Fourmis de feu : habitat et caractéristiques

Le venin inoculé par les fourmis de feu est si particulier qu'il fait même l'objet d'études sur la lutte contre les infections fongiques dans les cultures agricoles.
Fourmis de feu : habitat et caractéristiques

Dernière mise à jour : 10 octobre, 2021

Les fourmis sont un groupe d’insectes répartis dans une grande partie du monde. Bien que la plupart vivent normalement avec les humains, certaines d’entre elles causent de graves problèmes de santé. C’est le cas des fourmis de feu, une espèce considérée comme invasive dans plusieurs régions et dont la piqûre est assez douloureuse.

Les fourmis de feu appartiennent au genre Solenopsis, qui fait partie de la famille des Formicidae. Elles sont donc de proches parents des abeilles et des guêpes.

En plus d’être envahissantes, ces espèces sont généralement très agressives : elles piquent quiconque les dérange. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus sur ces curieux invertébrés.

Habitat et répartition

Les espèces de fourmis de feu les plus représentatives sont endémiques d’Amérique du Sud. Cependant, en raison de leur petite taille, elles ont réussi à conquérir d’autres parties du monde, où elles sont désormais considérées comme des ravageurs.

On les trouve dans plusieurs pays du continent américain, en Asie, dans certaines îles de la Polynésie et en Australie. Ces fourmis sont peu sélectives dans leurs habitats, bien qu’elles aient une préférence pour les zones humides à végétation modérée.

Pour autant, elles ne se limitent pas à ces lieux, puisqu’on les trouve également dans les zones agricoles, rurales et urbaines. Elles s’adaptent donc à des environnements variés.

Fourmis rouges.

Caractéristiques physiques

Ces insectes sont des hyménoptères. Leur apparence physique est donc très similaire à celle d’une guêpe ou d’une abeille.

Le plan d’organisation de la fourmi est divisé en trois régions ou tagmes : la tête, le thorax et l’abdomen. Chaque section est séparée l’une de l’autre par une petite constriction, beaucoup plus évidente entre la zone thoracique et la zone abdominale.

Les fourmis de feu conservent les caractéristiques typiques des formicidés. Elles ont donc une paire d’antennes, une mâchoire puissante et trois paires de pattes.

Elles sont aussi petites : elles mesurent à peine 6 millimètres de long. Elles peuvent être de couleur rouge, noire ou marron, et leur abdomen est généralement plus foncé que le reste du corps.

Les 3 caractéristiques distinctives de ces fourmis sont leur aspect velu, la structure particulière de leurs antennes et la “double” taille d’une guêpe. Même si à première vue elles ressemblent à des fourmis ordinaires, il est facile de les différencier.

Les types de Solenopsis

Malgré le fait que ce genre soit reconnu comme “fourmis de feu”, toutes les espèces qui le composent ne sont pas classées comme telles. La taxonomie de Solenopsis est un défi pour les spécialistes, car classer des espèces qui sont presque identiques n’a rien de simple.

La taxonomie est sujette à débat en raison du manque de cohérence génétique entre les représentants.

À l’heure actuelle, 3 groupes différents sont reconnus dans le genre Solenopsis. Ce groupement est le plus proche d’une classification formelle. En écartant les fourmis de feu que nous avons déjà décrites, les deux autres sont les suivantes :

  • Fourmis voleuses : elles sont ainsi connues, car elles vivent dans les parois des nids d’autres fourmis. elles se nourrissent de la nourriture qu’elles volent et vivent aux dépens de leurs hôtes (lestobioticas). Auparavant, elles étaient regroupées dans le genre Diplorhoptrum, maintenant elles appartiennent au genre Solenopsis.
  • Fourmis parasites : les reines parasites volent et envahissent les nids d’autres fourmis, en s’attachant à l’abdomen des reines hôtes. Les ouvrières de la colonie hôte soignent et nourrissent la progéniture de la reine parasite. Solenopsis daguerrei en est un exemple : elle parasite la fourmi de feu Solenopsis invicta.

Le comportement des fourmis de feu

Les colonies de fourmis de feu sont assez protectrices avec leur nid, elles n’hésiteront donc pas à attaquer à la moindre provocation. Loin de piquer leur agresseur une seule fois, ces espèces attaquent plusieurs fois, causant une série de blessures consécutives aux victimes.

Le grand travail d’équipe qu’elles effectuent est une de leurs principales caractéristiques. C’est pourquoi elles sont considérées comme des espèces sociables.

Ce travail est possible grâce à leur communication efficace. Elles utilisent des phéromones qui indiquent les endroits où se trouvent la nourriture et qui avertissent également des dangers.

Quant aux fourmilières, ces insectes forment généralement des monticules dans lesquels se trouvent les entrées de leurs tunnels complexes. De telles structures peuvent atteindre 60 centimètres de haut et contenir un grand nombre de connexions internes. Plusieurs colonies peuvent être reliées par des conduits souterrains.

