Qu'est-ce que la rhinopneumonie équine ?

La rhinopneumonie équine est une maladie hautement contagieuse avec un taux de mortalité élevé. Les multiples symptômes qu'elle provoque font que son diagnostic peut être confondu avec une autre pathologie.
Qu'est-ce que la rhinopneumonie équine ?
Daniel Aguilar

Rédigé et vérifié par le vétérinaire Daniel Aguilar.

Dernière mise à jour : 21 décembre, 2022

Bien que toutes les maladies auxquelles les animaux sont exposés doivent être prises au sérieux par leurs maîtres, il y en a qui, en raison de leurs caractéristiques, ont tendance à être plus agressives que d’autres. La rhinopneumonie équine est, sans aucun doute, l’une des maladies infectieuses les plus graves dans le monde des équidés.

Les chevaux peuvent devenir très sensibles aux maladies aiguës, lesquelles entraînent des complications secondaires et peuvent mettre leur vie en danger. Il est donc très important de savoir agir au bon moment pour éviter les infections Nous vous invitons à poursuivre votre lecture et à en découvrir davantage sur cette maladie préoccupante.

La rhinopneumonie équine est-elle un virus ?

La rhinopneumonie équine est une maladie d’origine virale présente dans le monde entier. Elle se caractérise par son taux élevé d’infection principalement chez les chevaux, bien qu’elle puisse également affecter les ânes et les mules du genre Equus.

L’agent causal de la rhinopneumonie équine est un herpèsvirus de la famille des Herpesviridae et du genre Varicelovirus. Sa période d’incubation est très courte et l’animal présente de la fièvre dans les 24 à 48 heures suivant l’infection. Au cours des 5 à 7 jours suivants, les autres signes cliniques commencent à apparaître.

C’est un virus très résistant, capable de survivre jusqu’à un mois dans l’environnement – dans des conditions idéales. L’importance d’une bonne gestion des animaux et des installations en présence de cet herpèsvirus est essentielle pour réduire les pertes économiques élevées qui caractérisent la maladie.

Un cheval qui éternue.

Les différences entre le EVH-1 et le EVH-4

Il existe 2 sous-types d’ herpèsvirus responsables de la rhinopneumonie équine. Chacun d’eux déclenche une série de réactions et de signes qui les distinguent les uns des autres. Nous les explorons brièvement ci-dessous.

HVE-1

Il provoque une grave maladie respiratoire qui touche principalement les jeunes chevaux. Il provoque également des avortements à partir du septième mois de gestation et une mortalité néonatale élevée. Des maladies telles que la myéloencéphalopathie, accompagnées de signes nerveux en réponse à des lésions du système nerveux central ou périphérique, sont courantes.

Faiblesse, atonie de la vessie, ataxie et mouvements anormaux sont quelques-uns des signes que vous pouvez voir se manifester chez les chevaux infectés par ce type d’herpèsvirus. Face à tout signe, séparez l’animal du reste jusqu’à l’établissement d’un diagnostic, afin d’éviter la contagion.

HVE-4

Il est considéré comme une variante virale légèrement moins agressive que le HVE-1. Le type de rhinopneumonie équine qu’il provoque est associé à une maladie respiratoire bénigne et, dans certains cas, à la présence de fausses couches.

Ce type de virus pénètre dans le corps par les voies respiratoires. Et il se réplique dans la cavité nasale, le pharynx, la trachée, la muqueuse et le tissu lymphoïde local.

Les symptômes de la rhinopneumonie équine

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la rhinopneumonie équine ne présente pas de symptomatologie exclusive, c’est pourquoi il peut être difficile d’établir un diagnostic définitif. Toutefois, le tableau clinique observé chez la plupart des patients atteints de cette pathologie est le suivant :

  • Toux
  • Léthargie
  • Congestion muqueuse
  • Fièvre
  • Inflammation des ganglions lymphatiques, de la trachée et des bronches
  • Écoulement nasal aqueux
  • Anorexie

Les poulains atteints de pneumonie

Chez l’adulte, au-delà d’un écoulement de mucus séreux, il n’y a généralement pas d’autres complications. Cependant, chez les poulains, la situation est plus grave.

