La fièvre Q, une arme biologique possible

La fièvre Q a rejoint les maladies devant être surveillées chez le bétail à travers la planète.
La fièvre Q, une arme biologique possible

Dernière mise à jour : 23 février, 2021

La fièvre Q est une maladie causée par Coxiella burnetti, une bactérie parasite intracellulaire. Cette pathologie affecte tous les types de mammifères domestiques et sauvages, mais ses principaux réservoirs sont les espèces bovine, ovine et caprine.

Pour cette raison, la bactérie est répandue dans le monde entier. La prévalence est plus élevée dans les zones d’élevage.

Le problème avec cette pathologie est qu‘il s’agit d’une zoonose grave qui peut affecter les humains. Dans certaines régions, elle est considérée comme une maladie professionnelle pour ceux qui travaillent avec des animaux pouvant être porteurs.

Fièvre Q : une vue d’ensemble

Bien que l’infection des mammifères soit une préoccupation dans la sphère domestique, ce ne sont pas les seuls animaux pouvant être porteurs. Toutes sortes d’oiseaux, de reptiles et même d’arthropodes peuvent héberger la bactérie et la transmettre.

L’heure est grave lorsque ce sont les êtres humains qui tombent malades. Les animaux présentent rarement des symptômes et la plupart des signes cliniques ne sont pas graves.

Les ruminants domestiques souffrent au mieux d’une maladie bénigne. Pendant cette période, les avortements et les décès prénataux se produisent dans l’utérus.

Un mouton heureux avec un bébé.

Comment se propage la fièvre Q ?

Coxiella burnetii est régulièrement excrétée dans le lait, l’urine et les matières fécales, mais les concentrations les plus élevées se trouvent dans les restes abortifs de femelles infectées. C’est là que la transmission est la plus probable, lorsqu’un individu sensible entre en contact avec le placenta ou le liquide amniotique.

De plus, cette bactérie s’avère très résistante aux conditions environnementales. Une fois le milieu contaminé, elle prend la forme d’une spore. Celle-ci se caractérise par le fait qu’il s’agit d’une forme habituelle de résistance des micro-organismes aux adversités de l’environnement.

Sous cette forme, elle se mélange à la poussière et est emportée par le vent. Coxiella burnetti sous sa forme sporulée est si contagieuse que l’inhalation d’un seul spécimen peut provoquer des maladies chez l’homme.

Autres modes de transmission de la maladie

Il existe un autre mode de propagation, peut-être plus courant dans le cycle sauvage de la maladie, c’est-à-dire avec l’intervention de rongeurs sauvages et de lagomorphes comme réservoirs plutôt que du bétail domestique. C’est la transmission vectorielle par tiques.

Enfin, comme les bactéries sont également éliminées dans le lait, les humains peuvent être infectés en consommant des produits laitiers mal pasteurisés. Des précautions extrêmes doivent être prises.

Un problème émergent pour la santé publique mondiale

Les autorités sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé animale nous alertent depuis longtemps sur l’importance de cette zoonose. L’organisation elle-même inclut la fièvre Q dans sa liste unique des maladies à déclaration obligatoire.

Il en est ainsi parce qu’il s’agit d’une pathologie d’une infectivité si élevée qu’elle menace tout le personnel travaillant avec des animaux. Les vétérinaires, les employés de laboratoire et d’abattoirs, les éleveurs et même les chasseurs peuvent être exposés à l’infection pendant leurs heures de travail.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) met également en garde contre le risque de transmission par la consommation d’aliments contaminés. À ce jour, elle a publié plusieurs recommandations sur les particularités de la fièvre Q qui montrent son impact sur la santé animale et la santé publique.

Les deux institutions recommandent une combinaison de mesures pour lutter contre cette maladie. D’une part, l’étude des facteurs de risque pour maîtriser la propagation. D’autre part, la vaccination préventive des animaux porteurs. Cette dernière a été la mesure qui s’est avérée la plus efficace.

La fièvre Q comme arme biologique potentielle

Les spécialistes estiment que Coxiella burnetti pourrait être utilisée comme arme biologique. Et ce, en raison de plusieurs facteurs :

  • Son fort potentiel infectieux.
  • Sa grande résistance dans un environnement défavorable.
  • Et sa possibilité de propagation via le vent, car elle peut être transportée par le vent vers des régions éloignées du foyer principal.

En Allemagne, par exemple, l’apparition d’un mouton infecté lors d’une exposition de bétail a déclenché une épidémie. Cette épidémie a touché 300 personnes en 2003.

Heureusement, la forme grave de la maladie – qui est souvent mortelle – est seulement diagnostiquée chez un faible pourcentage d’être humains. Les personnes les plus vulnérables semblent être celles qui souffrent d’un trouble du système immunitaire ou d’un grave problème cardiaque.

Le vaccin contre la fièvre Q.

Comment éviter que cette maladie ne devienne un grave problème de santé mondial ?

Comme toute autre zoonose, la clé pour empêcher la fièvre Q de devenir une urgence pour la santé humaine est claire : des mesures doivent être prises dans le règne animal. La méthode de contrôle la plus efficace s’est déjà avérée être la vaccination des animaux susceptibles d’être des transmetteurs.

Pour cette raison, des campagnes de vaccination sont organisées chez les vaches, les moutons et les chèvres dans les régions où l’infection est très courante. Si l’infection n’a pas pu être évitée et est déjà présente dans le bétail, il existe d’autres méthodes pouvant réduire le risque.

Par exemple, les mesures d’hygiène appliquées lors de l’accouchement et la puerpéralité du bétail femelle réduiront la capacité infectieuse des bactéries. Tout ce qui élimine les écoulements vaginaux, ainsi que la désinfection du lieu d’accouchement, rendront difficile la propagation de la maladie.

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