Les perroquets sauvages menacés par le commerce mondial

26 février, 2021
Le commerce mondial des animaux exotiques menace les perroquets en voie de disparition. Cela est lié à la propagation d'un virus.

Une nouvelle étude rend compte du danger posé aux perroquets sauvages par le commerce mondial d’animaux de compagnie exotiques. En particulier les espèces de perroquets en voie de disparition.

Ce danger est dû à la détection dans huit nouveaux pays d’un virus connu sous le nom de maladie du bec et des plumes chez les perroquets sauvages. Considérant que de nombreuses espèces de perroquets sont en danger d’extinction, ces nouvelles données suscitent des inquiétudes, notamment pour les espèces menacées.

Cela met en évidence la nécessité d’une meilleure prise de conscience des risques de propagation de maladies infectieuses associées au commerce international de perroquets vivants. Une prise de conscience qui doit permettre la mise en place de solutions.

Les nouveaux pays où la maladie a été détectée sont le Bangladesh, le Pakistan, le Japon, le Nigeria, les Seychelles, le Vietnam, le Sénégal et la Gambie. La présence de la maladie a été identifiée grâce à l’étude réalisée par le Durrell Institute for Conservation and Ecology (Université du Kent) en collaboration avec d’autres entités.

Les perroquets menacés par le commerce des animaux exotiques

Les perroquets font partie des groupes d’oiseaux les plus menacés et sont sensibles à diverses maladies infectieuses. Ils font également partie des oiseaux les plus commercialisés par la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES).

Le commerce illégal a déjà alimenté le mouvement transfrontalier de près de 20 millions de perroquets depuis 1975. Ce mouvement a contribué à établir de nombreuses populations de perroquets en dehors de leur aire de répartition d’origine, en particulier la perruche à collier.

La perruche à collier est une espèce très envahissante. Elle compte actuellement des populations reproductrices dans plus de 35 pays sur cinq continents.

Le commerce de perroquets.

La première détection de la maladie du bec et des plumes chez les perroquets sauvages originaires d’Asie du Sud, du Sud-Est et d’Afrique de l’Ouest dans cette étude met en évidence le besoin de plus de recherche dans ces régions. Elle peut avoir des implications pour la conservation de l’espèce vulnérable qui existe également là-bas.

Cette étude indique qu’il existe des relations très étroites entre les séquences génétiques des populations sauvages dans des régions globalement distinctes. Elle indique également qu’il y a eu de multiples événements d’introduction en Afrique de l’Ouest.

La maladie du bec et des plumes

La maladie du bec et des plumes de Psittacidae (PBFD), causée par le virus de la maladie du bec et des plumes (BFDV), est une maladie infectieuse communément signalée chez les perroquets en captivité. On pense que la maladie du bec et des plumes chez les perroquets sauvages est originaire d’Australasie.

Cette maladie est une cause bien connue des maladies infectieuses chez les perroquets captifs. Les oiseaux affectés peuvent développer des anomalies au niveau des plumes, des déformations au niveau du bec et des griffes. La maladie peut également entraîner la mort, en particulier chez les juvéniles.

Tous les psittaciformes sont sensibles à l’infection. La nature immunosuppressive du BFDV augmente la sensibilité de l’hôte à une infection secondaire.

La propagation du BFDV est due en partie au commerce mondial de perroquets vivants et d’autres animaux exotiques. Elle est aussi due à sa grande persistance environnementale et à sa transmissibilité entre des espèces hôtes étroitement apparentées.

De plus en plus de rapports d’infections par le BFDV dans les populations sauvages ont soulevé des inquiétudes quant aux implications de conservation de la propagation de l’infection. Cela concerne aussi bien les populations indigènes que celles introduites, ainsi que plusieurs populations d’espèces menacées.

La maladie du bec et des plumes.

Comme l’expliquent les chercheurs, l’établissement d’ espèces envahissantes peut être dévastateur pour les populations de petites îles ou d’espèces menacées. Non seulement en raison de la concurrence pour les ressources, mais aussi en raison de l’exposition à un virus tel que le PBFD.

Le virus peut constituer une menace supplémentaire importante pour les espèces qui subissent déjà les pressions de la faible diversité génétique et de la perte d’habitat. Comment donc remédier à cela ?

Quelques suggestions

Les auteurs de l’étude suggèrent que les décisions relatives aux mouvements de perroquets devraient inclure une analyse du risque de maladie qui calcule la probabilité d’une exposition ou d’une infection antérieure. Ainsi que le risque potentiel posé par les populations sauvages.

Selon les auteurs de l’étude, il est particulièrement important que ces risques de biosécurité soient pris en compte dans les régions de grande importance pour la conservation. Et ce, tant pour les perroquets menacés que pour les autres taxons aviaires à risque d’infection.

En outre, ils recommandent de prêter attention à l’examen systématique des perroquets dans le commerce des animaux exotiques. Ils rappellent également à tous les professionnels impliqués leur responsabilité dans l’intensification des efforts visant à échantillonner les populations de perroquets sauvages et captifs.

Fogell, D., Martin, R., Bunbury, N., Lawson, B., Sells, J., y McKeand, A. et al. (2018). Trade and conservation implications of new beak and feather disease virus detection in native and introduced parrots. Conservation Biology. doi: 10.1111/cobi.13214