Combien de dents les requins ont-ils ?

Les dents de requin peuvent être remplacées en seulement 24 heures, de sorte que tout au long de sa vie, un spécimen produit des centaines voire des milliers de dents.
Combien de dents les requins ont-ils ?

Dernière mise à jour : 12 septembre, 2021

L’océan est l’un des écosystèmes avec la plus grande diversité biologique et ses caractéristiques permettent l’existence d’animaux gigantesques. Les requins ont une apparence des plus menaçantes au monde, en raison de leur mâchoire féroce aux dents acérées. Ces poissons cartilagineux sont de grands prédateurs de la mer, leurs dents doivent donc être à la hauteur de leurs proies.

Les prédateurs doivent être adaptés pour faire face à divers obstacles, et l’adaptation la plus évidente est la capacité de leur mâchoire. L’appareil dentaire des requins a été adapté de façon à ce qu’ils soient de véritables titans aquatiques. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus sur le sujet.

A quoi ressemblent les dents des requins ?

La mâchoire et toute la structure corporelle des requins sont constituées de cartilage, une caractéristique nécessaire pour améliorer leur flottabilité dans l’eau. Grâce à cela, ils ont une bonne mobilité, un grand diamètre d’ouverture de la bouche et une grande flexibilité, et sont capables de projeter leurs mâchoires. Pour toutes ces raisons, ce sont d’excellents prédateurs.

Les dents de requin sont d’origine cutanée, ce qui signifie qu’elles sont créées à partir des mêmes tissus que leur peau. En effet, la mâchoire de ces poissons n’est pas en os : tout leur squelette interne est fait de cartilage, un matériau plus doux et plus léger. En conséquence, leurs dents sont très différentes de celles de la plupart des êtres vivants.

Le fait que la peau et les dents ont la même origine ne veut pas dire que l’épiderme peut devenir une dent. Les deux structures partagent certains aspects au niveau cellulaire, mais rien de plus. Cette caractéristique est importante, car elle explique pourquoi les dents de requin sont fragiles et ont tendance à se détacher fréquemment. En effet, les dents de requin n’ont pas de racine.

Dents de requin.

Comment sont-elles disposées ?

Les dents de ces requins sont organisées en rangées les unes derrières les autres. Lorsqu’une dent tombe, celle qui se trouve derrière prend sa place.

La structure dentaire de ces spécimens vise à résoudre la perte continue de dents. Malgré leurs dents fragiles, les requins parviennent à rester au sommet de la chaîne alimentaire de l’océan en tant que prédateurs naturels.

Les types de dents

La plupart de ces poissons cartilagineux sont des hétérodontes, ce qui signifie que leur mâchoire contient différents types de dents. Comme les humains, ces requins ont leur propre classification dentaire basée sur la position naturelle de la dent dans leur bouche :

  • Dents du milieu : ces dents sont situées en plein centre de la bouche, sur la symphyse.
  • Symphysaires : elles sont petites et asymétriques et sont situées de chaque côté des dents du milieu, près de la symphyse.
  • Antérieures : on les trouve des deux côtés de la mâchoire, aux côtés des dents symphysaires.
  • Intermédiaires : elles se situent généralement entre les dents antérieures et les dents postérieures.
  • Latérales : elles ne sont pas toujours présentes dans la bouche des requins, mais quand elles le sont, on les trouve avant les dents postérieures et sont plus gros que celles-ci.
  • Postérieures : elles sont situés aux côtés des dents intermédiaires ou des dents latérales et sont plus petites.

Toutes ces dents ne sont pas toutes présentes chez les requins. D’ailleurs, c’est précisément cette différence qui permet de les identifier et de les regrouper. Comme mentionné au début, tous ne sont pas des hétérodontes, il y a aussi des requins homodontes. C’est le cas des requins filtreurs, comme le requinbaleine par exemple.

Hétéronodontie sexuelle ?

Chez certaines espèces de requins, il existe une différence dentaire entre les mâles et les femelles. Cependant, cela ne concerne que l’ordre des Carcharhiniformes, et c’est une caractéristique temporaire, car lorsque les spécimens mesurent plus d’un mètre de long, les différences sont moins évidentes. Ce mécanisme est présent chez d’autres élasmobranches, comme les raies pastenagues par exemple.

Chez certaines espèces, la variété des dents dépend du sexe du spécimen.

Combien de dents les requins ont-ils ?

La réponse à cette question est complexe, car la structure dentaire varie d’une espèce à une autre. Cette différence permet d’ailleurs aux chercheurs de séparer chaque espèce dans un ordre différent, en fonction de la forme de sa mâchoire. Sur la base de ce paramètre, la classification suivante est proposée :

  • Carcharhiniformes : ces requins hétérodontes n’ont généralement pas de dents intermédiaires.
  • Hexanchiformes : ces requins hétérodontes ont des dents du milieu réduites. Les autres dents sont assez variables. Les requins de cet ordre n’ont pas de dents antérieures ni de dents latérales, mais possèdent quelques dents pointues.
  • Pristiophoriformes : ces requins hétérondontes ont des dents intermédiaires, antérieures et latérales.
  • Orectolobiformes : ces requins hétérodontes ont entre 5 et 6 rangées de dents, chacune composée de 49 à 54 dents.
  • Squatiniformes : la forme de leur bouche est légèrement plus grande que celle des autres requins hétérodontes. Leurs dents antérieures et postérieures sont réduites et ils n’ont pas de dents intermédiaires.
  • Squaliformes : ces homodontes n’ont pas de dents intermédiaires, et leurs dents antérieures et postérieures ne sont pas très longues.
  • Lamniformes : la plupart sont des hétérodontes, avec des dents antérieures larges et quelques dents intermédiaires.
  • Hétérodontiformes : ces hétérodontes ont des dents différenciées dans toute la bouche. Leurs dents antérieures sont pointues, tandis que les postérieures sont larges et en forme de molaires. Ces requins n’ont pas de dents intermédiaires.

