Qu'est-ce que la gourme ?

La gourme affecte les voies respiratoires supérieures du cheval. Ce dysfonctionnement peut provoquer un étouffement et la mort de l'équidé.
Qu'est-ce que la gourme ?

Dernière mise à jour : 21 mai, 2021

La gourme, également appelée angine du cheval, est une infection des voies respiratoires supérieures du cheval, causée par la bactérie Streptococcus equi. En plus de cette espèce domestique, le pathogène peut affecter d’autres équidés, tels que les poneys, les ânes et les mulets.

La gourme est l’une des pathologies les plus contagieuses chez les chevaux et se transmet donc facilement. De plus, il peut s’agir d’une zoonose si la bactérie responsable de la maladie est Streptococcus equi subsp. zooepidemicus, qui peut infecter les humains. Dans les lignes suivantes, nous vous en disons plus sur le tableau clinique de cette maladie. 

Les signes cliniques de la gourme

Les bactéries responsables de la gourme pénètrent chez l’animal par la bouche et se logent dans les ganglions lymphatiques autour de la mâchoire. Lorsque cela se produit, une fièvre soudaine apparaît, suivie des signes cliniques typiques d’un rhume de cheval, comme une toux ou un écoulement.

Peu à peu, les ganglions sous-maxillaires et rétropharyngés – tous deux situés au début de la gorge du cheval – gonflent, forment des abcès et produisent un écoulement mucopurulent.

L’évolution de la maladie varie fortement d’un animal à l’autre. Chez les chevaux âgés, elle a tendance à apparaître sous forme légère, grâce à un système immunitaire bien développé. Au contraire, la maladie est beaucoup plus sévère et difficile à soigner.  Les signes cliniques de la gourme suivent le rythme d’apparition suivant : 

  • Fièvre persistante, qui se maintient jusqu’au développement complet de l’adénopathie.
  • Anorexie et manque d’appétit. Souvent, l’animal se tient avec son cou étendu. Tenter de manger peut faire refluer la nourriture par les narines.
  • Dépression et apathie.
  • Développement de la pharyngite, de la laryngite et de la rhinite.
  • Apparition de sécrétions nasales, qui peuvent commencer par être séreuses et finir par être purulentes.
  • Si l’animal n’expulse pas tout le mucus par le nez, un cliquetis se fera entendre dans le tractus supérieur. Il est également possible d’observer l’apparition de mucus dans les yeux.
  • Adénopathie. Les ganglions gonflent et peuvent rester gonflés pendant une semaine. Le premier signe clinique d’adénopathie est l’apparition d’un œdème chaud, diffus et douloureux au niveau du cou du cheval.
Un cheval hispano-arabe et son gardien.

Comment se transmet la gourme ?

La principale voie de contagion de la gourme est le contact direct entre les spécimens. Un cheval qui souffre d’une gourme active et qui sécrète continuellement du mucus représente une source majeure d’infection pour les animaux sensibles de la même espèce – ou du même genre.

La transmission se produit lorsqu’un animal malade crache du mucus sur un animal en bonne santé. Les chevaux, de par leur comportement social qui comprend le contact tête contre tête, peuvent  très facilement être inféctés.

Par ailleurs, il existe un moyen indirect d’être infecté : partager le même box, la même mangeoire ou le même abreuvoir. Il peut également arriver que ce soit le gardien qui transmette l’infection entre les chevaux, lorsqu’il les manipule.

Enfin, certains chevaux guéris de la maladie peuvent quand même transmettre la bactérie. On parle de « porteur subclinique » à long terme. Cet animal continuera de propager l’agent pathogène au sein de la population, même s’il semble ne pas avoir la maladie.

Il est très important de continuer à collecter des échantillons de sécrétions chez les animaux rétablis. Et ce, pour savoir exactement quand ils ne sont plus en mesure d’infecter des animaux.

Complications et traitements

Cette maladie – bien que très contagieuse et ennuyeuse – n’entraîne pas une mortalité animale élevée. Cependant, le développement d’abcès dans les ganglions lymphatiques des jeunes animaux peut être très embêtant et difficile à soigner.

L’idéal est que les chevaux transmettent l’infection sous forme d’un simple rhume qui affecte les ganglions lymphatiques. Malheureusement, il existe une complication bien plus grave qui peut, dans la plupart des cas, être mortelle.

Dans de rares cas, des abcès se développent dans d’autres organes du corps. La propagation de l’abcès à travers l’organisme peut se produire par plusieurs voies, telles que le sang, la lymphe ou les nerfs. Les sites les plus courants de ces abcès sont les poumons, le mésentère, le foie, la rate, les reins et le cerveau.

Une autre complication majeure est l’infection des poches gutturales. Ces structures sont des diverticules liés au système respiratoire des chevaux qui relient les trompes d’Eustache au pharynx. Si cette zone est infectée, en plus des complications cliniques, l’animal peut être porteur pendant beaucoup plus longtemps.

Compte tenu de la diversité des cas, le traitement varie d’un animal à un autre. Généralement, presque tous les traitements commencent uniquement par une attention de soutien.

Il est essentiel d’observer l’évolution de l’animal, en plus d’ administrer des anti-inflammatoires s’il lui est difficile d’avaler ou s’il a de la fièvre. Il est également essentiel de proposer une alimentation plus humide. Parfois, certains vétérinaires administreront des antibiotiques. 

Pour les animaux porteurs, il existe également un traitement. Tout d’abord, le cheval sera isolé pour éviter qu’il n’infecte plus d’animaux. Après cela, le pus sec sera extrait des poches gutturales par endoscopie et l’utilisation d’antibiotiques topiques.

La gourme peut être mortelle.

La gourme peut être une maladie mortelle, mais seulement dans des cas isolés. S’agissant d’une pathologie très infectieuse, les animaux infectés doivent toujours être isolés et soignés par des professionnels dans les plus brefs délais.

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