Trois maladies du système reproducteur chez les chiens

04 octobre, 2020
Chez les chiens et les chats, les problèmes au niveau de l'appareil reproducteur font partie des principaux motifs de consultation chez le vétérinaire. Découvrez ici les trois principales maladies du système reproducteur chez les chiens.

Les chiens domestiques mâles peuvent souffrir de nombreuses maladies du système reproducteur. Mais nous les sous-estimons peut-être plus souvent, car les maladies qui affectent les femelles semblent plus spectaculaires.

Cette croyance est dans une certaine mesure compréhensible, puisque les femelles disposent d’un système a priori plus complexe. Pourtant, lorsqu’il s’agit de maladies, le mâle n’est pas loin derrière.

Découvrez ici les trois maladies du système reproducteur les plus courantes chez les chiens mâles.

1. Le redoutable paraphimosis, l’une des maladies du système reproducteur qui touchent fréquemment les chiens

Le paraphimosis fait référence à l’incapacité du pénis à retrouver sa place normale, à l’intérieur du prépuce. Les causes sont variées, mais les causes suivantes se démarquent :

  • l’orifice préputial est très petit (ou prépuce très court), généralement à cause d’une malformation congénitale ;
  • peau ou poils qui empêchent le retour du prépuce à sa place naturelle ;
  • le cas le plus rare, l’affection neurologique qui empêche la rétraction du pénis.

L’inconvénient de cette pathologie, si elle n’est pas résolue rapidement, c’est qu’elle peut devenir une urgence. En effet, le prépuce comprime le gland de telle sorte qu’il empêche le retour veineux. Cela déclenche un oedème et une inflammation du gland, laissant exposée une muqueuse très sensible, sujette aux ulcères et à la nécrose.

Un maître qui donne de l'affection à son chien.

Que faut-il surveiller ? Comment traiter cette maladie ?

Un pénis hors du prépuce, rouge et enflammé est le signe le plus évident. Il y a aussi l’inconfort évident de l’animal, le léchage excessif et les signes de douleur dans la zone. Parfois, le chien peut s’automutiler.

Pour réduire l’inflammation, il peut être suffisant d’appliquer de la glace sur la zone ainsi qu’un lubrifiant afin de permettre la rétraction du pénis. Dans la plupart des cas, l’animal résistera à cette manipulation et une légère sédation peut être nécessaire.

Cela peut être un avantage, car la sédation entraîne une vasoconstriction généralisée et aide à désenflammer.

Si la cause sous-jacente est une malformation congénitale du prépuce, il faudra alors recourir à la chirurgie afin d’agrandir l’orifice. Si l’organe est déjà nécrosé, la seule option est l’amputation.

2. La torsion testiculaire, l’une des maladies du système reproducteur fréquentes chez les chiens

La rotation de l’un des testicules sur son axe vertical (autrement dit, sur le cordon spermatique) est assez grave. Cela peut se produire pour plusieurs raisons dont la rupture du ligament scrotal. 

Les conséquences sont les suivantes:

  • occlusion des vaisseaux sanguins qui irriguent le testicule, provoquant un oedème puis sa nécrose ;
  • occlusion du canal déférent ;
  • dommages aux nerfs qui innervent le testicule.

Il existe une pathologie dans laquelle la torsion testiculaire est assez fréquente : des testicules intra-abdominaux néoplasiques. En augmentant de taille, ils tirent sur le ligament et finissent par le casser.

Comment établir le diagnostic ? L’opération est-elle nécessaire ?

On peut suspecter une torsion testiculaire face à un animal qui présente un scrotum enflammé. En effet, le chien peut même refuser de marcher ou s’auto-blesser dans la zone.

Bien évidemment, ces symptômes ne seront utiles que si le testicule est à sa place, c’est-à-dire s’il n’y a pas de cryptorchidie. Lors des torsions testiculaires intra-abdominales, l’état général du chien se détériore souvent davantage et il est possible de sentir au toucher une masse ferme à l’intérieur de l’abdomen caudal.

Dans tous les cas, la torsion d’un testicule nécessitera une correction chirurgicale. Cependant, une stabilisation préalable peut être nécessaire si la circulation du patient fut compromise pendant longtemps.

3. La prostatite bactérienne, l’une des maladies du système reproducteur chez les chiens

La prostate est une glande sexuelle accessoire que les chiens possèdent à l’arrière de la vessie et qui entoure l’urètre. Parfois, cette glande est contaminée par des bactéries telles que Escherichia coli, Staphylococcus spp ou Streptococcus spp.

Par ailleurs, la présence d’une pathologie sous-jacente comme l’hyperplasie prostatique ou la métaplasie squameuse est la cause la plus fréquente. Ces maladies sont susceptibles d’augmenter le nombre de bactéries à l’intérieur de l’urètre prostatique, d’où l’infection.

Le diagnostic

Concernant les symptômes, les chiens présentent des signes compatibles avec toute autre infection. Par exemple, la fièvre, les vomissements ou les douleurs abdominales. Parfois, des signes locaux surviennent et peuvent nous donner quelques indices. C’est le cas du pus dans l’orifice urétral.

La confirmation se fera ainsi :

  • par palpation rectale, où la glande douloureuse et le contour irrégulier pourront être appréciés ;
  • à travers une analyse sanguine montrant des signes évidents d’une infection ;
  • via une culture d’urine, voire même une cytologie de l’éjaculat.
Un traitement médicamenteux aide à traiter une maladie du système reproducteur chez le chien.

Quelles sont les options thérapeutiques existantes ?

Cette maladie nécessitera un traitement antimicrobien assez long, au moins jusqu’à ce que les bactéries ne soient plus présentes dans le liquide prostatique. C’est le seul moyen d’éviter que la maladie ne devienne chronique. Si elle devient chronique, il faut opérer.

D’autre part, l’administration d’hormones peut être utile pour réduire la taille de la prostate. Mais prudence ! La prise continue d’oestrogènes peut produire une métaplasie prostatiqueEt, comme nous l’avons vu précédemment, cela prédispose à une nouvelle prostatite.

  • King L, Boag A. BSAVA manual of canine and feline emergency and critical care. 2nd ed.