Quelques exemples

En raison de la grande diversité qui existe, la dentition varie considérablement d’une espèce à une autre. Dans leur gueule, on peut trouver des dents dentelées, plates, pointues et même des dents en forme de molaires. Voyons quelques exemples.

Le requin-tigre (Galeocerdo cuvier)

Cette espèce appartient à l’ordre des carchariniformes. Le requin tigre peut avoir entre 36 et 49 dents incurvées par rangées, en forme de scie et avec une direction latérale. Selon un article publié dans la revue scientifique Redvet, ces caractéristiques sont des adaptations pour consommer des proies dures (comme les tortues ou les mollusques).

Le requin-taureau (Carcharias taurus)

Le requin taureau est une espèce de l’ordre des Lamniformes et il présente une caractéristique particulière : ses dents sont assez grandes et pointues. Cet hétérodonte a généralement 281 dents environ, mais elles ne sont pas visibles en un coup d’œil.

Le Grand requin blanc (Carcharodon carcharias)

Le requin blanc est une espèce au corps robuste qui appartient également à l’ordre des Lamniformes. Les dents de ce spécimen sont très particulières : elles ont une forme triangulaire et ressemblent beaucoup à celles du mégalodon. Sa mâchoire supérieure comporte 26 dents et sa mâchoire inférieure en a 24 par chaque rangée de remplacement.

Chaque espèce a un nombre et une forme de dents différents, il est donc difficile de définir un nombre précis. Cependant, ce qui est intéressant c’est le nombre de pièces de rechange. Les requins s’imposent ainsi comme les prédateurs les plus puissants de la mer, avec leur mâchoire puissante qui comporte de nombreuses dents.

Cela pourrait vous intéresser ...

Les requins ont des relations durables
My AnimalsLisez-le dans My Animals
Les requins ont des relations durables

Une étude récente révèle que les requins entretiennent des relations durables lorsque les ressources sont suffisantes pour ne pas rivaliser.



  • Urbán-Minutti, G. Estado de la recién creada colección científica de mandíbulas de elasmobranquios (Chordata: Elasmobranchii) de la Facultad de Estudios Superiores Iztacala, UNAM. Revista Científica Biológico Agropecuaria Tuxpan5(7), 1484-1493.
  • Brandão, M. C. C., Conrado, A. L. V., Ferreira, L. I., & Bruno, C. E. M. (2017). Biología del tiburón-tigre Galeocerdo cuvier: Revisión. REDVET. Revista Electrónica de Veterinaria18(9), 1-18.
  • Cunningham, S. B. (2000). A comparison of isolated teeth of early Eocene Striatolamia macrota (Chondrichthyes, Lamniformes), with those of a Recent sand shark, Carcharias taurus. Tertiary Research20(1/4), 17-32.
  • Powlik, J. J. (1995). On the geometry and mechanics of tooth position in the white shark, Carcharodon carcharias. Journal of Morphology226(3), 277-288.
  • Lucifora, L. O., Cione, A. L., Menni, R. C., & Escalante, A. H. (2003). Tooth row counts, vicariance, and the distribution of the sand tiger shark Carcharias taurus. Ecography26(5), 567-572.
  • Cunningham, S. B. (2000). A comparison of isolated teeth of early Eocene Striatolamia macrota (Chondrichthyes, Lamniformes), with those of a Recent sand shark, Carcharias taurus. Tertiary Research20(1/4), 17-32.
  • Diaz, J. M. (1979). Dentición y remplazo dental en algunos tiburones carcharhínidos del Pacífico colombiano. Boletín de Investigaciones Marinas y Costeras11.
  • de Morais Terue, A. C., Raha, R. L., Conrado, A. L. V., & Bruno, C. E. M. (2017). Análisis y descripción de los diferentes modelos de dentición de los Chondrichthyes de acuerdo con su subclase. REDVET. Revista Electrónica de Veterinaria18(9), 1-14.
  • Alván, A., Apolín, J., & Chacaltana, C. (2006). Los dientes de seláceos (Chondrichthyes) y su aplicación estratigráfica en la lomas de Ullujaya (Ica-Perú). In XIII Congreso Peruano de Geologıa. Lima (pp. 595-598).
  • Sáez, S., & Pequeño, G. (2010). Claves para el reconocimiento taxonómico dentario en taxa del Superorden Squalomorphi de Chile (Chondrichthyes: Elasmobranchii). Latin american journal of aquatic research38(3), 474-484.