7 curiosités sur le poisson-perroquet

Les poissons-perroquets font partie des animaux marins les plus remarquables au monde. Saviez-vous que certains se couvrent d'une couche de mucus protecteur chaque nuit ?
7 curiosités sur le poisson-perroquet

Dernière mise à jour : 27 juillet, 2021

Les océans sont aussi vastes que mystérieux. À ce jour, aucun chiffre exact reflétant la biodiversité des écosystèmes aquatiques ne peut être fourni, mais selon des sources professionnelles, on estime qu’il existe plus de 33 600 espèces de poissons dans le monde. Parmi les poissons les plus fascinants et curieux figure le poisson-perroquet.

Ce poisson marin actinoptérygien se distingue par sa taille, ses couleurs et ses habitudes. Il participe activement à la bioérosion des écosystèmes aquatiques et il remplit des fonctions irremplaçables. Si vous voulez en savoir plus sur le poisson-perroquet et ses parents, poursuivez donc votre lecture.

1. Le terme “poisson-perroquet” englobe de nombreuses espèces

Il est courant de prendre le nom usuel d’un animal comme désignateur « officiel » de plusieurs espèces, mais la vérité est qu’il manque parfois de pertinence taxonomique. Par exemple, le terme “poisson-perroquet” englobe 95 espèces avec des caractéristiques communes qui font partie de la famille des Scaridae.

Le représentant au sein de ce taxon est sans doute le poisson-perroquet commun (Scarus psittacus), car il s’agit de l’espèce type du genre Scarus, un clade qui comprend 52 des espèces de poissons-perroquets réparties dans les océans du monde. Mais de nombreux poissons peuvent être appelés “poissons perroquets”, en raison de leurs caractéristiques communes.

Les poissons-perroquets sont divisés en 9 genres, tous appartenant à la famille des Scaridae.

2. Un groupe d’espèces tropicales

L’une des caractéristiques les plus connues du poisson-perroquet est qu’il s’agit d’un animal éminemment tropical. Quelles que soient les espèces que nous examinons, elles se trouvent toutes principalement dans les eaux chaudes des océans Atlantique, Indien et Pacifique.

Scarus ghobban est l’exception qui confirme la règle. En effet, ce dernier s’est aventuré à coloniser la Méditerranée et la mer Rouge.

Connaissez-vous les curiosités sur le poisson-perroquet ?

3. Un poisson typique des récifs coralliens

Les poissons-perroquets sont sans équivoque associés aux récifs coralliens, comme l’indique Animal Diversity Web. Ces animaux sont extrêmement importants dans l’écosystème susmentionné, car ils se nourrissent de macroalgues qui, autrement, seraient en concurrence avec les espèces formant des coraux pour l’espace et les ressources.

Cette relation est paradigmatique, car des études ont enregistré que certaines espèces de poissons de ce groupe se nourrissent également de coraux vivants. Ces animaux sont alors susceptibles de permettre la croissance des récifs, et de contrôler la croissance des coraux par prédation directe.

4. Un régime inhabituel

Puisque nous parlons du travail de biocontrôle des poissons-perroquets, nous ne pouvons pas ne pas mentionner leur régime alimentaire. La plupart sont des herbivores qui se nourrissent d’algues lithophiles, celles qui poussent sur les rochers des formations géographiques côtières. Ils peuvent gratter les sédiments grâce à leur « bec » osseux mandibulaire.

L’espèce Bolbometopon muricatum est l’exception qui confirme la règle, car ce poisson-perroquet se nourrit de coraux vivants. Les polypes ne sont pas sa seule base nutritionnelle, mais ils représentent jusqu’à 50 % de son apport quotidien. Hormis ce cas, on estime que moins de 1 % des poissons de cette famille mordent volontairement les coraux.

5. L’espérance de vie du poisson-perroquet varie

La plupart des poissons-perroquets vivent 5 ans ou moins, mais encore une fois, il existe des exceptions. Bolbometopon muricatum se démarque de nouveau, battant des records avec une longévité maximale de 20 ans.

Cela n’est pas surprenant, car c’est la plus grande espèce de ce groupe. Elle mesure environ 130 centimètres de long et pèse jusqu’à 46 kilogrammes.

6. La capacité de bioérosion, l’une des curiosités les plus importantes

Le terme bioérosion fait référence à la dégradation des substrats marins durs par l’action de certains êtres vivants. Ce processus peut être effectué par des mollusques, des annélides polychètes, des éponges, des crustacés, des échinodermes et, bien sûr, des poissons.

Le poisson-perroquet est le représentant le plus important de ce dernier groupe. En effet, grâce à ses habitudes herbivores, il modifie les écosystèmes dans lesquels il se nourrit.

Il se nourrit des algues attachées aux rochers et broient le matériel ingéré. En conséquence, ils transforment des fragments de roche en fines particules de la taille d’un grain de sable.

L’érosion de l’aragonite des récifs coralliens par ces poissons est estimée à plus de 1000 kilogrammes par an.

7. Certaines espèces produisent une couche muqueuse spéciale

Certaines espèces de poissons-perroquets, comme Scarus vetula, excrètent un mucus très spécial par la bouche. Cette matière visqueuse est libérée la nuit et crée une sorte de couche protectrice sur le corps du poisson, avec deux ouvertures qui permettent l’écoulement de l’eau.

Un poisson-perroquet met en moyenne 30 minutes pour synthétiser cette couche et l’éjecter par la bouche. Le mucus sécrété a une odeur et un goût nauséabonds, on suppose donc qu’il s’agit d’un mécanisme anti-prédateur.

Il pourrait aussi servir de sorte de chambre d’écho. Il permettrait alors de détecter les vibrations de l’eau lorsqu’un agent extérieur à la couche muqueuse s’approche de l’animal.

Les poissons-perroquets se réfugient dans les cavités rocheuses des récifs corraliens. 

Un poisson-perroquet dans la mer.

Les curiosités sur le poisson-perroquet sont nombreuses

Comme vous avez pu le voir, le groupe de poissons-perroquets est l’un des plus curieux au monde. De plus, ces poissons font partie des rares animaux marins capables de modifier l’environnement : se nourrissant d’algues, ils terraforment les écosystèmes coralliens et transforment les roches dures en sable.

La plupart des espèces citées, comme Scarus ghobban, ont des populations saines et ne sont pas en danger d’extinction. Cependant, d’autres, Bolbometopon muricatum, ne connaissent pas le même sort et leur situation est délicate en raison de la surpêche. Préserver ces architectes de l’écosystème marin doit être une priorité.

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