Le tableau aigu commence par de la fièvre, un écoulement abondant des narines —d’abord séreux puis mucopurulent—, une conjonctivite et des larmoiements. Des ganglions lymphatiques enflés et une toux excessive sont également des signes cliniques courants.

De plus, les capillaires des voies respiratoires sont souvent affectés par une infection virale. Parfois, les blessures de l’appareil respiratoire sont si graves qu’elles peuvent entraîner une insuffisance respiratoire grave. Dans ces cas, le pronostic est réservé et l’issue est généralement fatale.

Ls animaux qui sont parvenus à naître alors que la mère souffrait d’une rhinopneumonie équine pendant la gestation, ont tendance à être faibles, malades, incapables de téter et à présenter une détresse respiratoire marquée. La mortalité atteint 100 % dans ces cas : la viabilité de ces poulains est donc quasi nulle.

Un pronostic est favorable lorsque l’animal ne souffre pas d’une infection bactérienne secondaire. Dans ce cas, le poulain récupère entre 2 et 3 semaines.

Les avortements à terme

Le virus est capable d’envahir les cellules sanguines au niveau respiratoire. Il voyage dans la circulation jusqu’à coloniser l’utérus maternel, où il produit de nombreux thrombus. De la même manière, le fœtus d’une mère enceinte infectée sera également touché, car des zones nécrotiques y seront générées.

Plus le nombre de thrombus est élevé, plus il est probable qu’une bonne circulation sanguine ne puisse pas être maintenue et que le placenta se détache, provoquant des fausses couches. Les juments entre leur septième et onzième mois de grossesse sont plus susceptibles de perdre leur progéniture.

Les symptômes neurologiques

L virus peut se déplacer dans différentes parties du corps et parfois atteindre le système nerveux. En conséquence, divers signes neurologiques peuvent survenir chez les chevaux, tels que l’incontinence urinaire, l’incoordination des mouvements, l’incapacité à se tenir debout, la langue paralysée et la rétention fécale.

Comment la maladie est-elle diagnostiquée ?

S’agissant d’une maladie dont les signes peuvent être très similaires à d’autres pathologies, l’utilisation d’outils diagnostiques sera indispensable pour établir un diagnostic définitif. Il est nécessaire d’identifier l’ADN ou l’antigène du virus avec des échantillons tels que les écouvillonnages nasopharyngés et les lavages trachéobronchiques.

Le test le plus utile pour la détection des différents types d’herpèsvirus responsables de la rhinopneumonie équine est la réaction en chaîne par polymérase (PCR). L’isolement viral par culture de tissus animaux infectés et la méthode ELISA pour la détection des anticorps sont également largement utilisés par les vétérinaires.

Une PCR amplifie l’information génétique du virus présente dans l’échantillon du cheval malade.

La rhinopneumonie équine en Europe

Le décret royal 526/2014 du 20 juin du gouvernement espagnol a établi la rhinopneumonie équine comme une maladie à déclaration obligatoire. Cela est nécessaire, car elle fait partie de la Liste unique des maladies à déclaration obligatoire créée par l’Organisation mondiale de la santé animale.

Il y a récemment eu une épidémie majeure de rhinopneumonie équine chez les chevaux de compétitition, épidémie qui a pris naissance dans un centre équestre de Valence (Espagne) fin février 2021. Pour cette raison, la Fédération royale espagnole d’équitation a décidé de suspendre l’ensemble des activités et a solliciter une enquête épidémiologique.

En raison des décès causés par cette épidémie, la Fédération équestre internationale a considéré cette épidémie de rhinopneumonie équine comme la plus grave s’étant produite en Europe depuis des décennies.

Une femme embrasse un cheval atteint de la grippe équine.

L’isolement des animaux infectés, la réduction des niveaux de stress et la vaccination préventive sont les meilleures mesures pour prévenir et contrôler la présentation et la propagation du virus. N’oubliez pas que la rhinopneumonie équine est très contagieuse, c’est donc à vous d’éviter les complications chez vos animaux. Agissez de manière responsable et informez les autorités.


Toutes les sources citées ont été examinées en profondeur par notre équipe pour garantir leur qualité, leur fiabilité, leur actualité et leur validité. La bibliographie de cet article a été considérée comme fiable et précise sur le plan académique ou scientifique



Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.