Glaucome chez le cheval : causes, symptômes et traitement

Le glaucome chez les chevaux est une maladie qui progresse lentement mais sûrement. Si elle n'est pas traitée, elle peut entraîner une perte de vision irréversible.
Glaucome chez le cheval : causes, symptômes et traitement

Dernière mise à jour : 31 juillet, 2021

La vue des équidés est excellente et leur permet de distinguer les objets de près et de loin, de jour comme de nuit. Et cela n’est pas dû au hasard : ce sont des proies animales qui, dans le milieu naturel, doivent rester constamment en état d’alerte afin d’éviter les prédateurs. Le glaucome du cheval est une affection qui lui ôte peu à peu la vue.

La majorité des chevaux touchés par cette affection oculaire ont plus de 15 ans – 65 % des patients -, mais elle a aussi été détectée chez des animaux âgés entre 5 et 35 ans, notamment chez la race Appaloosa et l’american quarter. Si vous voulez en savoir plus sur le glaucome chez les chevaux et comment le détecter avant qu’il ne soit trop tard, poursuivez donc votre lecture.

Le glaucome chez les chevaux

Le terme « glaucome » fait référence à une série d’affections qui ont toujours un point en commun : une augmentation de la pression dans l’œil ou de la pression intra-oculaire (PIO). En raison d’un mauvais drainage du liquide du globe oculaire (humeur aqueuse), le nerf optique est progressivement endommagé jusqu’à ce que la vision soit complètement perdue.

Chez les chevaux, immédiatement après l’iris se trouve le corps ciliaire, qui produit l’humeur aqueuse. Ce liquide fournit un soutien métabolique à l’arrière de la cornée et maintient les structures internes de l’œil fonctionnelles. Une fois qu’elle a réalisé son parcours, l’humeur aqueuse s’écoule de l’œil par la voie uvéosclérale ou les voies de sortie iridocornéennes.

Le problème survient lorsque le drainage de l’humeur aqueuse n’est pas effectué correctement et que le liquide s’accumule, soit en raison d’une malformation congénitale, soit en raison d’un événement extrinsèque à l’œil. Selon des études, les dommages les plus courants en cas de glaucome chez les chevaux sont les suivants :

  • Hypercellularité du nerf optique (98% des cas) : il s’agit d’une augmentation pathologique du nombre de cellules de ce tissu nerveux. Les dommages sont constants et graves, et sont causés par une augmentation de la pression intraoculaire chez le cheval (PIO).
  • Atrophie rétinienne (89 %) : cette condition entraîne une perte de vision qui est typique de la maladie.
  • Vascularisation de la cornée (83 %) : des vaisseaux sanguins s’infiltrent dans la cornée (qui normalement n’en ont pas) et la vision du cheval se dégrade drastiquement.

L’incidence du glaucome chez les chevaux est faible, puisqu’on estime qu’elle touche 0,07 % des chevaux domestiques.

Un cheval les yeux fermés.

Les types de glaucome chez les chevaux

Le glaucome peut être classé selon son étiologie. Voici les variantes de cette condition chez les équidés.

Glaucome primaire

C’est une maladie héréditaire qui dérive d’un dysfonctionnement du système de drainage de l’humeur aqueuse. Cette variante est très rare chez les chevaux, car ces animaux présentent à la fois un drainage par voies conventionnelles et non conventionnelles.

Sans entrer dans une terminologie complexe, il suffit de savoir que le glaucome primitif chez les équidés est moins fréquent que chez les chiens et les humains.

Glaucome secondaire

La plupart des cas de glaucome chez le cheval sont précédés d’une maladie antérieure. De nombreux tableaux cliniques sont liés à l’uvéite récurrente équine (ERU), une affection dans laquelle l’uvée de l’œil de l’animal s’enflamme de manière soutenue et répétée au fil du temps. Voici encore d’autres causes :

  • Tumeur intraoculaire
  • Perforations cornéennes
  • Luxation de la lentille intraoculaire

Les symptômes

La plupart des symptômes initiaux sont très difficiles à remarquer, tant chez les chevaux que chez les autres animaux. Pour cette raison, le glaucome est également connu sous le nom de “maladie silencieuse”, car on le remarque à un stade très avancé.

Les premiers signes sont les suivants : pupilles légèrement dilatées, rougeur des yeux et allongement du globe oculaire. Après ces premiers symptômes, les symptômes plus graves s’installent. Parmi eux, figurent les suivants :

  • Une pupille très dilatée, complètement immobile ou très lente.
  • Rougeur très marquée dans la partie blanche de l’œil de l’animal (sclérotique).
  • Gonflement et décoloration de la cornée, comm si une lentille opaque avait été posée dans l’œil affecté.
  • Un globe oculaire plus ferme que la normale.

Le diagnostic

Comme les études l’indiquent, le diagnostic est posé sur la base des symptômes décrits par le maître et sur la mesure de la pression intraoculaire (PIO) du patient. La PIO normale chez les équidés varie selon l’instrument utilisé et le contexte, mais est généralement comprise entre 17 et 28 mmHg. Cette mesure est effectuée avec des tonomètres spéciaux.

La pression intraoculaire moyenne chez les chevaux atteints de glaucome est de près de 40 mmHg. Une fois que la condition a été détectée, un examen approfondi des deux yeux de l’équidé doit être effectué pour détecter la cause possible d’un mauvais drainage dans l’œil affecté.

Le traitement

Souvent, le traitement de cette affection nécessite à la fois une approche pharmacologique et chirurgicale. Tout dépend des paramètres suivants :

  1. Présence ou absence de vision
  2. Présence d’une maladie concomitante autre que le glaucome
  3. Âge et état général du cheval
  4. Facteurs économiques du maître
  5. Traitement facile à établir

Malheureusement, la plupart des chevaux atteints de glaucome arrivent à la clinique lorsque l’œil est déjà gravement endommagé, surtout si la cause est une uvéite récurrente équine. Dans ce cas, la réponse au traitement est généralement très faible et l’on ne s’attend pas à ce que l’animal retrouve la vision perdue. On peut toutefois éviter qu’elle ne s’aggrave.

En ce qui concerne les médicaments, le maléate de timolol et le dorzolamide sont généralement prescrits en association par voie topique. Ces médicaments diminuent la production d’humeur aqueuse et favorisent le drainage de l’excès de liquide. Si cela ne fonctionne pas, il est possible de recourir à des processus de filtrage et à différents types de chirurgies oculaires.

Une femme embrasse un cheval atteint de la grippe équine.

En somme, le glaucome du cheval est une maladie très rare et difficile à détecter dans la grande majorité des cas. L’animal ne peut pas retrouver la vue qu’il a perdue, mais heureusement, il est possible d’empêcher qu’il ne devienne complètement aveugle.

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