10 curiosités sur la fourmi Paraponera clavata

La fourmi Paraponera clavata est aussi dangereuse que fascinante. Découvrez avec nous 10 de ses caractéristiques les plus marquantes.
10 curiosités sur la fourmi Paraponera clavata

Dernière mise à jour : 10 août, 2021

Nombreuses sont les particularités de Paraponera clavata. C’est l’une des espèces de formicidés qui a causé le plus d’admiration et de peur à parts égales à travers le monde. Cela n’est pas étonnant : cette espèce est considérée comme l’hyménoptère à la piqûre la plus douloureuse au monde, bien supérieure à celle d’une guêpe ou d’une abeille.

Cette espèce nous montre que toutes les fourmis ne sont pas des insectes doux qui forment des colonies et volent de la nourriture lors d’un pique-nique en plein air. Si vous souhaitez en savoir plus à son sujet, poursuivez donc votre lecture !

1. Paraponera clavata est un représentant unique au monde

Quand on parle d’espèces au niveau taxonomique, on évoque toujours le genre et la famille auxquels elles appartiennent, car il est intéressant de savoir quels sont les proches parents d’une espèce afin de mieux comprendre sa biologie. La Paraponera clavata est un cas atypique, puisqu’elle est la seule représentante vivante du genre Paraponera.

On estime qu’une autre espèce parent de cette fourmi existait autrefois, mais il n’y a que des archives fossiles d’ambre qui datent du début du Miocène, il y a environ 19 millions d’années. Cette espèce disparue parent de Paraponera clavata s’appelle Paraponera dieteri et a été décrite grâce à un morceau d’ambre en 1994.

La Paraponera clavata est unique dans son genre, mais elle appartient également à la famille des Formicidae. Ce dernier groupe comprend les plus de 12 000 espèces de fourmis que nous connaissons aujourd’hui.

2. Une fourmi géante

De manière générale, les fourmis – les espèces européennes typiques des milieux secs – sont petites : elles mesurent entre 2 millimètres et 10 millimètres au maximum. Paraponera clavata se démarque des autres fourmis par sa taille gigantesque, puisque les ouvrières mesurent facilement entre 2 et 3 centimètres de long. Les reines sont encore un peu plus grandes.

Ces fourmis sont de couleur rougeâtre et brunâtre et ont des poils dorés sur les tarses frontaux, très caractéristiques de l’espèce. Elles peuvent presque être décrites comme des « guêpes sans ailes », car elles ont un abdomen très prononcé avec un dard visible à l’œil nu.

Une Paraponera clavata sur une feuille.

3. Sa répartition est éminemment tropicale

Cette espèce est endémique des zones tropicales. On la trouve du Brésil (Sao Paulo) jusqu’à la côte atlantique du Nicaragua, en passant par le Paraguay le Venezuela, la Colombie, la Bolivie et le Pérou. En raison de sa situation géographique, elle est considérée comme une espèce néotropicale.

L’humidité des nids de cette fourmi est de 70 % et sa plage de température idéale se situe entre 25 et 30 °C.

4. Malgré sa létalité, Paraponera clavata est un animal social

Toutes les fourmis sont des animaux eusociaux qui vivent en colonies avec des structures sociales divisées par castes : ouvrières infertiles, mâles reproducteurs et reines fécondées qui donnent naissance à tous les membres de la fourmilière. Bien que Paraponera clavata soit mortelle et féroce, elle a également besoin de coopérer pour survivre.

Cette fourmi est un insecte social qui vit dans des colonies composées entre 500 et 1000 ouvrières dirigées par une seule reine. D’après les fiches, c’est une espèce à large spectre de nidification, même si elle préfère s’installer au pied des arbres à racines tabulaires et des nectaires extrafloraux, principalement dans les forêts humides.

5. Paraponera clavata a l’un des poisons les plus puissants au monde

L’une des caractéristiques les plus connues de la Paraponera clavata est qu’elle possède l’un des poisons les plus douloureux au monde. L’inoculation est comparable à l’effet d’un coup de feu, selon les témoignages (d’où son surnom fourmi balle de fusil en anglais). On estime que l’inconfort généré par cette piqûre est 30 fois plus intense que celui d’une abeille ou d’une guêpe, des hyménoptères ailés parents de cette espèce.

