétique laissée par leurs parents, qui à leur tour provient de nombreuses générations antérieures, est la clé de la survie. Voulez-vous savoir jusqu’où peut s’étendre une génération animale ? Nous vous invitons à poursuivre votre lecture.

Allèles dominants et allèles récessifs

Lorsque deux animaux s’accouplent et donnent naissance à une progéniture, cette dernière est censée porter la moitié de la charge génétique de sa mère et l’autre moitié de son père. Le résultat sera donc le mélange des deux charges. Or, la descendance ressemble davantage à un parent qu’à un autre. Pourquoi ?

Au sein de l’ADN, nous trouvons des allèles dominants et des allèles récessifs. Ces allèles sont les différentes alternatives d’un gène. Une génération animale peut ainsi présenter des caractéristiques physiques qui n’ont rien à voir avec celles de leurs progéniteurs.

Par exemple, imaginons un couple de lapins noirs qui a pour progénitures des petits lapins blancs. Que s’est-il passé dans ce cas-là ? Il se peut que le gène qui codifie la couleur noire chez les lapins contienne un allèle dominant et un allèle récessif ; l’allèle dominant étant la couleur noire.

Lors de la reproduction, les gamètes (ovules et spermatozoïdes) ne portaient que l’allèle récessif. De sorte que les progénitures du lapin n’avaient pas d’autre choix que d’être blancs.

Génération animale et population.

Imaginons maintenant que tous les progéniteurs noirs disparaissent. Pour une raison quelconque, cette information génétique serait alors perdue et il ne resterait que les lapins blancs.

Malheureusement, le pelage blanc n’est pas le plus optimal sauf pour ceux qui vivent dans la neige. Cet exemple sert à expliquer, dans les grandes lignes, comment la disparition génétique affecte chaque génération animale.

Génération animale, consanguinité et espèces en voie d’extinction

La diversité génétique est la clé pour que les espèces puissent survivre en tant que telles. Ainsi, lorsqu’une population d’individus voit sa diversité d’allèles réduite, les probabilités de disparaître sont plus grandes.

Le nombre d’allèles présents au sein d’une population constitue une mesure de la diversité génétique. Plus il y a d’allèles présents, plus la diversité génétique est importante.

Par ailleurs, la fréquence à laquelle ces allèles se produisent dans la population influence également la taille de la diversité génétique. En effet, de petites mutations spontanées peuvent augmenter la variété des allèles au fil du temps.

A chaque génération animale, cette diversité génétique peut augmenter. Et si l’on extrapole au temps de l’évolution, il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles de nouvelles espèces apparaissent sur la planète.

Les causes de la consanguinité

L’une des raisons pour lesquelles les animaux figurent sur la liste des espèces menacées est la consanguinité. La réalité est plus complexe : la déforestation, la perte des habitats, la fragmentation et le braconnage provoquent un isolement des populations animales, ce qui favorise la consanguinité.

Il existe deux types de consanguinité, l’une aléatoire ou involontaire et l’autre délibérée. Dans la première, l’accouplement intentionnel d’animaux étroitement liés (frères, parents et des descendants) donne lieu à une perte brutale de la diversité génétique, à l’apparition de maladies génétiques et à une résistance moindre aux agents pathogènes.

Ce type de consanguinité se produit chez les animaux sauvages lorsque le nombre de spécimens a extrêmement diminué en raison du manque d’espace vital. De même, elle peut survenir chez les animaux qui se sont isolés à la suite d’une fragmentation. Ces populations sont vouées à disparaître.

D’autre part, nous trouvons des cas de consanguinité aléatoire générée par la dérive génétique. La dérive génétique ou génique est une force évolutive qui, avec la sélection naturelle, entraîne des changements dans la fréquence des allèles au cours de l’évolution.

Lorsqu’une espèce possède une faible fréquence allélique et que tous ses allèles sont les mêmes pour un gène, toute perturbation de l’environnement peut causer leur disparition. C’est la raison pour laquelle certaines espèces disparaissent plus rapidement que d’autres quand l’être humain dégrade un aspect quelconque de leur écosystème.

Les stratégies pour éviter la consanguinité avec chaque génération animale

Dans la nature, au sein des écosystèmes bien équilibrés, chaque espèce possède ses propres stratégies pour éviter la consanguinité et ainsi augmenter la variété génétique à chaque génération.

Au sein de certains groupes d’animaux, comme c’est le cas chez les lions, il existe une hiérarchie matrilinéaire. En effet, les femelles de chaque génération restent généralement dans le groupe, mais les mâles le quittent.

De temps à autre, un nouveau mâle arrive et réalise un infanticide afin que les femelles entrent en chaleur. Aussi monstrueux que cela puisse paraître, ce comportement assure au groupe une nouvelle charge génétique qui renforcera l’espèce.

Dans d’autres cas, les mouvements de dispersion des descendants pour les éloigner de leurs progéniteurs et pouvoir créer de nouveaux couples sont essentiels pour prévenir la consanguinité. Les grandes migrations sont un autre exemple de mouvement dispersif de masse sur de longues distances.

Au final, de grands groupes d’individus, très différents génétiquement les uns des autres, se réuniront pour chercher un partenaire et se reproduire.

Charge génétique et génération animale.

La destruction de l’habitat entraîne la réduction des territoires établis par de nombreuses espèces. En outre, la possibilité de trouver de nouveaux espaces où s’installer et ainsi créer une nouvelle génération animale génétiquement diversifiée disparaît presque.

Enfin, la disparition des espèces n’est pas régie par une seule cause. Ce n’est pas le braconnage qui décime les espèces, mais le manque d’espace pour vivre, ainsi que l’obligation de se reproduire avec des individus étroitement liés.

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