Solifuges : habitat et caractéristiques

Sur la dernière paire de pattes des solifuges, au niveau du ventre, se trouvent des structures sensorielles qui leur permettent de mesurer la vibration du sol. Ces structures leur permettent de chasser leurs proies.
Solifuges : habitat et caractéristiques

Dernière mise à jour : 08 août, 2021

Les solifuges (Solifugae), également appelées “fausses araignées”, se caractérisent par leur grande vitesse. Malgré leur énorme ressemblance, elles ne font pas partie du groupe des araignées : elles ont même des caractéristiques qui les distinguent facilement des araignées.

Formellement, ces invertébrés font partie du groupe des arachnides, mais ils appartiennent à l’ordre des solifuges. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus sur ces animaux.

L’habitat des solifuges

Les solifuges sont répartis dans la plupart des pays du monde, à l’exception de certains endroits comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Madagascar. Ils sont également présents dans les régions tropicales, bien qu’ils préfèrent vivre dans des milieux arides ou semi-désertiques.

Bien que cela semble contradictoire, les espèces de ce groupe sont nocturnes, elles ont donc tendance à éviter les heures de chaleur maximale. De plus, elles ont l’habitude de creuser des terriers pour se protéger de la température et pouvoir se rafraîchir en plein désert. Elles réduisent ainsi au minimum les pertes d’eau, en s’adaptant aux conditions difficiles de l’environnement aride.

Un solifuge.

Caractéristiques physiques

Ce groupe appartient aux arachnides, mais ce ne sont pas des araignées. Ainsi, bien que les solifuges aient 4 paires de pattes, ils ne produisent pas de soie ni de poison. Ce sont des prédateurs voraces et des invertébrés agressifs dont la taille varie selon les espèces. De manière générale, ils mesurent entre 1 et 7 centimètres.

Le corps des solifuges est divisé de manière similaire à celui des araignées, soit en deux segments appelés prosome (où les pattes sont insérées) et opisthosome (queue).

Il y a une confusion au sein de ce groupe concernant le nombre de paires de pattes. Certains considèrent que les solifuges ont 5 paires de pattes, mais de manière formelle, on estime que ces invertébrés ont 6 paires de membres. De l’avant vers l’arrière, nous avons les éléments suivants :

  • Première paire : elles font partie de sa bouche et sont appelées chélicères ou « tenailles ». Elles aident l’invertébré à s’alimenter.
  • Deuxième paire : appelées pédipalpes, ces extrémités possèdent un grand nombre de “poils” sensibles, qu’elles utilisent pour se déplacer (locomotion).
  • De la troisième à la sixième paire : les 4 paires de pattes restantes sont celles qui servent exclusivement à la locomotion, à l’exception de la troisième, qui sert de canne et de guide.

Contrairement aux araignées, les solifuges n’ont pas de « taille » qui divise les deux parties du corps. En revanche, il est possible d’observer un léger rétrécissement peu, qui fait que leur corps semble plus homogène et long.

Caractère

Les solifuges sont connus pour être des chasseurs enthousiastes et très rapides. Certains spécimens sont capables d’atteindre 16 kilomètres/heure. Ils excellent dans la traque : ils attendent le moment parfait pour frapper ou poursuivent agilement leur victime.

Par ailleurs, dans leurs pédipalpes, il y a des organes d’aspiration, qui leur permettent de grimper aux murs sans trop d’effort. Cette caractéristique leur confère une grande mobilité.

Les solifuges sont particulièrement actifs entre mai et novembre. En hiver, ils cherchent un abri. Pour ce faire, ils creusent leurs propres trous, à l’aide de leurs chélicères ou de leurs pattes, et se cachent sous le sable pour se réchauffer.

Les solifuges sont également capables d’envahir les terriers de certains mammifères, pour s’épargner du travail.