La piqûre des fourmis de feu

Certaines fourmis sont capables de produire des poisons qu’elles utilisent pour se défendre ou pour chasser. Cependant, peu d’entre eux sont assez forts pour faire des ravages sur la santé humaine. La fourmi de feu contient une toxine alcaloïde qui, loin d’être mortelle, provoque une douleur intense au niveau de sa piqûre.

Cette douleur équivaut à celle d’une brûlure, d’où le nom commun de ces fourmis. Mais la piqûre n’est pas mortelle, bien que cela ne signifie pas qu’elle n’est pas dangereuse : les composants de sa toxine peuvent provoquer de graves réactions allergiques chez les victimes et les résultats peuvent être mortels.

Comportement alimentaire

Le régime alimentaire de ces fourmis est composé d’insectes et de végétation. Les ouvrières ingèrent des grillons, des cafards, des coléoptères, des graines, des feuilles et des restes d’insectes, selon la disponibilité des ressources. Et lorsque la nourriture se fait rare, elles peuvent même se manger entre elles (cannibalisme).

Par ailleurs, comme d’autres espèces de formicidés, les fourmis de feu parviennent à établir des relations symbiotiques avec les pucerons, qui les nourrissent de sucres. Elles ont ainsi un large répertoire alimentaire, un critère essentiel pour être considéré comme une espèce envahissante.

Fourmis rouges.

Comportement reproducteur

Comme la plupart des hyménoptères, cette espèce a recours à un mécanisme de caste et au vol nuptial pour la reproduction. En plus de cela, ces fourmis ont un succès reproducteur élevé, car elles s’accouplent plusieurs fois par an et parviennent à établir plusieurs nids en peu de temps.

Les rangs sociaux de la fourmi de feu sont les rangs classiques que l’on retrouve dans une fourmilière :

  1. Mâles : ce sont des spécimens haploïdes à courte durée de vie qui éclosent à partir d’œufs non fécondés et qui sont produits en même temps que les reines vierges. Leur seul but est de copuler avec la femelle. Ils meurent quelques jours plus tard sans pouvoir regagner leur nid d’origine.
  2. Femelles infertiles (ouvrières) : elles sont en charge de la plupart des travaux au sein de la colonie. Elles nourrissent et défendent le nid. Ces spécimens sont nés d’œufs fécondés, ils sont donc diploïdes, bien que leurs organes reproducteurs soient atrophiés.
  3. Femelles fertiles (reines vierges) : ces femelles sont légèrement plus grandes et ont des ailes pour participer au vol nuptial. Contrairement aux ouvrières, elles peuvent se reproduire, puisqu’elles seront les fondratrices de nouvelles colonies.
  4. Reines (fondatrices de la colonie) : ce sont elles qui gouvernent les fourmilières et ne sont chargées que de pondre des œufs.

L’accouplement des hyménoptères s’effectue au moyen d’une parade aérienne voyante connue sous le nom de vol nuptial. Au cours de cet événement, les mâles et les reines vierges s’envolent dans le ciel et entament une course-poursuite qui se termine par la fécondation des femelles.

Une fois l’opération terminée, les reines fécondées partent à la recherche d’un endroit pour fonder leur fourmilière et pondre leurs premiers œufs. Dans certains cas, les nouvelles reines s’entraident dans la construction de leur nouvelle colonie, ce qui facilite de nombreuses tâches.

En conséquence, certains nids évoluent avec plusieurs reines à l’ intérieur. Elles vivent ensemble pour agrandir et bien établir leur colonie. Il est à noter qu’il s’agit de cas exceptionnels ; on parle de polygénie.

Les fourmis de feu, des envahisseurs problématiques

Les fourmis de feu présentent un potentiel inné qui leur permet de s’adapter à de nouveaux environnements et de conquérir d’autres pays ou îles. C’est la principale raison pour laquelle leur répartition couvre différentes régions du monde, et c’est aussi la raison pour laquelle elles sont devenues des espèces potentiellement envahissantes.

Par exemple, les États-Unis ont un protocole de quarantaine qui consiste à signaler la présence de ces insectes pour tenter de les éradiquer. De même, l’Australie a investi des ressources économiques pour pouvoir diminuer leur population et ainsi éviter des pertes économiques.

Ces deux opérations sont des solutions agressives, mais il s’agit d’une réponse nécessaire à une situation devenue très dangereuse au niveau de l’écosystème.

Malgré tous les efforts déployés, la taille et la propagation facile de ces fourmis font qu’il est difficile d’améliorer la situation. Ce genre de fourmis n’est qu’un exemple de la dangerosité que représente le fait d’introduire des animaux en dehors de leur écosystème.

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