La plupart des primates de Madagascar sont en danger d'extinction

Les primates de Madagascar, les lémuriens, sont de plus en plus menacés de disparition. Découvrez ici pourquoi.
La plupart des primates de Madagascar sont en danger d'extinction

Dernière mise à jour : 26 juillet, 2021

On sait que tous les animaux et les plantes de la Terre, dans une plus ou moins grande mesure, sont menacés par l’action de l’homme. Cependant, lorsqu’il s’agit d’espèces endémiques – comme les primates de Madagascar – leur disparition est encore plus regrettable pour la planète.

Actuellement, on estime que 1/3 des lémuriens de cette île sont en danger critique d’extinction. Dans cet article, vous pourrez explorer les causes de ce déclin qui, loin d’être récent, s’est intensifié au cours des deux dernières années.

Madagascar, une source de vie

Située au large des côtes orientales de l’Afrique, Madagascar possède une diversité biologique incomparable : 80 à 90 % de ses plantes et animaux sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les trouve nulle part ailleurs sur la planète.

Madagascar s’est séparée de la plaque continentale africaine il y a environ 160 millions d’années, puis de la masse continentale indienne il y a 90 millions d’années, ce qui en fait la plus ancienne île du monde.

Les primates de Madagascar, les lémuriens, comptent au total 107 espèces différentes. Parmi celles-ci, 103 sont en danger d’extinction, et parmi ces dernières, 33 sont en danger critique d’extinction. Sans aucun doute, la situation est extrêmement grave.

Les menaces qui pèsent sur les primates de Madagascar

Les espèces, cependant, ne se sont pas éteintes d’elles-mêmes. Le déclin des primates de Madagascar répond à une série de facteurs qui, combinés les uns aux autres, menacent non seulement la vie des lémuriens, mais aussi à une grande partie de la vie sur cette île. Nous vous en présentons quelques-unes.

Un écosystème vert de Madagascar.

Déforestation agressive

Les forêts de Madagascar ont été coupées en deux entre 1953 et 2014. Depuis, la pression de la déforestation, loin de s’arrêter, continue de miner les habitats des lémuriens. Les forêts tropicales humides de l’est du pays pourraient disparaître complètement d’ici 2070, selon une étude publiée récemment dans Nature Climate.

L’UICN a lancé une stratégie de conservation des lémuriens à travers la protection de ces espaces naturels. Pour ce faire, elle a collecté des fonds pour promouvoir l’écotourisme, créer de nouvelles aires protégées communautaires, patrouiller, reboiser et sensibiliser les écoles à ce problème.

Crise économique due à la COVID-19

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde. La malnutrition infantile est un problème répandu : 1 enfant sur 2 de moins de 5 ans souffre d’un retard de croissance.

En raison du manque de moyens, dans les zones rurales, de nombreuses personnes dépendent de la chasse pour se nourrir et des arbres pour allumer des feux.

Avant la pandémie, le tourisme était l’un des piliers de l’économie malgache, générant plus de 300 000 emplois. Les revenus de ce secteur étaient d’environ 900 millions de dollars par an dans un pays où la plupart des gens vivent avec moins de 2 dollars par jour.

L’interruption du tourisme due au confinement n’a fait qu’augmenter la pauvreté de la population. C’est pourquoi les lémuriens sont devenus une source de plus en plus fréquente de viande, et les forêts un réservoir de carburant.

La pauvreté dans certaines régions favorise une exploitation non durable des écosystèmes.

Extraction de charbon non durable

Malgré les lois interdisant l’exploitation forestière dans les aires protégées, plusieurs entreprises ont continué à le faire pendant la pandémie de COVID-19, profitant du grand nombre de populations appauvries qui ont afflué vers ces endroits à la recherche de travail.

La coupe de bois pour le charbon de bois est devenue une activité très rentable, car c’est un combustible plus léger et plus efficace que le bois.

Les primates les plus menacés de Madagascar

Bien que presque tous les primates de Madagascar soient en danger, certains d’entre eux sont sur le point de disparaître à jamais. Voici quelques exemples de la triste réalité d’aujourd’hui :

  • Lépulémur du Sahafary (Lepilemur septentrionalis) : son aire de répartition, déjà réduite, n’est située dans aucune aire protégée. Il n’y a qu’une centaine de spécimens. Grâce au programme de conservation de l’UICN susmentionné, il y a une lueur d’espoir pour ce lémurien.
  • Propithèque des verreaux (Propithecus verreauxi) : également en danger critique d’extinction, ses principaux problèmes sont la déforestation agressive de ses habitats, les incendies et la chasse.
  • Microcèbe de Mme Berthe (Microcebus berthae) : c’est le plus petit primate du monde. Il fait partie de la liste des 25 primates les plus menacés au monde.
  • Lémur mangos (Eulemur mongoz) : il existe actuellement une centaine de spécimens de cette espèce, en ajoutant ceux qui sont en captivité et ceux à l’état sauvage. Leur habitat est particulièrement affecté par la déforestation pour la production de charbon de bois.
Un lémurien.

Chaque jour qui passe, le problème de la Terre et, par extension, de l’humain, devient plus évident. Les conséquences de la destruction de la nature sont plus que palpables, au point qu’elle ne fait plus l’objet d’hypothèses : tempêtes, pandémies, animaux hors de leur habitat et un long etcétera. Quand notre espèce va-t-elle réagir ?

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