Les espèces de l’ordre des solifuges

À l’heure actuelle, 12 familles et plus de 150 genres sont reconnus au sein de l’ordre des solifuges. Cependant, il existe encore plusieurs conflits concernant la taxonomie. Actuellement, ce groupe est divisé comme suit :

  • Daesiidae : ce groupe est largement réparti en Afrique, en Inde, en Italie et en Amérique du Sud. La morphologie diffère peu de l’espèce précédemment décrite. Son espèce représentative est Gluvia dorsalis, originaire de la péninsule ibérique.
  • Karschiidae : On les trouve uniquement en Afrique du Nord, en Asie centrale et en Chine occidentale. Leur morphologie se distingue par la présence d’un grand nombre de poils au niveau des chélicères. Les espèces du genre Eusimonia et Trichotoma. font partie de ce groupe.
  • Hexisopodidae : cette famille n’est distribuée que dans la partie australe de l’Afrique. Elle se distingue par des tarses non divisés (section de ses pattes).
  • Gylippidae : ce sont des solifuges peu répandus au Moyen-Orient et en Asie centrale, qui se distinguent par des chélicères aplaties au niveau de leur partie supérieure.
  • Melanoblossiidae : ces solifuges ont une série de « dents » supplémentaires au niveau des chélicères. On les trouve uniquement en Afrique australe.
  • Galeodidae : ces solifuges ont des microvillosités sur le bout de leurs pattes. Ils sont répartis de l’Afrique du Nord à l’Asie.
  • Ceromidae : cette famille limitée à l’Afrique subsaharienne se distingue par le fait que ses tardes n’ont que 2 divisions.
  • Eremobatidae et Ammotrechidae : ces solifuges font partie des solifuges du Nouveau Monde (Amérique), qui diffèrent des autres par la présence d’épines sur les pédipalpes et par l’absence de griffes.
  • Rhagodidae : ce groupe a une large distribution qui couvre l’Inde, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Le corps de ces solifuges est plus cylindrique, et les chélicères sont plus robustes et ont moins de dents.
  • Solpugidae : ces solifuges ont des papilles sensibles au niveau de leurs pédipalpes. On les trouve en Afrique et dans certaines régions d’Irak.
  • Mummuciida : ce qui habite le nouveau monde, mais uniquement en Amérique du Sud, présente des comportements diurnes, contrairement aux précédentes.

Alimentation

Ces invertébrés sont principalement des carnivores. Ils consomment quelques arthropodes ou lézards. Toutefois, à certaines occasions, ils adoptent un comportement opportuniste, et se nourrissent alors de certains oiseaux ou de petits mammifères. C’est pourquoi leurs pattes sensibles sont essentielles : elles leur permettent de percevoir leurs proies, qu’elles coupent ensuite avec leurs chélicères.

Reproduction

Les solifuges sont très rudes au moment de l’accouplement que l’on peut même considérer comme violent. En effet, le mâle semble obliger la femelle à s’accoupler, profitant de sa vulnérabilité et du facteur surprise pour la féconder. De plus, lorsque l’acte est terminé, il s’échappe à grande vitesse avant que la femelle ne puisse faire quoi que ce soit.

La plupart de ces spécimens se reproduisent entre juin et juillet, période où ils sont le plus actifs. Durant ces mois, le mâle attaque par surprise la femelle, et ce, si vite qu’il provoque un état cataleptique. Conséquence de cela : la femelle adopte une posture de soumission, que le mâle renforce en lui tenant ses pattes afin qu’elle ne se débatte pas.

Au cours de ce processus, l’agresseur dépose une goutte de sperme sur le sol, qu’il prélève délicatement avec ses chélicères, puis l’introduit dans l’oviducte de la victime. Tout ce rituel ne peut durer que quelques minutes, puisque le mâle est très rapide et tente d’éviter à tout prix une bagarre. Cela est important car, autrement, il risque d’être dévoré par la femelle.

Comment naissent les solifuges ?

Ces invertébrés sont des organismes ovipares, ils doivent donc creuser un terrier pour pondre leurs œufs. L’éclosion se produit seulement quelques heures après la ponte. Les solifuges naissent immobiles et aveugles, car ils n’ont pas encore fini de se développer.

Avant de devenir adulte, chaque spécimen passera par plusieurs étapes qui impliquent à chaque fois un changement d’exosquelette (mue).

Un solifuge sur fond blanc.

L’un des rôles les plus importants de ces espèces est leur rôle de contrôleurs des populations. Leurs proies étant très variées, elles constituent un pilier fondamental pour l’écosystème. Malheureusement, ces elles font partie des espèces les moins étudiées au monde. Elles recèlent alors sans doute encore de nombreux secrets.

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