Cette espèce est n°1 dans le classement des inoculations d’hyménoptères venimeux les plus douloureuses sur l’index Schmidt Sting Pain Index. Elle ne rivalise qu’avec l’espèce Pepsis formosa, également connue sous le nom de « guêpe chasseuse d’araignée ».

Selon les rapports, sa piqûre provoque “des vagues de brûlure, une douleur lancinante qui consume tout et qui ne s’atténue qu’au bout de 24 heures”.

6. Son secret réside dans la ponératoxine

Comme le montrent les études scientifiques, le composé qui rend le venin de la Paraponera clavata spécial est la ponératoxine, un peptide neurotoxique qui bloque la transmission synaptique dans le système nerveux central du vertébré piqué. La ponératoxine agit sur les canaux sodiques des fibres musculaires squelettiques (provoquant une paralysie) et sur les nocicepteurs, provoquant beaucoup de douleur.

La douleur peut persister jusqu’à 12 heures après la piqûre. Les sueurs froides, la fièvre, les nausées, les vomissements, la lymphadénopathie et les arythmies cardiaques sont d’autres symptômes qui accompagnent la douleur. Bien que cette piqûre ne soit généralement pas mortelle, la victime est toutefois certaine de passer un très mauvais moment.

7. Cette fourmi n’est pas aussi sanglante qu’il y paraît !

On estime que le puissant venin de cette espèce répond au besoin de se défendre contre les prédateurs : ce n’est pas un chasseur aussi mortel qu’on pourrait le penser. En effet, ces formicidés se nourrissent de petits insectes, et une grande partie de leur alimentation est basée sur les sucres floraux. Ce sont donc des fourmis nectarivores.

Plus précisément, ces fourmis ont été observées près de l’espèce d’arbre Pentaclethra macroloba et des inflorescences de Costus spp. Il pourrait s’agir d’un mécanisme symbiotique adaptatif : ces fourmis se nourrissent de sucres et transportent en même temps le pollen d’une plante à une autre, facilitant ainsi la pollinisation.

8. Elle a ses propres parasites

Une autre des particularités de Paraponera clavata est qu’elle a ses propres parasites. L’espèce Apocephalus paraponerae, un diptère semblable aux mouches à fruits, s’est parfaitement adaptée pour rechercher et se nourrir de l’espèce qui nous intéresse ici.

Lorsqu’un spécimen subit des dommages physiques (chose très courante à cause des combats entre colonies), ces mouches sont attirées par l’odeur. Elles pondent ensuite leurs œufs et se nourrissent de la fourmi blessée. Une seule ouvrière peut héberger jusqu’à 20 larves de l’espèce parasite et attirer plus de 10 mouches avec son odeur.

Heureusement, les fourmis en bonne santé sont assez rapides pour esquiver cette mouche et ainsi éviter d’être parasitées.

9. Une espèce utilisée dans des rituels d’initiation humains

Le groupe indigène brésilien Sateré-Mawé utilise intentionnellement la piqûre de P. clavata dans le cadre d’un rituel d’initiation. Pour ce faire, les fourmis sont sédatées dans une pommade spéciale, et 80 d’entre elles sont placées une à une dans des gants fabriqués en matière végétale.

Ce gant est placé sur l’homme qui souhaite montrer son courage, puis on réveille ensuite les fourmis qui sont alors enragées. La personne qui fait l’objet du rituel doit endurer les piqûres des 80 fourmis pendant environ 5 à 10 minutes : elle souffrant d’une douleur atroce et d’une paralysie temporaire du membre affecté.

Les hommes doivent subir ce rituel une vingtaine de fois sur plusieurs mois ou années pour prouver leur valeur.

10. Paraponera clavata, une espèce à usages humains

Cette espèce est utilisée dans les domaines biologique et médical en raison des propriétés de sa ponératoxine. Aujourd’hui, l’un des fronts les plus prometteurs est son utilisation possible pour la fabrication d’un insecticide biologique.

La nature nous fascine chaque jour davantage, car de petites espèces apparemment inoffensives comme celle-ci peuvent devenir un véritable problème de santé pour l’homme. Cependant, le respect de la vie est essentiel : Paraponera clavata ne vous piquera que si vous essayez de détruire son nid ou de l’enrager activement.

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