Comment et pourquoi éviter le trafic illégal d'espèces ?

Prévenir le trafic illégal d'espèces est la priorité de nombreuses organisations et personnes, mais en quoi consiste ce crime et comment l'éviter ? Nous vous disons tout ici à ce sujet.
Comment et pourquoi éviter le trafic illégal d'espèces ?

Dernière mise à jour : 07 décembre, 2021

Depuis des années, il est de notoriété publique que la biodiversité de la Terre est en danger et, avec elle, la planète elle-même. Ce problème nécessite plusieurs solutions, l’une des plus importantes étant d’empêcher le trafic illégal d’espèces.

Le changement climatique, la fonte des pôles, les pandémies et bien d’autres menaces à la vie dépendent de cette mesure et de bien d’autres. Dans cet article, nous nous concentrerons sur l’une des actions humaines qui nuit le plus à l’avenir et au présent du globe : la capture, le transport et la vente illégale d’animaux et de plantes.

Commerce illégal et convention CITES

Si vous êtes un amoureux de la nature et que vous souhaitez la protéger, vous serez surpris de savoir que le commerce de certaines espèces est considéré comme légal, ainsi que celui de leurs parties ou dérivés. Il faut savoir que la loi de chaque pays réglemente la collecte et la vente de chaque espèce en fonction de sa valeur économique pour l’homme, principalement.

Au niveau international, il existe une réglementation appelée Convention CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) . Grâce à ce traité, un réseau mondial a été mis en place pour contrôler le commerce des espèces sauvages menacées.

Les transactions enregistrées par la CITES comprennent 78 % d’animaux exotiques et 22 % d’espèces végétales.

À ce jour, plus de 37 000 espèces d’animaux et de plantes sont inscrites sur la liste CITES. Dans cette liste, il y a 3 annexes qui déterminent le degré de protection pour chaque taxon :

  • Annexe I. Les espèces menacées sont répertoriées dans cette annexe. Leur commerce, ainsi que celui de leurs parties et produits dérivés, est interdit.
  • Annexe II. Cette section énumère les plantes et les animaux dont le commerce est réglementé pour des raisons de conservation, mais les espèces ne sont pas nécessairement en danger d’extinction.
  • Annexe III. Lorsqu’un membre de la convention demande que le commerce d’une espèce spécifique soit réglementé, ce taxon entre dans cette annexe jusqu’à ce que les autres membres approuvent cette demande ou la rejettent.
Comment et pourquoi éviter le trafic d'espèces ?

Les chiffres du commerce illégal

Sur le papier, les chiffres et les règles semblent impressionnants. Cependant, leur mise en pratique implique un grand nombre de facteurs défavorables à contrôler et des problèmes non résolus :

  • Les millions d’espèces qui ne sont pas inscrites à la CITES dépendent de la législation de chaque pays. Elles sont donc susceptibles de continuer d’être victimes du commerce illégal.
  • La CITES se limite à réglementer le commerce. Elle n’a pas le pouvoir de stopper les activités criminelles comme le braconnage et la récolte illégale de plantes si les victimes ne sont pas ensuite commercialisées.
  • S’il n’est pas prouvé que des espèces protégées ont traversé la frontière en violation des règles de la CITES, il n’y a aucun moyen légal de prendre des mesures contre les trafiquants.

Par conséquent, on suppose que les crimes contre la nature sont beaucoup plus nombreux que ceux reflétés dans les documents officiel, dont le nombre est déjà colossal. En 2017, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, 20 762 saisies d’animaux et de végétaux ont été effectuées aux frontières et aux douanes.

Le rendement du trafic illégal d’espèces s’élève 10 et 20 milliards d’euros chaque année, un chiffre comparable à celui du trafic de drogue et seulement dépassé par la vente illégale d’armes.

Les 2 espèces les plus menacées sont les éléphants – le commerce de spécimens et de leurs parties représente 33,1 % du total – et le bois de rose, un bois exotique des zones tropicales d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. L’arbre dont provient ce matériel représente 40,7 % du commerce illégal.

Pourquoi éviter le trafic illégal d’espèces ?

Les raisons pour lesquelles il faut éviter le trafic illégal coulent de source : pour la planète, pour les animaux et pour les humains eux-mêmes. Désormais, les faits sont beaucoup plus explicites et concrets.

Vous avez sûrement vu des images d’un rhinocéros découpé au coucher du soleil dans la savane. Vous vous souvenez probablement aussi des rapports dans lesquels figuraient des morceaux inertes du rhinocéros, soit dans le cadre d’enquêtes secrètes, soit dans des rapports officiels de leur saisie. Cette réalité nous conduit à un processus humain fondamental : l’empathie.

La plupart des humains sont suffisamment sensibles pour être horrifiés par cette violence. Par conséquent, la principale raison pour laquelle il faut lutter contre ce trafic est simple et, en même temps, pleine de nuances : il n’est pas possible de rester les bras croisés lorsque nous sommes témoins d’abus.

Des millions de détails s’ajoutent à tout cela. Des guerres financées avec l’argent de l’exploitation animale et humaine, une Amazone qui rétrécit, un ours polaire flottant sur un morceau de glace, un éléphant battu dans un cirque, une pandémie mondiale, des chiens recroquevillés dans une cellule de laboratoire. La liste pourrait s’allonger à l’infini.

Comment éviter le trafic illégal d’espèces ?

Enfin, nous arrivons à la partie la plus importante de ce sujet : que faire pour éviter tout cela ? Quel pouvoir un individu a-t-il contre des chiffres qui se comptent par millions ? La réponse est simple : les personnes se comptent également par millions.

Souvent, les données qui nous parviennent sont celles de crimes physiquement éloignés : un braconnage en Afrique, des saisies dans les aéroports, etc. Cependant, et malheureusement, les abus et les crimes contre les animaux et les plantes sont présents partout. Si vous voulez aider à la lutte, voici quelques mesures que vous pouvez suivre :

  • Renseignez-vous sur les espèces protégées dans votre région. Parfois un geste innocent comme arracher une fleur a un impact négatif sur l’écosystème. Savoir, c’est pouvoir.
  • Signalez les délits dont vous êtes le témoin dans votre environnement. L’élevage et la vente d’animaux et de plantes protégés sont à l’origine de nombreux problèmes, tels que les invasions d’espèces étrangères.
  • N’achetez pas d’animaux. Il y a des milliers d’amis qui vous attendent dans les refuges.
  • Rejetez toute forme d’exploitation animale. L’argent qui est donné aux industries de la fourrure, de la chasse sportive ou encore de l’alimentation contribue au  financement de nombreuses activités illégales.
  • Adoptez des habitudes écologiques dans votre quotidien. Le recyclage d’une canette ou encore l’achat de fruits en vrac sont des gestes simples qui ont un impact positif. Ne les sous-estimez pas.
  • Collaborez avec les groupes de pression sociale. Les changements viennent toujours d’en bas. Que ce soit au niveau local ou international, les organisations de lobbying ont besoin de tout le soutien du monde.
Les singes sont des animaux qui peuvent devenir déprimés.

Surtout, n’oubliez jamais que votre contribution individuelle est inestimable pour la planète. Nous vivons à une époque où les grands exploits sont accomplis en groupe, alors ne perdez pas l’espoir de créer un monde meilleur pour tous.

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