Certaines limaces de mer peuvent régénérer leur corps après avoir perdu la tête

On sait que certains reptiles perdent leur queue lorsqu'ils tentent de s'échapper. Il y a aussi des limaces de mer qui se coupent la tête et qui pourtant survivent.
Certaines limaces de mer peuvent régénérer leur corps après avoir perdu la tête

Dernière mise à jour : 28 septembre, 2021

Imaginez que vous vous cassiez un bras et que vous soyez en mesure de dire “il ne fonctionne plus, je l’enlève” et vous en obtenez un nouveau. Cela semble fou, n’est-ce pas ? Eh bien, certaines limaces de mer – comme Elysia marginata – peuvent faire cela avec tout leur corps.

Nous vous présentons ici un animal qui a des capacités dignes d’un super-héros d’une bande dessinée. Heureusement, la science est là pour expliquer le fonctionnement de l’autotomie chez les invertébrés. Ne passez pas à côté de cet article !

Autotomie : s’arracher des membres et survivre

Etymologiquement, le mot autotomie signifie « se couper » – du grec ancien αὐτο, «soi-même» et τομία, «couper» -. Cela semble impensable, mais pour certaines espèces, c’est le dernier recours pour survivre à une attaque de prédateur.

Les vertébrés, où l’autotomie est couramment observée, ont des muscles qui permettent aux os de l’articulation de se séparer, et qui se contractent ensuite pour éviter les saignements. Selon l’espèce, ce membre se régénère à nouveau – comme chez certains reptiles -, bien que le résultat soit généralement moins bon  au membre original.

Cependant, le cas d’Elysia marginata est particulier. Le processus ne semble pas être une réponse à la prédation et n’est pas du tout aussi brutal que celui des vertébrés. Si cela a éveillé votre curiosité, découvrez ci-après les clés de ce mécanisme biologique.

Une grosse limace.

Des limaces de mer qui perdent la tête

Elysia marginata est une limace de mer qui habite le fond marin Indo-Pacifique, où elle se nourrit d’algues. Si vous pensez que la décapitation elle-même est quelque chose de particulier, alors vous serez encore plus surpris de savoir que ce gastéropode effectue également la photosynthèse.

Cette photosynthèse est possible grâce à la kleptoplastie, un processus par lequel ces limaces de mer incorporent les chloroplastes des algues qu’elles mangent dans leurs propres tissus. Elles obtiennent ainsi de l’énergie de deux manières : elles se nourrissent et profitent de la lumière qui atteint le fond marin.

L’autotomie d’ Elysia marginata

L’étude publiée dans la revue Current biology, dirigée par le biologiste Sayaka Mitoh, a découvert ce fait par pur hasard : un jour, les chercheurs ont aperçu la tête d’une des limaces qui coulait au fond du réservoir, laissant le corps derrière. Ils ont d’abord pensé que le gastéropode était mort, car il manquait d’organes vitaux.

Cependant, jour après jour, le corps de la limace s’est régénéré dans sa totalité au bout d’un mois. Ce processus n’est pas inconnu, car il existe chez des animaux tels que l’hydre et les vers plats, mais il n’avait jamais été observé chez des animaux complexes tels que les limaces de mer.

On suppose que l’utilité de cette autotomie est de se débarrasser des parasites internes. Ainsi que d’autres maladies potentiellement mortelles.

Pour autotomiser la tête, Elysia marginata arrête simplement de nourrir les cellules qui séparent la tête du corps. Les tissus sont ainsi détruits et séparés. À partir de ce moment, sa capacité de photosynthèse fournit à la section séparée suffisamment d’énergie pour commencer la régénération.

De plus, il a été observé que ce processus était plus facile pour les jeunes limaces, car les plus âgées finissaient par mourir. La blessure à la tête ouverte guérit en quelques jours et il suffit d’une semaine pour qu’un tout nouveau cœur se forme.

Les limaces de mer sont colorées.

Les limaces de mer, des êtres fascinants

Nous parlions en début d’article de capacités héroïques. Il n’est pas clair si les humains se sont inspirés de la nature à l’heure d’imaginer les super-héros ou si la nature s’avère être comme nous l’avons imaginée. Dans tous les cas, la capacité de perdre un membre et de le régénérer est plus courante qu’on ne le pense dans le règne animal.

De nombreux autres organismes sont capables de pratiquer l’autotomie, à un degré plus ou moins grand. Du lézard aux axolotls en voie de disparition qui régénèrent un membre perdu en une semaine. Nous pouvons que nous demander ce qu’il nous reste à découvrir.

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